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USFP : Le renouveau sans renier les origines
Le 12e congrès de l’Union socialiste des forces populaires s’est déroulé dans le calme total. Driss Lachgar a été reconduit pour un 4e mandat de quatre ans. Lui et l’équipe qui l’accompagnera auront fort à faire pour préparer les prochaines échéances électorales.
L’année 2025 aurait été une année marathon pour l’Union socialiste des forces populaires, pour ses instances, ses responsables et, plus particulièrement, pour la commission préparatoire de son 12e congrès, qui s’est tenu du 18 au 20 octobre à Bouznika.
Laquelle commission avait tenu, depuis son installation en mai, quelque 70 réunions. Dans la foulée, le parti des héritiers de Abderrahim Bouabid a procédé au renouvellement de ses instances et autres antennes sur tout le territoire national avec, à la clé, la tenue de 72 congrès régionaux et provinciaux.
Des activités intenses dont l’objectif a été de réunir toutes les conditions pour réussir les assises nationales que les USFPéistes voulaient organiser sans couac, mais aussi et surtout un nouveau marqueur dans le récit de leur formation. Visiblement, selon les dires des socialistes, «le pari est réussi».
«Le parti s’en sort plus que jamais soudé autour de sa direction», nous dit, enthousiaste, cette militante venue du nord du pays, en parlant des issues de la grand-messe socialiste qui a réuni 1.700 congressistes, dont 21% de femmes.
Maintenant, s’ils étaient nombreux les observateurs qui se sont focalisés sur le cockpit de la formation de la rose, ses militants, eux, estiment que l’«enjeu était ailleurs». D’autant plus qu’au sein du parti, comme chez ses détracteurs, on savait que l’affaire a été tranchée en faveur de la reconduction de Driss Lachgar aux manettes de l’Union socialiste.
Et cela a été «une demande pressante des bases», nous indiquent des congressistes. Car, arguent-ils, «Lachgar est l’homme de la situation», d’autant plus que «nous sommes à la veille des échéances électorales importantes qu’il faut aborder de manière sereine, autour d’une direction forte».
Et le premier secrétaire reconduit pour un nouveau mandat de quatre ans «incarne» à leurs yeux, «cette force motrice capable de mobiliser les troupes en rangs serrés». C’est chose réussie : le congrès s’est déroulé sans la moindre escarmouche. Dans une ambiance des plus apaisées.
Lachgar a les coudées franches
Maintenant, avec cette écrasante majorité qu’il s’est offerte, à peine 26 congressistes ont voté contre sa reconduction, Lachgar aura les coudées franches pour choisir l’équipe qui devra l’accompagner sur la voie de la restauration de l’image d’un parti qui ambitionne de se positionner, de manière forte, sur l’échiquier politique national. Car, c’est cela aussi l’autre enjeu qui sous-tendait ce 12e congrès national.
Ce rendez-vous est «plus qu’un moment à consonance administrative, où il est question d’élire les instances dirigeantes du parti, mais bel et bien le déclenchement d’une nouvelle dynamique organisationnelle, qui serait porteuse d’un renouveau qui parie sur l’avenir», indique un membre du bureau politique sortant. Un renouveau voulu certes, mais qui «n’est nullement synonyme d’un quelconque reniement des valeurs fondatrices du parti et de son identité qu’il faut préserver», précise-t-on dans les rangs de l’USFP.
À savoir le triptyque : justice, modernité et démocratie. Quant au premier secrétaire, en poste depuis le 9e congrès de décembre 2012, cette grand-messe socialiste signe aussi le prélude d’une nouvelle offre politique, qui englobe l’économique, le culturel et le social, en prévision, notamment, des prochaines élections législatives que la formation nourrit l’ambition de remporter.
Or, les documents, produits à l’occasion du congrès national, livrent les contours de ce que le parti compte «marketer» auprès de l’électorat. Les temps ont changé, l’Union socialiste des forces populaires aussi.
Avec pour mot d’ordre la nécessité de rompre avec les périodes de dissension et de tension qui ont, pendant des années, prévalu dans son narratif. Avec, en toile de fond, des guerres de positionnement et des affrontements dont les dégâts se sont traduits par des scissions fracassantes.
Toujours est-il que le navire a pu se maintenir à flot. D’anciens scissionnistes sont même revenus à la maison, entre le neuvième et le douzième congrès, au moment où d’autres, peu nombreux, ont choisi le recul, voire le retrait de la scène comme option.
Et même si l’ambition n’était pas atteinte, les socialistes marocains comptent bien être de la prochaine équipe gouvernementale. Quand bien même ils ne se prononceraient pas encore sur leurs éventuelles alliances à venir, on sait au moins qu’ils n’auraient qu’une seule ligne rouge qui ne pourrait être franchie, estime-t-on dans les rangs du parti de la rose. Pour le reste, les portes restent ouvertes.
La majorité en force
Ceux qui ont fait le déplacement au Complexe de Bouznika, vendredi 18 octobre, lors de l’ouverture des travaux du 12e congrès national de l’USFP, ont été certainement impressionnés par la première rangée du chapiteau.
La forte présence des trois partis de la majorité en a donné la démonstration, en présence notamment du chef de gouvernement et président du Rassemblement national des indépendants, Aziz Akhannouch, du secrétaire général du parti de l’Istiqlal, Nizar Baraka, de Fatim-Zahra El Mansouri, coordinatrice nationale du PAM, de Rachid Talbi Alami, président de la première Chambre du Parlement, ou encore de Abellatif Ouahbi, ministre de la Justice.
Sans oublier El Miloudi El Mokharik, secrétaire général de l’Union marocaine du travail. Pour ne parler que de ceux-là.
