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Congrès de l’Istiqlal, l’avant-dernière ligne droite !

La formation de la Balance avance «à pas sûrs» vers son 18e congrès national. Nizar Baraka brigue et aura son deuxième mandat. Cheminement.

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Finies les divergences, place à la convergence. Les héritiers de Ssi Allal El Fassi ont tout mis de côté pour aller en rangs serrés vers leur 18e congrès national. La réunion du comité exécutif du parti de l’Istiqlal, tenue au siège central à Rabat, dimanche 25 février, a mis les choses au clair. Tout comme elle a mis fin aux diverses spéculations qui ont fait les choux gras des commentateurs. Dont le scénario d’une éventuelle «direction collégiale» qui a, déjà, été balayé d’un revers de la main, il y a quelques jours.

Le communiqué de la toute récente réunion de l’instance exécutive du parti est on ne peut plus clair. Les membres du comité exécutif ont, d’une seule voix, dit leur plein soutien à la candidature du secrétaire général sortant, Nizar Baraka, en tant que «candidat unique» à sa propre succession. Une «unanimité», «fruit d’un consensus», nous dit une source de la direction du parti, rompant ainsi avec les «blocages» qui ont fait que le congrès national a cumulé deux années de retard pour se tenir. Dans ce même esprit, avec une date butoir, non encore «fixée», qui a pour limite «fin avril».

Pour mémoire, la «famille istiqlalienne», qui a vécu moult tiraillements, notamment du temps où Hamid Chabat avait pris les manettes, ne s’était plus retrouvée en grand-messe depuis l’année 2017. Et on doit encore avoir à l’esprit l’épisode pour le moins regrettable des incidents qui ont émaillé le 17e congrès, avec les jets d’assiettes et autres chaises entre les ouailles de l’ancien secrétaire général et les supporters de l’actuel qui s’apprête aujourd’hui à briguer un deuxième mandat.

Une page tournée, une nouvelle s’ouvre
Mais, en toute vraisemblance, on n’en est plus là. En fait, à l’exception de la fameuse sortie de certains parlementaires, par communiqué rendu public, qui en voulaient à la direction du parti pour sa proposition de revoir les statuts en excluant la «membership» du conseil national ès qualités, le secrétariat général a opté pour l’élargissement des consultations en vue de parvenir à des compromis. En corollaire, on a assisté, des fois tenues loin des micros et des caméras, à de multiples rencontres entre les membres du directoire.

Et, semble-t-il, c’est cela qui a débouché sur les termes d’entente issus de la dernière réunion du comité exécutif. Une réunion, indiquent nos sources, qui s’est passée «le tout normalement du monde, dans l’entente et la sérénité requises pour aller, dans l’unité, vers le 18e congrès national». Avec «un esprit positif et un sens de la responsabilité», «les échanges ont eu lieu dans l’apaisement total», disent nos sources, ce qui a permis de parvenir à un «consensus» qui a rompu avec un clanisme qui risquait de coûter cher à la formation de la Balance. L’équilibre retrouvé, le parti devrait négocier bien des «virages» d’ici la tenue de son congrès national. Et la course contre la montre commence dès ce samedi 2 mars.

En effet, le «parlement» du parti se réunit pour entériner les décisions prises par le comité exécutif. «Une session ordinaire», tient à préciser ce responsable de l’Istiqlal. Mais qui a, néanmoins, ceci de particulier que c’est d’elle qu’émanera la commission préparatoire et la sous-commission du règlement et des statuts, et, «fort probablement, d’autres sous-commissions», indiquent nos sources sans être trop bavardes sur les détails. Ceci étant, on sait au moins deux choses : la présidence du comité préparatoire devrait revenir à Abdeljabbar Rachidi et celle de la commission des statuts, la plus importante, devrait être confiée à Rahal Mekkaoui. En tout état de cause, ce sont les deux candidatures qui ont eu «le soutien sans ambages» du comité exécutif du parti. Et, sauf surprise, «qui ne risque pas d’avoir lieu», ces deux candidatures devraient passer comme une lettre à la poste, nous confie cet observateur de la vie du PI. Le comité exécutif ayant été là encore unanime !
Ce n’est pas fini. D’autres rendez-vous attendent les Istiqlaliens. Cette fois, au niveau des instances territoriales. On annonce, en fait, la tenue des congrès provinciaux d’où sortiront «les élus du parlement du parti», qui seront aussi congressistes ès qualités, avec d’autres bien entendu.

Le temps presse ! Mais, les héritiers de Sdi Allal , la confiance chevillée au corps, sont rassurés qu’ils seront dans les temps. «On va travailler tout le mois de Ramadan pour y arriver», indiquent nos sources au sein du parti. Et «tout pourra être bouclé en l’espace de deux week-ends», assure-t-on. Quand on connaît la machine organisationnelle de la formation du doyen des partis politiques marocains, «historiquement huilée», on pourrait leur en accorder crédit. La suite du récit, on la saura après avril.


Hache de guerre enterrée
Il y a plus de deux années, le parti de l’Istiqlal devait tenir ses 18e Assises nationales. Mais le retard a été cumulé au point que les finances du parti en ont souffert. Derrière, il y avait des tiraillements entre les soutiens de Nizar Baraka et le clan de l’homme fort des provinces du sud, Hamdi Ould Rachid. La sagesse a prévalu et les deux camps ont fini par s’entendre. Les issues de la fameuse «retraite» de mai 2022, avec les propositions d’amendement des statuts du parti (réduction du nombre des membres du conseil national et autres exclusions des membres non élus), ne sont plus à l’ordre du jour. Tout au moins, «pour le moment». Aux oubliettes donc la fameuse lettre où des députés s’en sont pris au SG sortant.
Suite à d’âpres négociations, ayant débouché sur des «concessions de part et d’autre», c’est finalement l’actuel secrétaire général qui succédera à lui-même.
On enterre la hache de guerre.