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PSU : Un «gaucher» au gouvernail gauchiste
Portrait de Jamal El Asri. Candidat malheureux aux législatives de 2021, cet enseignant syndicaliste vient de succéder à Nabila Mounib à la tête du parti de la bougie.
Nabila Mounib a tenu, à moitié, sa parole. En effet, à la veille de la tenue du 5ème congrès national du Parti socialiste unifié (PSU), organisé du 20 au 22 octobre dernier à Bouznika, la dorénavant ex-secrétaire générale de cette formation de gauche déclarait qu’elle n’allait pas briguer un nouveau mandat, après avoir épuisé les deux prévus dans les statuts de sa formation dont elle tenait les rênes depuis 2012. À moitié, parce que, malgré les déclarations qui laissaient entendre qu’elle rejoindrait les bases du parti, l’unique députée du PSU a été désignée vice-secrétaire générale.
Certains vont jusqu’à dire qu’elle est sortie par la porte pour rentrer par la fenêtre dans la direction de sa formation ! Pour d’autres, elle est là pour chaperonner le nouveau patron qui pourrait se laisser emporter par ses penchants syndicalistes.
Ceci dit, c’est donc un nouveau patron qui vient d’être propulsé au gouvernail, et c’est de Jamal El Asri, littéralement «le gaucher». Son élection a eu lieu le dimanche 5 novembre par le bureau politique, composé de 25 membres eux-mêmes désignés par les 198 élus du conseil national de cette formation qui revendique l’incarnation même de la gauche.
Le natif d’Agadir, qui venait de fêter le 11 octobre dernier ses 57 ans, est un enfant de la maison-mère du PSU. En effet, Jamal El Asri était, en 1996, parmi les fondateurs de l’antenne de Dakhla de l’Organisation démocratique de l’action populaire (OADP) de Mohamed Bensaid Aït Idder. Et c’est le tout naturellement du monde qu’il se retrouvera dans l’entourage de Nabila Mounib, qui avait gravi tous les échelons dans l’ombre du «leader historique».
Pas de changement en vue
D’ailleurs, ils sont nombreux les militants du PSU qui estiment qu’El Asri doit son élection à la tête de la formation de la bougie à cette proximité avec l’ex-secrétaire générale. D’autant que l’autre prétendant, à savoir Najib Saber, s’est retiré dès le début de la course, laissant la voie libre au nouveau SG. Pour certains, il aurait senti, nous dit ce militant, ne pas être en odeur de sainteté avec Nabila Mounib, que les jeux étaient faits et que le secrétariat général ne pouvait pas sortir de «son clan».
N’empêche, c’est Jamal El Asri, docteur en littérature arabe et enseignant du secondaire à Tanger, et un cadre de la CDT, qui est «officiellement» au gouvernail et il aura fort à faire pour convaincre les troupes, mais aussi pour essayer de «recoller» les morceaux de sa formation. Surtout que cette dernière a été traversée, à la veille du congrès national, par des dissensions qui ont poussé certains militants, sous la bannière du courant «Changement démocratique», à boycotter cette grand-messe qui a vu la participation de quelque 850 congressistes seulement.
Côté positionnement politique, le discours de Jamal El Asri ressemble comme deux gouttes d’eau à celui de Nabila Mounib. Autrement dit, il ne faut pas s’attendre à un quelconque bouleversement. Sauf, qu’on laisse entendre que le parti ne se rangera pas du côté de l’islamisme politique, bien que d’aucuns avancent que le nouveau «maître à bord» aurait des accointances avec le mouvement «Al Adl wal Ihsane» qu’il a sans doute côtoyé au sein de la centrale syndicale. Reste à savoir s’il saura naviguer entre ces deux extrêmes.
Militant de base, le nouveau secrétaire général est surtout réputé pour faire partie de ceux qui battent le pavé. Aussi est-il connu pour être coordinateur du «front marocain de soutien à la Palestine».
Par ailleurs, lors des élections législatives du 8 septembre 2021, El Asri a tenté sa chance d’accéder à l’hémicycle en menant la liste de la formation de la bougie dans la circonscription d’Assila. Pas de bol, la liste ne récoltera que 1.410 voix au décompte final pour les cinq sièges qui étaient en jeu.
