Partis
Que font les universitaires des partis
Il y a quelques années, le milieu universitaire était particulièrement occupé par «certaines couleurs». Cela n’est plus le cas. Toutes les formations y cherchent ancrage. Avec diverses fortunes. Tour d’horizon.
RNI, Mohamed Saddiki
Au service de la réflexion
Dès sa création en 2017, le réseau des universitaires du Rassemblement national des indépendants, dont la coordination est assurée par l’ancien ministre de l’Agriculture, Mohamed Saddiki, s’est voulu comme une valeur ajoutée «de nature à contribuer à l’encadrement de ses membres» dans le milieu universitaire.
En effet, inscrite dans la dynamique organisationnelle du parti de la Colombe, cette structure agit, à travers des conférences et des débats ouverts, dans le sens de «donner» ses réponses aux problématiques de l’enseignement supérieur de manière générale.
Notamment en développant la vision du parti en en qui concerne la réforme du secteur de l’enseignement supérieur et son prolongement dans la recherche scientifique. Mais pas que. Ce réseau veille, également, à la défense des intérêts du corps universitaire et en particulier des professeurs. Une approche multidimensionnelle où le parti de la colombe veut «être impactant» pour faire bouger les lignes.
Parti de l’Istiqlal, Mohamed Regragui
Manque de visibilité
Au parti de l’Istiqlal, on dispose bien d’une structure dédiée à l’enseignement supérieur. La formation de la balance compte bien dans ses rangs des dizaines d’universitaires, mais cette structure, dont la coordination est assurée par Mohamed Regragui, manque de visibilité sur la scène. Contrairement, par exemple, au Forum des économistes qui organise souvent des rencontres et des débats assez médiatisés !
En revanche, pour mettre en avant ses idées et les partager avec le grand public, on semble compter davantage sur les sorties médiatiques de certains de ses membres. Particulièrement dans les relais médiatiques de la formation des héritiers de Allal El Fassi. Mais, à la faveur des issues du dernier congrès national du PI, il paraît qu’on devrait s’attendre à plus de présence sur la scène dans les mois à venir.
Mouvement Populaire, Hassan Sahbi
Retour programmé
Au sein du Mouvement populaire, la direction soutient que le parti a toujours eu des universitaires dans ses rangs, mais cela ne s’est pas pour autant traduit par une présence organisée qui fait la différence, encore moins qui pèse dans le milieu. Or, il a fallu attendre l’année 2019 pour voir éclore une organisation parallèle dédiée à ce secteur.
Seulement voilà, passées les années, l’enseigne du parti de l’Épi a peiné pour se faire une place. Ses instances ayant été pratiquement mises en mode veille. Avec l’arrivée, en 2022, aux commandes de Mohamed Ouzzine, l’idée de réactiver ce bras universitaire a émergé à la surface.
Début 2025, la direction du MP provoque une assemblée ordinaire de cette structure. Et le «Forum universitaire haraki» reprend vie. Mais il n’en demeure pas moins que ce Forum, dirigé par Hassan Sahbi, ne fait pas parler de lui. En son sein, on avance que ses membres travaillent et proposent leurs idées sur le secteur aux instances dirigeantes.
Parti du progrès et du socialisme, Youssef Kouari
En retrait…
Le secteur de l’enseignement supérieur du parti du progrès et du socialisme n’est plus ce qu’il était du temps des «grands ténors» qui ont marqué de leur empreinte l’espace universitaire marocain.
Dans les rangs de la formation du livre, on indique que «ce sont les conditions objectives qui ont changé» et «les militants professeurs ont adopté de nouveaux modes de militantisme», mais la structure menée par Youssef Kouari, en tant que telle semble plutôt en retrait.
Et ce, au moment où les universitaires «militent par leurs écrits dont une bonne partie transitent par les médias du parti quand ils ne sont pas véhiculés, tout simplement, par le truchement des réseaux sociaux».
