Chronique
Quand le sérieux paie à l’international…
Alors que le Royaume s’applique avec célérité à entreprendre la reconstruction du Haut Atlas gravement touché par le violent séisme du 8 septembre, et ce, parallèlement à la conduite du gigantesque chantier des couvertures sociale et médicale, et tandis que Marrakech s’apprête à recevoir le gotha de la finance mondiale, le Roi n’a point hésité à initier la refonte du Code de la famille.
Quatre dossiers rénovateurs sont ainsi simultanément gérés par le gouvernement Akhannouch dans les conditions difficultueuses que connaît l’économie mondiale. Il y a lieu de souhaiter bon courage à ce gouvernement tripartite qui doit faire montre d’une imagination particulièrement innovante pour faire aboutir cet impressionnant agenda.
Ce qui retient l’attention à l’examen de ce programme d’urgence est d’abord le rythme de travail des commissions ad hoc. Jamais un gouvernement n’a eu autant de tâches colossales à accomplir en un temps aussi court.
Au chapitre de la refonte de la Moudawana, il y a lieu de remarquer la responsabilisation du chef du gouvernement au moyen de l’article 78 de la Constitution qui, dit la Lettre royale, «confère au gouvernement l’initiative des lois, c’est donc à ce dernier (le gouvernement) que revient la charge de cette action rectificative».
La «lettre de mission» royale s’illustre également par le modus operandi exhaustivement décliné de sorte que les responsabilités de l’ensemble des parties prenantes sont définies collectivement et séparément, du pilotage à la remise de la version ainsi élaborée à l’appréciation royale avant la soumission au Parlement.
On voit ainsi que la Constitution de 2011 est bel et bien actionnée dans le respect des attributions du Chef de l’État et du chef du gouvernement. Comment ne pas voir dans ce mécanisme une manifestation éclatante de l’État de droit qui se construit patiemment et résolument dans notre pays ? N’est-ce pas là un authentique motif de fierté pour un pays que d’aucuns continuent à juger à travers des préjugés devenus désuets ?
Par ailleurs, le fait même de recevoir les Assemblées générales du FMI et de la Banque mondiale à Marrakech, au lendemain d’un séisme apocalyptique, ne démontre-t-il pas la confiance dont bénéficie le Royaume à un tel niveau des relations internationales ?
Cette confiance se retrouve également dans le vote du conseil exécutif de la CAF qui vient non seulement de confier la CAN de 2025 au Maroc, mais également de confirmer son soutien à la candidature marocaine pour l’organisation de la Coupe du monde 2030, conjointement avec l’Espagne et le Portugal. Une candidature désormais actée comme unique par les instances de la FIFA.
Le maître-mot adéquat pour qualifier cette confiance universelle en notre pays est bel et bien le «sérieux» tant recommandé par le Souverain.
Pourtant, d’aucuns, bien de chez nous, n’ont pas hésité à déployer le déni et le mensonge. Ainsi, bien que foncièrement laminé par les urnes et rejeté jusque par ses propres lieutenants, le chef de la mouvance islamiste eut le toupet de critiquer la nouvelle formule de la Moudawana avant même que l’on eût commencé à en débattre ! Cette lamentable sortie est venue succéder à celle où il osa justifier le tremblement de terre d’Al Haouz par la colère divine ! Et puis, il y a la clique des sempiternels nihilistes, confortablement accueillis par les milieux sinon les officines antimarocaines d’Europe et d’ailleurs, qui, tels des «agents dormants», reviennent à la charge au lendemain de chaque succès diplomatique, socioéconomique, démocratique ou même sportif. En vérité, ces inconsolables dépités se sont exclus eux-mêmes de la marche résolue du Maroc vers le développement et la plénitude démocratique.
Alors que le Maroc s’attend, selon le FMI, à dépasser les 150 milliards de dollars de PIB en 2024-2025, rattrapant ainsi une Algérie bénéficiant certes de la rente gazière et pétrolière, mais sans le début du commencement d’un système économique diversifié, voire intelligible, les supplétifs des milieux antimarocains outre-Méditerranée n’en démordent point. Les médias français qui ont été mobilisés au lendemain du séisme ont eu beau leur ouvrir leurs plateaux et leurs pages. Rien de leurs hasardeuses vociférations n’ont pu altérer en quoi que ce soit la solidarité et la fierté des Marocains.
Il y a dans ce pays un Roi qui règne et gouverne, n’épargnant ni son énergie ni son temps pour faire avancer son pays vers l’épanouissement plein et entier de la «Monarchie constitutionnelle, démocratique, parlementaire et sociale». Il y a ici également un gouvernement qui s’est saisi de ses attributions constitutionnelles pour braver les contraintes diverses et variées, notamment celles qu’impose la situation économique mondiale toujours marquée par les conséquences du Covid-19 et la guerre russo-ukrainienne. À lui seul, l’actionnement de l’article 78 de la Constitution dans la Lettre royale au chef du gouvernement n’est-il pas un exemple parlant de cette évolution vers la «Monarchie parlementaire» ? Le gouvernement issu des urnes ne dispose-t-il pas d’ores et déjà d’un pouvoir exécutif considérable comme le précisent expressément les articles 89, 90, 91 et 92 ? La mise en action de ces dispositions n’est-elle pas aujourd’hui une réalité tangible ?
