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Diplomatie

Sahara : Chaque année encore plus proche d’une solution au conflit

La dynamique internationale et les implications géostratégiques dans la région du Sahel devraient inciter la communauté internationale à accélérer la résolution de ce différend. Un grand nombre de pays se sont déjà rangés du côté du Maroc.

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Chaque année, et depuis 2007, nous approchons encore plus de la solution du conflit du Sahara. Les rapports de force et la situation géopolitique ont grandement changé et la menace terroriste, mais aussi l’insécurité et l’instabilité politique, se fait de plus en plus pesante dans la région du Sahel et donc aux portes de l’Europe.

Il est dès lors aisé de comprendre comment la communauté internationale s’impatiente à trouver une solution rapide à ce conflit. C’est d’ailleurs la tendance générale des débats et des interventions aussi bien des États que des pétitionnaires devant la 4e Commission de l’ONU qui a consacré ses travaux, en début d’octobre, au dossier du Sahara. Fait remarquable cette année, l’Espagne, qui assure la présidence tournante de l’Union européenne, également ancienne puissance coloniale, a appelé au recensement des populations des camps de Tindouf.

C’est une étape clé dans la résolution de ce problème. Si le recensement permet aujourd’hui de mieux gérer les aides humanitaires, qui finissent dans les marchés informels ailleurs, c’est aussi un élément clé dans la mise en œuvre du Plan d’autonomie. La proposition marocaine, qui revient très fréquemment dans le rapport d’Antonio Guterres, rendue publique, qui parle de «solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité sur la question, était réalisable».

Il se trouve que pour le moment la seule proposition qui répond à ces critères est le plan d’autonomie présenté par le Maroc en 2007. Date depuis laquelle l’ONU considère, tout comme son Conseil de sécurité, que l’option du référendum est irréalisable. Dans son rapport, le secrétaire général a également fait référence à l’Algérie en tant que partie au conflit, la mettant, sur le plan formel, au même niveau que le Maroc.

C’est clairement exprimé dans le paragraphe 24, lorsque le secrétaire général évoque, dans le même paragraphe, sa rencontre avec le Roi du Maroc et avec le président algérien. Plus loin, il évoque une entrevue avec «le secrétaire général» du Front Polisario. Tout en démentant l’état de guerre dont le Polisario et l’Algérie font la propagande, le secrétaire général évoque néanmoins des «hostilités de faible intensité», en consacrant par ailleurs tout un paragraphe à la décision de l’Algérie de rompre toutes ses relations avec le Maroc.

L’Algérie clairement désignée comme obstacle
Évidemment, le secrétaire général n’a pas manqué de rappeler la main toujours tendue du Maroc. Comme toutes les années, le rapport fait le bilan de l’action de la Minurso et les multiples entraves à son travail, le suivi de la mise en œuvre de la résolution précédente du Conseil de sécurité et la situation sur le terrain. Le rapport l’a évoqué, c’est la première fois depuis sa nomination que l’envoyé personnel effectue une visite au Sahara, dans le cadre d’une tournée dans la région qui l’a conduit également dans les camps de Tindouf.

Une visite concomitante à celle du sous-secrétaire adjoint US, Joshua Harris. Signe sans doute que les États-Unis, et une grande partie de la communauté internationale, surtout les pays occidentaux, veulent trouver une solution rapide au conflit. Peu avant la présentation de ce rapport, une délégation de diplomates et militaires français s’est rendue à Laâyoune où elle a rencontré les élus et le président du Conseil de la ville. C’est un fait marquant. Tout comme l’est la rencontre, en marge des assemblées annuelles BM-FMI à Marrakech, entre le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, et le ministre français de l’Économie et des finances, Bruno Le Maire. Ce sont des signaux qui ne trompent pas. Cela au moment où l’on s’attend à un probable changement de position du Royaume-Uni.

Les deux pays forment, avec l’Espagne, les États-Unis et la Russie, le club des amis du Sahara. Comité dans lequel est d’abord examinée la proposition de résolution du Conseil de sécurité avant d’être soumise au vote. Faut-il préciser, par ailleurs, que le ministre des Affaires étrangères russe a exprimé, récemment, le souhait de son pays d’organiser, en décembre, le futur sommet Russie-Pays arabes à Marrakech. Il va sans dire que la situation au Moyen-Orient, qui ne mettra pas du reste en cause les Accords d’Abraham et donc l’accord tripartite, ne manquera pas d’inciter davantage les puissances représentées au CS à vouloir accélérer le processus du règlement du conflit, considéré certes comme mineur, du Sahara.

Il ne faut pas non plus oublier que le rôle, de plus en plus remarqué, du Maroc sur la scène diplomatique internationale et sur la carte géostratégique régionale, y compris sur le volet économique et sécuritaire, ne fait que renforcer, année après année, sa position et donc l’échéance de la mise en œuvre du Plan d’autonomie comme solution sérieuse, crédible et mutuellement acceptée de ce différend.


Conseil de sécurité, ce qu’il faut retenir

Au Conseil de sécurité, dont la présidence tournante est assurée par le Brésil, le vote de la résolution du 30 octobre ne devrait pas poser problème. Les États-Unis, «Pen Holder» ou pays rédacteurs du projet de résolution sur la question du Sahara, ont reconnu la souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud en décembre 2020, sous l’administration Trump. L’administration Biden n’a pas modifié cette position. La France, bien que le Maroc attende plus d’elle, a traditionnellement soutenu le plan d’autonomie marocain. Le Gabon et les Émirats arabes unis, membres non permanents, soutiennent également le Maroc. Le Royaume-Uni a voté la dernière résolution du 27 octobre 2022 et, là encore, au vu de l’évolution entre les deux pays, la communauté internationale s’attend à ce que Londres fasse un pas décisif vers Rabat sur la question. La Chine à laquelle le Maroc est lié par des intérêts économiques existants et ceux, énormes, à venir ne s’est pas abstenue, contrairement à son habitude, l’année dernière. Il n’y a aucune raison pour qu’elle fasse un pas en arrière. Même la Russie qui a, rappelons-le, émis des observations quant à certaines dispositions de cette résolution, notamment la formule des tables rondes, a fini par s’abstenir de voter. L’Albanie, membre non permanent, soutient depuis 2015 la position du Maroc. Il en est de même pour Malte ainsi que pour l’Équateur ou encore la Suisse. Pour le Japon, le Polisario est classé parmi les organisations terroristes. Seul le Mozambique pourrait voter contre le Maroc pour des raisons évidentes. Mais cela ne compte vraiment pas.