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Diplomatie

Sahara, le boom économique qui se poursuit

De 2013 à 2019, le taux de croissance moyen annuel des trois régions du Sahara a été de près de 6%, dépassant de loin le taux national. À terme, elles seront à la tête des régions les plus avancées du Royaume.

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Tourisme, énergie, infrastructures logistiques, économie bleue et agriculture, même en temps de crise, la région de Dakhla a été, ces dernières années, une véritable Mecque des investissements nationaux et étrangers. Dans un avenir très proche, la métamorphose de la ville sera bien réelle avec l’achèvement du port Dakhla Atlantique, l’aménagement des zones industrielles attenantes, la finalisation du projet d’irrigation de 5.000 hectares de terres agricoles et, bien évidemment, les mégaprojets des EnR et de l’hydrogène vert sans oublier, bien sûr, le tourisme de niche à fort potentiel de développement.

Les principaux moteurs économiques de la région, allant de la pêche et de l’agriculture au tourisme et aux énergies renouvelables, ont connu une croissance notable ces dernières années. Qui plus est, l’offre économique de la région ne se limite pas à un secteur sans un autre. Les ressources halieutiques fournissent la matière première de l’industrie alimentaire, les réserves d’eau mais aussi et surtout le dessalement de l’eau de mer offrent la possibilité de l’émergence d’un secteur agricole performant. La situation géographique rend la zone attractive pour relancer le tourisme du désert et de la mer, en plus de la croissance du secteur des services dont le développement est intimement lié à celui des principaux secteurs de production.

Avec ses énormes et multiples potentiels économiques et de développement, au côté de sa situation géographique, la région sera non seulement une porte d’entrée du Maroc, et de ses partenaires via la coopération triangulaire, vers sa profondeur africaine, voire un nouveau «Dubaï» au sud du Maroc. L’ouverture de plusieurs consulats généraux de pays ayant reconnu la souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud favorise cette ouverture de la région sur le monde. Bref, à l’instar des autres régions du sud du Maroc, celle de Dakhla vit au rythme de grands projets structurants dans tous les domaines. La ville et sa région ne sont qu’un exemple de la métamorphose, en ces deux dernières décennies, des provinces du Sud.

Des dizaines de projets dans les starting-blocks
À Laâyoune et sa région ou encore à Guelmim, on retrouve le même modèle de développement, mais avec des outils différents. Dans ces trois régions, de multiples chantiers sont mis en œuvre dans le cadre du Nouveau modèle de développement des provinces du Sud, lancé en 2015 par le Souverain, pour un budget initial de 77 milliards de dirhams. Ils ouvrent ainsi une perspective prometteuse pour une région vouée à devenir un pôle économique et d’investissement de premier plan et un véritable hub régional et international. Plusieurs secteurs sont ainsi concernés par cette dynamique qui suscite l’intérêt des investisseurs locaux, nationaux et étrangers, notamment la pêche, les routes, l’aménagement urbain, l’eau, les énergies renouvelables, l’agriculture, l’enseignement, la santé, l’artisanat, le tourisme et l’emploi.

Dans la région de Laâyoune par exemple, et selon des données du Centre régional d’investissement, quelque 90 projets d’investissement permettant la création de 6.755 opportunités d’emploi, pour une enveloppe globale de 13,5 MMDH, ont été approuvés par la Commission régionale unifiée d’investissement rien que pour l’année 2022. Tout comme Dakhla, cette région recèle désormais d’innombrables opportunités d’investissement dans les domaines de l’économie bleue et verte, lesquelles constituent de véritables leviers de développement.Dans la région de Guelmim-Oued Noun, l’agriculture, un secteur porteur, connaît une forte dynamique à travers les multiples aménagements hydrauliques, comme le barrage de Fask, le plus grand de la région et réalisé pour un coût de 1,5 milliard de dirhams. Ce n’est pas la seule vocation de la région.

Afin de conforter sa position comme terrain propice à l’investissement vert, et compte tenu de ses énormes ressources naturelles, telles que l’hydrogène vert, l’écotourisme, l’agriculture durable et l’économie bleue, la région mise, tout comme les deux autres voisines, sur le secteur des énergies renouvelables comme nouveau secteur porteur en termes de création d’emplois et d’investissements massifs dans le tissu économique régional et national. Dans ce cadre, la Commission régionale unifiée d’investissement a traité également au cours de l’année écoulée 34 dossiers, dominés par le secteur des énergies renouvelables, de la production de l’hydrogène vert et de l’ammoniac, et qui seront réalisés par des entreprises internationales. La région Guelmim-Oued Noun investit également dans la construction d’usines de dessalement d’eau de mer.

La voie royale pour l’investissement
Sur le plan socioéconomique, l’État continue à miser sur le développement des ressources humaines. Entre autres projets initiés, deux facultés de médecine, l’une à Laâyoune, qui a démarré en 2021, l’autre à Guelmim, qui a ouvert ses portes cette année, un CHU à Laâyoune, une technopole à Foum El Ouad, une cité des métiers et des compétences à Laâyoune, une ENCG à Dakhla…

Les secteurs sociaux viennent d’être enrichis, ces dernières années, par des infrastructures de taille. Que ce soit dans le domaine de l’enseignement, de la santé, de la formation professionnelle ou dans d’autres secteurs à caractère social, les trois régions du Sud sont en train de rattraper, à pas de géant, les régions du Maroc les plus dotées dans le domaine. Tout cela grâce notamment au Nouveau modèle de développement des provinces du Sud lancé il y a tout juste 8 ans. Même plus, selon l’Institut royal des études stratégiques (IRES), qui vient de publier un livre blanc sur le Sahara, tous les indicateurs sociaux et économiques enregistrés dans ces trois régions «illustrent le renforcement du capital humain et mettent en évidence le fait que les provinces du Sud ont vocation à s’inscrire dans une dynamique qui pourrait les positionner, à terme, à la tête des régions les plus avancées du Maroc en matière de croissance économique et de développement humain».

D’une vue d’ensemble de ces projets, lancés dans les trois régions, se dégage un constat: ils ont été déployés d’une manière harmonieuse en fonction des besoins, du potentiel et de la vocation de chaque territoire. Sur les grands projets de l’État, programmés dans le cadre de ce plan de développement, viennent se greffer des investissements privés. Des projets-relais. Certains sont parrainés par la CGEM, qui s’engage à accompagner 59 projets dans des domaines aussi divers que l’énergie, l’immobilier, le commerce, les services, le transport, l’éducation et la santé. Ils mobilisent une enveloppe de 5 MMDH et devraient permettre, à terme, la création de 10.000 emplois. Tous les autres projets devront faire l’objet de conventions entre la région, les départements et les ministères concernés.

Dès juillet 2017, plus de 120 projets relais sont lancés dans les trois régions du Sud, mobilisant plus de 27 MMDH.En somme, grâce à leur nouveau modèle de développement, les régions du Sahara «sont en train de passer d’une économie de rente à une économie compétitive, axée sur un environnement favorable à l’investissement privé producteur de richesses et d’emplois», constate le document de l’IRES. Pour la période 1975-2015, cet investissement était essentiellement composé de petites et moyennes entreprises de pêche, d’hôtellerie et de tourisme.

En plus des acteurs privés nationaux d’envergure qui se sont engagés à investir, à travers le programme de la CGEM, des investisseurs étrangers, des opérateurs en provenance d’une trentaine de pays étaient déjà présents au Sahara à fin 2020. Par ailleurs, les obstacles aux investissements américains ont été levés depuis la reconnaissance de la souveraineté marocaine par les États-Unis et après l’adoption par le Congrès de la décision du président Biden renouvelant l’octroi d’une assistance applicable au Sahara marocain. Ce qui ouvre une voie royale à des opérateurs d’autres pays à s’intéresser de près au potentiel économique de ces régions. Et ce n’est pas ce qui manque sur un territoire pacifié, sécurisé et dont la souveraineté est reconnue à l’international.


Où en est le programme de développement ?

Le Programme de développement des provinces du Sud (PDPS) est une concrétisation du Nouveau modèle de développement des provinces du Sud dont le lancement en 2015 a fait l’objet de plusieurs conventions-cadres, signées devant Sa Majesté le Roi, pour un montant global initial d’environ 77 MMDH, revalorisé pour atteindre, actuellement, près de 87,55 MMDH.

Ce programme prévoit un nombre important de projets structurants visant principalement le renforcement des infrastructures et réseaux, l’encouragement de l’investissement privé, l’appui aux projets relatifs au développement humain et social, la valorisation des richesses naturelles et la promotion de la culture dans les trois régions. Concrètement, le PDPS comprend près de 654 projets qui permettent l’avènement d’une économie régionale viable et attractive, créatrice des richesses, et ciblant le bien-être des citoyens.

Ainsi, à fin août 2023, 320 projets ont été achevés pour un coût global de 21,41 MMDH et 201 projets sont en cours de réalisation pour un montant de 50,33 MMDH. Par ailleurs, 133 projets sont programmés dans ce cadre, pour un coût global de 6,63 MMDH. À ces projets s’ajoute le projet, en cours de réalisation, de la voie express Tiznit-Dakhla pour un coût global de 8,81 MMDH dont le taux d’avancement dépasse les 90%. La tranche Tiznit-Laâyoune vient d’ailleurs d’être achevée.

En plus de la voie express, deux autres projets phares sont également programmés. Le nouveau port Dakhla Atlantique, pour 6 MMDH, dont l’entrée en service est prévue pour 2028, et la connexion au réseau électrique national, à partir de Dakhla, pour 2 MMDH, qui a déjà été finalisée. On peut également évoquer la future technopole de 2 MMDH à Foum El Ouad qui sera le fer de lance d’une dynamique de développement dans la région. Cette technopole du savoir et de l’excellence est inspirée du modèle de Benguerir, prenant en compte les caractéristiques de la région.

On peut aussi citer ce projet d’irrigation de 5.000 ha à Dakhla grâce à une station de dessalement de l’eau de mer alimentée en énergie renouvelable. Ce projet de 2 MMDH est le fruit d’un partenariat public-privé.