SUIVEZ-NOUS

Partis

Mohamed Aujjar : « Le RNI produit des résultats… D’autres vivent dans le déni »

Dirigeant emblématique du Rassemblement national des indépendants (RNI), il est réputé pour son franc-parler et ses analyses pertinentes. Alors que la tournée nationale de son parti arrive dans l’Oriental, il nous livre sa lecture des réalisations gouvernementales tant à l’échelle nationale que locale, mais aussi l’évolution de la gouvernance de sa formation politique ainsi que ses ambitions pour le prochain scrutin.

Publié le

Personnalité politique connue et reconnue, Mohamed Aujjar a consacré ces dernières années à assurer la transition et la relève au sein du Rassemblement national des indépendants.

Ni maroquin ministériel ni fauteuil parlementaire, le membre du bureau politique du parti dont il est une des figures emblématiques se réjouit de voir une nouvelle génération reprendre le flambeau et assurer des responsabilités gouvernementales, législatives et communales.

Et surtout, le sage du parti est ravi de voir son parti, sous la conduite du président Aziz Akhannouch, réaliser un bilan gouvernemental sans précédent, ayant permis de changer la vie de millions de Marocains. Depuis Nador où «La Voie des réalisations» a posé son chapiteau, il nous détaille les avancées réalisées par un Royaume qui change de dimension.

«La Voie des réalisations» arrive dans la région de l’Oriental, l’avant-dernière station de cette tournée nationale. Quel bilan faites-vous de cette initiative ?
Cette tournée du RNI dans les différentes régions du Royaume découle d’une nouvelle approche de l’action politique. En 2021, les électeurs ont voté pour un programme qui est la manifestation d’un certain nombre d’engagements du parti et de ses alliés. Pour nous, il est alors impératif de revenir vers les populations dans un exercice de transparence et de reddition des comptes pour communiquer ce que nous avons réalisé et ce qui ne l’a pas été en expliquant les raisons.

Un tel exercice va dans le sens de la moralisation de la vie politique. Il s’agit, en fait, pour le chef du gouvernement, les ministres et les responsables du parti de rendre des comptes aux citoyens en déclinant les mesures, les contraintes et les actions à venir.

 

 

Les gens viennent en grand nombre. Est-ce un indicateur de la force de mobilisation du parti ?
C’est un énorme enthousiasme que nous ressentons dans toutes les régions. Les gens viennent en masse, écoutent la direction du parti et repartent porteurs de messages constructifs. La salle et la logistique prévues ne nous permettent malheureusement pas d’accueillir tous ceux qui manifestent leur volonté de participer.

Mais au préalable, des débats sont organisés dans les différentes provinces, notamment à travers «Niqach Al Ahrar» où participent des ministres et des dirigeants du parti. Et avant cela, des sessions de préparation sont tenues où les gens se réunissent.

Chacun veut faire entendre sa voix, celle de son village et de sa ville et chacun veut transmettre les problèmes qu’il considère prioritaires. C’est notre rôle de parti politique de fournir cet espace institutionnel pour toutes ces contributions. N’en déplaise à nos détracteurs.

Ce travail d’écoute et de rencontre continuera-t-il après la fin de cette tournée dans les régions ?
C’est un travail permanent qui n’a jamais cessé. Et bien entendu, il continuera avant, pendant et après les élections. Car la politique est un travail institutionnel pour défendre des idées, des valeurs, communiquer et écouter. Au fond, qu’est-ce que la politique de proximité ? C’est d’être proche des gens, discuter avec eux et répondre à leurs préoccupations.

Nous ne réduisons pas la politique à la seule opération électorale ni à l’accès à certains postes électifs ou portefeuilles ministériels. Si le fait d’appartenir à un parti se limitait à cela, que feraient alors les dizaines de milliers de militants qui ne sont pas dans des postes de responsabilité ? Le RNI est plus que cela.

C’est un grand parti dans lequel les militants assument différents rôles : volontariat, action humanitaire, travaux sociaux…, et tout cela au service de leur pays, chacun dans son secteur. Pour associer ces différentes catégories sociales à la gestion des affaires, nous œuvrons à travers nos organisations parallèles, celles des femmes, des ingénieurs, des avocats et autres…

Leurs membres se penchent sur les préoccupations de leurs secteurs : ils réfléchissent aux réformes, à leur ingénierie et à leur concrétisation. Dans nos différentes rencontres, il y avait un grand nombre d’universitaires et de médecins, comme il y avait aussi des agriculteurs, des chômeurs et des jeunes. C’est parce que le parti est le miroir du Maroc, le miroir de notre société.

Pourtant, les partis politiques n’arrivent pas encore à mobiliser tant de monde que cela, la défection reste palpable ?
Il n’y a point de démocratie sans partis. C’est une évidence. Surtout que notre Constitution a élevé le choix démocratique au niveau des constantes nationales. On ne peut donc pas se permettre de critiquer les partis à longueur de journée. Au contraire, il faut y adhérer.

Le Maroc compte suffisamment de partis avec des choix politiques différents, une diversité d’ordre philosophique et idéologique où chacun peut s’y retrouver. Les jeunes, les cadres, les femmes, tous sont appelés à rejoindre les partis, dont la ligne politique correspond à leurs attentes, et les faire contribuer à leur construction.

Dans la dernière réforme des lois électorales, il est justement question d’intégrer davantage de jeunes et de femmes. Que fait le RNI dans ce sens ?
Nous n’avons pas attendu les prochaines élections pour le faire. Aujourd’hui, les jeunes, hommes comme femmes, contribuent effectivement à la prise de décision au sein de notre formation, mais aussi dans l’action publique. Notre bureau politique est composé pour près de moitié de jeunes.

Nous comptons actuellement plus de 3.000 jeunes élus, nous avons des parlementaires jeunes, des présidents de communes et même de jeunes ministres. La contribution et la participation des jeunes, de sexe masculin ou féminin, sont une réalité et non pas un simple discours au RNI.

Nous allons maintenir cette dynamique : notre gouvernance partisane respecte l’intelligence des gens, ouvre l’espace à toutes les compétences pour qu’elles s’expriment et qu’elles puissent avoir l’opportunité de concrétiser leurs propositions et leurs stratégies en programmes.

Au RNI, il est question d’élargir notre horizon en permanence : aux prochaines échéances de 2026, nous aurons plus d’opportunités pour communiquer avec les Marocains et pour aller à leur contact. Je peux déjà vous dire que les Marocains apprécient cet effort énorme.

Pensez-vous que les Marocains sont satisfaits des réalisations du gouvernement conduit par le RNI ?
Les réalisations du gouvernement conduit par Aziz Akhannouch sont nombreuses, voire historiques. Il a pu d’abord arrêter l’hémorragie produite par un lourd héritage de mauvaise gestion et enclencher une nouvelle dynamique. Il suffit de voir les indicateurs du Haut-Commissariat au plan pour se rendre compte de l’importance des acquis engrangés : que ce soit sur le plan de la croissance, de l’investissement ou de la consommation.

En toute modestie et sans aucun populisme ou autopromotion, il faut admettre que les résultats obtenus sont tout à fait impressionnants, surtout dans un contexte marqué par l’enchaînement de crises exogènes. L’investissement public, qui a presque doublé en quelques années, constitue un puissant levier de création d’emplois et renforce la confiance renouvelée des investisseurs, tant nationaux qu’internationaux, envers le Royaume.

Une confiance fondée sur la stabilité et sur les capacités économiques du pays… Il y a aussi ce projet Royal de l’État social, à la fois historique et stratégique, que le gouvernement a pu déployer, se traduisant par des avancées tangibles et mesurables sur le quotidien de millions de Marocains. Pour la première fois, les citoyens ressentent que le gouvernement, en application des orientations de Sa Majesté le Roi, prend la dimension sociale avec un très grand sérieux.

Dans quel sens ? Quelles sont brièvement les principales réalisations ?
Les Marocains les plus démunis bénéficient aujourd’hui d’un soutien social direct qui a un impact réel sur leur vie. Les réformes de fond engagées dans le système éducatif marocain sont clairement perceptibles à travers les écoles pionnières qui témoignent d’une transformation profonde tant au niveau des infrastructures que de l’environnement pédagogique et des équipements.

Ajoutez à cela l’effort colossal déployé dans le secteur de la santé : chaque région est désormais dotée d’une faculté de médecine et d’un centre hospitalier universitaire, tandis que les établissements hospitaliers font l’objet de vastes opérations de modernisation et de mise à niveau. Le gouvernement a accompli un effort historique en matière de revalorisation des salaires : près de 47 milliards de dirhams engagés dans le dialogue social.

C’est un montant record, jamais vu sous aucun gouvernement, sachant que j’ai participé à plusieurs gouvernements et à de nombreux cycles de dialogue social. La réforme fiscale a, par ailleurs, contribué à alléger la pression, entraînant une amélioration effective des revenus nets des salariés.

Ce sont autant d’acquis et de réalisations qui mettent le Maroc sur une trajectoire de développement renouvelée comme voulue par la vision royale et que ce gouvernement a su déployer avec une célérité et efficacité inédites.

Pour certains, l’impact de l’action gouvernementale reste minime. il est souvent objet de critiques…
La critique, lorsqu’elle est constructive, participe au renforcement de la démocratie, à l’amélioration de l’action publique et à la qualité des services rendus aux citoyens. Nous acceptons la critique, qu’elle provienne des citoyens, de l’opposition parlementaire, de l’opinion publique…, tant qu’elle vise à améliorer et non à dénigrer ou à détruire.

Critiquer pour améliorer, oui. Critiquer pour détruire ou pour se construire une popularité sur le déni systématique, non. Malheureusement, certains pensent que produire du discours suffit à gagner en popularité. Ils s’installent dans la critique permanente, s’en prenant à ceux qui œuvrent pour construire.

On ne construit pas un pays dans la négation permanente de ses réussites. Certains discours populistes donnent parfois l’impression d’une hostilité et une haine à l’égard de la réussite. Or, notre ambition est tout autre : encourager les jeunes générations à croire dans le succès, à s’en inspirer et à le poursuivre.

Un étudiant, une fois qu’il aura obtenu son diplôme, doit se sentir capable de lancer un projet, dans son village ou dans sa ville. S’il s’intéresse à la politique, il doit savoir que rien ne l’empêcherait de devenir président de commune, député ou ministre.

Un jeune qui joue au football doit être conscient qu’il peut un jour intégrer l’équipe nationale. Telle est notre ambition : nous nous y engageons, nous y travaillons, nous nous efforçons par tous les moyens pour la réaliser, car les Marocains méritent le meilleur.

Ces réalisations et cet optimisme suffiront-ils pour convaincre les électeurs à renouveler leur confiance au RNI lors des prochaines élections ?
Les Marocains sont intelligents. Les gens savent très bien faire la distinction entre ceux qui consacrent leur vie à construire ce pays, à contribuer à son développement et à son succès, et ceux qui croient que la politique consiste à critiquer sur les réseaux sociaux, à détruire et à parler à tort et à travers.

Je suis optimiste sur la base du résultat du travail de terrain dans le Maroc profond : quand on discute avec les gens chez eux, dans les mosquées, dans les cafés, dans leur lieu de travail, dans les champs…, nous nous trouvons face à un citoyen exigeant et proactif, qui nous interpelle quotidiennement pour corriger et améliorer ce qui doit l’être. Mais les citoyens perçoivent également que les pouvoirs publics adoptent une approche pragmatique.

Ils constatent concrètement l’évolution de leur quotidien : leur mère âgée ou leur voisine veuve reçoivent régulièrement une aide sociale, les dispensaires de proximité ont été modernisés, les délais dans les hôpitaux se sont raccourcis et là où il n’y avait pas de médecin auparavant, des structures universitaires sont désormais présentes dans chaque province et chaque région. Ceux qui ne bénéficiaient pas de couverture médicale y ont aujourd’hui accès.

Pensez-vous que les Marocains se rendront massivement aux urnes aux prochaines législatives ?
Je suis optimiste quant à la participation, et je crois surtout que le Rassemblement national des indépendants sera la première force politique. Nous sommes des démocrates, notre parti est démocratique.

Nous nous soumettons au verdict des urnes, et nous plaçons toujours l’intérêt de notre pays et de la société marocaine au-dessus de tout. Si les Marocains nous reconduisent, nous serons heureux et nous resterons fidèles à notre vocation de servir notre pays et les citoyens.

Car nous œuvrons par tous les moyens à traduire dans la réalité le grand projet de Sa Majesté le Roi de faire évoluer la démocratie, de renforcer le développement du pays et d’assurer à tous les Marocains une vie digne dans toutes les régions et provinces.


Quid des réalisations dans l’Oriental ?
Dans chacune des escales de «La Voie des réalisations», un coup de projecteur est mis sur les avancées et les défis à relever dans la région hôte de ce rassemblement du RNI. Mohamed Aujjar nous détaille ce qu’il en est de la région de l’Oriental.

«Il faut reconnaître que la région de l’Oriental vit une situation économique difficile, du fait de la fermeture définitive des frontières due à la politique irresponsable des autorités du voisin de l’Est, en plus du contexte général marqué par la succession des années de sécheresse et de crises internationales.

Néanmoins, le gouvernement s’est investi pour redonner de l’espoir aux populations : un intérêt particulier a été accordé au traitement de la problématique de l’eau et au soutien des éleveurs dans ce territoire, qui compte des exploitations modernes, mais aussi une agriculture vivrière.

À la faveur des efforts consentis, l’on sent justement une certaine dynamique qui s’installe, qui se traduit aussi par le développement des exportations. C’est dire que malgré les contraintes objectives, et grâce aux actions menées par l’Exécutif, l’espoir est de retour.

Cette dynamique régionale devra être renforcée grâce au port de Nador West Med qui, adossé à d’autres infrastructures, devra donner un coup de fouet à l’économie de la région. Grâce à l’action menée par le gouvernement, d’importants investissements de grandes entreprises, opérant dans différents domaines, sont orientés vers l’Oriental.

Un dynamisme qui se traduit également par l’intérêt de plus en plus grandissant, suscité auprès de la communauté marocaine, originaire de la région, établie à l’étranger, dont les membres expriment leur désir de revenir et d’investir dans leur région.

Des faits qui nous incitent à poursuivre les efforts menés en les traduisant dans les politiques publiques. Et nous sommes déterminés, dans le droit fil des orientations royales, à faire en sorte qu’il n’y ait pas un Maroc à deux vitesses, à traduire l’ambition que cette région puisse jouer un rôle central dans le développement économique global du Royaume».