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Programme du RNI : Le pouvoir d’achat comme priorité
Le premier engagement du «Programme des Indépendants» épouse parfaitement la politique de l’État social engagée par le gouvernement durant ces cinq dernières années. Il vient en dupliquer l’impact sur toutes les couches sociales.
Le Rassemblement national des indépendants a lancé, lundi 22 juin, à partir de la ville de Fès, une tournée nationale qui l’a conduit à d’autres régions.
Ce n’est certes pas nouveau pour une formation qui a fait de la présence sur le terrain et de la communication directe avec les citoyens une manière de faire de la politique, depuis près d’une décennie.
En dix ans, à travers ses multiples initiatives, depuis «Un jour, une ville» jusqu’à «la Voie des réalisations», le RNI nous a habitués à une politique continue de communication et d’actions de proximité. Seul le contexte change, puisque nous sommes à quelques semaines de la clôture de l’actuelle législature.
C’est donc en toute logique que cette nouvelle tournée prenne de l’importance, l’opinion publique étant aux aguets en guettant les premières annonces concernant le programme du parti pour la période 2026-2031.
C’est à Fès que le RNI a présenté et expliqué le premier engagement de son programme.
Un programme qui, soit dit en passant, repose sur un ensemble de grands engagements déclinés en plusieurs mesures et que le parti a choisi de présenter selon une méthodologie de communication progressive, fondée sur une présentation graduelle et cohérente de son contenu.
Les engagements ont été ainsi présentés lors des étapes régionales, chaque étape étant consacrée à la présentation d’un seul engagement de manière détaillée, garantissant la clarté des messages et la facilité de leur compréhension. Le programme au complet a été annoncé lors d’une grande convention nationale.
C’est également une tradition consacrée, le «Programme des Indépendants», comme l’a d’ailleurs souligné Mohamed Aujjar, membre du bureau politique, «ambitionne d’élever le débat public au Maroc en présentant des engagements, des idées et des mesures clairs, respectueux de l’intelligence des citoyens et fondateurs d’une pratique politique basée sur l’éthique, la noblesse, des contrats explicites, le respect des engagements et le courage dans la prise de position».
De toutes les manières, relève le président du parti, Mohamed Chaouki, ce programme «n’est pas le fruit du moment ni le résultat d’une conjoncture politique passagère, mais plutôt le résultat de plusieurs années d’écoute, de proximité et d’interaction directe avec les différentes couches de la société marocaine».
Le parti, insiste-t-il, «a choisi de poursuivre cette approche, la considérant comme un choix stratégique sans alternative».
En somme, tel qu’il a été présenté dans son ensemble, le «Programme des Indépendants» propose une vision intégrée pour la construction d’un nouveau modèle social et économique.
Un modèle ancrant la dignité, élargissant les opportunités de promotion sociale et fondant une transformation qualitative qui renforce la philosophie de l’État social, promeut l’égalité des chances et consacre l’inclusion économique et sociale.
À Fès, le parti a donc dévoilé le premier de ses engagements. Il porte sur «Une protection durable du pouvoir d’achat», considéré comme une entrée fondamentale pour renforcer la sécurité économique des familles marocaines. Cet engagement se décline en 4 mesures concrètes.
ASD : Indice indexé
La première mesure s’adresse aux personnes en situation de vulnérabilité, les bénéficiaires du programme d’aides sociales directes. Elle vise à assurer une protection durable du pouvoir d’achat de 4 millions de familles bénéficiaires du soutien social direct, soit près de 12 millions de citoyens marocains, dont plus de 5,5 millions d’enfants.
La mesure repose sur l’institutionnalisation de l’indice du RSU, dont le niveau conditionne l’accès à l’aide sociale directe.
Cet indice sera ainsi indexé sur les taux d’inflation, à travers l’instauration d’un mécanisme de revalorisation automatique qui s’active dès que l’inflation dépasse un seuil prédéfini. Inutile de rappeler que la finalité de l’ADS elle-même n’est pas de pérenniser l’assistanat social pour les familles démunies, mais d’en faire un levier d’intégration économique. En d’autres termes, il s’agit d’aider les bénéficiaires à améliorer leur situation économique et sociale.
Informel : L’intégration par l’épargne
La deuxième mesure consistant à instaurer un «bouclier épargne» au profit des travailleurs du secteur informel tend à offrir à ces derniers la possibilité d’ouvrir un compte d’épargne simplifié soutenu par l’État.
Pour cela, le parti propose de mettre en place deux formules : une épargne de précaution qui permet aux travailleurs de disposer à tout moment d’un capital mobilisable en cas de besoin pour faire face aux aléas de la vie.
Et une épargne avenir garantissant à ces travailleurs la possibilité de disposer d’une pension de retraite. Au-delà de ce qui paraît une offre bancaire ordinaire, c’est aussi un mécanisme d’inclusion financière au profit d’une large tranche de la population qui permet ainsi d’encourager l’utilisation des moyens de paiement et de réduire la circulation du cash.
Salaire : SMIG revalorisé
Cette mesure a pour finalité de créer un «bouclier d’amélioration des salaires et des pensions de retraite». Elle vise non seulement la révision du salaire minimum légal dans les secteurs de l’industrie, du commerce et des professions libérales (SMIG), et dans le secteur agricole (SMAG), mais aussi l’alignement du salaire minimum dans le secteur agricole sur celui des autres secteurs.
En même temps, cette mesure prévoit la revalorisation des salaires du secteur formel pour améliorer le niveau de vie. Il est également prévu d’augmenter les pensions de retraite, de relever la moyenne des salaires et d’élargir le secteur formel.
Éducation : Un coup de pouce fiscal
Par cette mesure, le RNI s’engage à créer un «crédit d’impôt» pouvant atteindre 5.000 dirhams par an et par enfant pour couvrir les frais de scolarité.
Cette mesure qui entrera en vigueur à partir de 2028 se veut complémentaire à la réforme des établissements pionniers, généralisée à tous les niveaux scolaires à cette échéance et qui garantit l’excellence de l’éducation dans le secteur public.
Elle s’adresse particulièrement aux classes moyennes, leur permettant d’exercer leurs choix éducatifs en toute liberté, c’est-à-dire inscrire leurs enfants dans l’enseignement privé plutôt que public, sans compromettre la stabilité de leur équilibre financier.
Il s’agit là d’un «bouclier éducation» au profit de ces familles.
