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Sécurité

Que se passe-t-il au Sahara ?

Plusieurs véhicules de la milice armée du Polisario ont été neutralisés dans la zone tampon au-delà du dispositif de sécurité. Le front déplore une dizaine de morts dont des cadres militaires.

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Depuis le 31 décembre, des échos provenant de la région font état de plusieurs interventions des Forces armées royales pour déjouer les attaques terroristes du Polisario.

Des images, non officielles, qui circulent sur les réseaux sociaux, montrent une intervention sur le terrain des éléments de la Minurso pour inspecter la zone où des véhicules calcinés sont visibles.

Nous parlons de la zone tampon située au Sud, au-delà du dispositif de sécurité. Plus particulièrement, les zones situées au sud de Mijk, près des localités dites Aguanit, Dagouj et Zug, non loin de la ville minière mauritanienne de Zouerat.

Les médias pro-Polisario avaient, de leur côté, confirmé ces interventions, mais en évoquant des «attaques contre des civils» ou de «jeunes orpailleurs» présentés tantôt comme des «Sahraouis» tantôt de «nationalité mauritanienne». Évidemment cela fait partie de la nouvelle tendance en matière de stratégie et de propagande des séparatistes téléguidés par le pouvoir algérien.

Le stratagème consiste en la pénétration par des éléments de la milice armée, à bord de véhicules civils (des pick-up), de la zone tampon en passant par le territoire mauritanien pour lancer des attaques contre les villes de Smara, comme ce fut le cas fin octobre, ou Aousserd, un peu plus tard. Les autorités mauritaniennes n’ont pas réagi, ce qui prouve qu’aucun ressortissant de ce pays (des orpailleurs) n’est impliqué dans ces incursions. Cette zone frontalière est d’ailleurs décrétée, depuis longtemps, par la Mauritanie comme zone militaire et dissuade ses ressortissants de s’y aventurer.
Bref, c’est ainsi que, selon des informations non confirmées officiellement, les FAR auraient détruit 4 véhicules du Polisario qui venaient de traverser la frontière avec la Mauritanie. Deux autres opérations auraient eu lieu plus tard dans la même zone.

Les médias officiels du Polisario ont fini par reconnaître les faits. Cette fois, ils ont été forcés d’admettre l’élimination de 2 chefs de ce que la milice armée appelle la «4e Région militaire». Au fil des jours, la liste commence à s’allonger. Elle compte désormais près d’une dizaine des membres de la milice.

Pourquoi cette recrudescence des tentatives d’attaques à partir de cette zone en passant (par) le territoire du nord de la Mauritanie ? Pour certains analystes, ces faits sont certainement liés à la dernière initiative du Maroc d’offrir un accès à l’Atlantique pour les pays du Sahel. La première réunion de coordination entre les quatre pays concernés et le Maroc a eu lieu, rappelons-le, à Marrakech le 23 décembre. Le Polisario, en intensifiant ses incursions dans cette zone, veut montrer à ces pays et à la communauté internationale que la zone n’est pas sécurisée.

Sauf que, poursuivent les mêmes analystes, là ils donnent l’occasion au Maroc pour une opération de sécurisation à l’image de celle du 13 novembre 2020 à El Guergarat. L’annulation de cette partie de la zone tampon aura pour effet immédiat de mettre fin aux provocations des éléments armés du Polisario et prémunir les villes de Smara et d’Aousserd contre leurs attaques.

Accessoirement, l’annulation de cette zone pourrait également contribuer à la sécurisation des frontières nord de la Mauritanie et les environs de la zone stratégique de Zouerat. In fine, cela va contribuer à terme à sécuriser un passage commercial vers la mer pour les pays du Sahel.