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Le PAM en «mode imbroglio»

Comme prévu, le «débarquement» d’Aboulghali de la cabine de pilotage du parti du Tracteur s’est invité dans les débats lors de la 1re Université d’été de la jeunesse du PAM. Selon la direction de la formation, la décision est irréversible. Le concerné, lui, ne l’entend pas de cette oreille.

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Il n’y avait que deux chaises sur l’estrade ce vendredi 20 septembre au Complexe Moulay Rachid à Bouznika où se tenait la première Université d’été de l’organisation de la jeunesse du PAM, sous le thème générique «Un pacte renouvelé pour la dignité et l’espoir».

En effet, huit mois après leur 5e congrès national, les PAMistes ont repris la route vers Bouznika. Du 19 au 21 septembre, l’assistance n’était pas dense, mais assez diversifiée.

Au cours de ces 72 heures, se sont côtoyés des cadres du parti, des élus, des jeunes, des représentants de la société civile, mais aussi des responsables publics. Certes, l’idée derrière était de faire de ce rendez-vous un espace d’échange, de réflexion collective, mais aussi de formation. D’où l’appel à des experts de différents horizons qui ont animé les 7 workshops thématiques organisés à l’occasion.

Pour les organisateurs, ce conclave devait constituer une opportunité pour «renforcer la cohésion interne en réunissant les cadres du parti, ses élus et ses responsables publics». Aussi, indique-t-on, «cet événement constitue une étape importante en préparation des prochaines échéances électorales, particulièrement les élections législatives de 2026». Toujours est-il que la coïncidence avec les récents remous que la formation du Tracteur a connus planait même en filigrane. On l’aurait deviné, c’est du gel de l’adhésion de Salaheddine Aboulghali qu’il s’agit. Et la coordinatrice nationale de la direction collégiale, Fatim-Zahra El Mansouri, s’est longuement appesantie, dans son allocution d’ouverture de l’Université d’été, sur la question.

Les explications d’El Mansouri
Contrairement aux «informations» qui avaient circulé la veille, faisant état d’un «retour sur cette décision», El Mansouri a tenu à défendre la décision du bureau politique, prise «à l’unanimité» le mardi 10 septembre. Elle tiendra, par la même occasion, à réitérer l’argumentaire ayant présidé à ce «gel», en réaffirmant que la décision est intervenue «suite au dépôt de plaintes mettant en cause l’intégrité morale» d’Aboulghali. La dame de fer affirmera, aussi, qu’elle ne l’avait pas accusé de fraude, mais que ces plaintes si elles éclataient au grand jour risqueraient de nuire à l’image de la direction collégiale, voire déteindraient sur celle du parti dans son ensemble.
Ce qu’on voulait éviter a fini par arriver ! «L’affaire» fait les choux gras des médias et alimente toutes sortes de spéculations.
L’épisode Naciri-Bioui est encore présent dans les esprits ! Généralisant, la responsable martèlera : «Si l’intégrité morale d’une personne est discutable sur un certain nombre de sujets, son adhésion sera gelée et elle sera renvoyée devant une commission d’éthique».

Faisant référence à l’un des communiqués d’Aboulghali, l’intervenante précisera que «le bureau politique du parti n’est pas un tribunal et ne le sera jamais», mais que son rôle est de veiller au respect de «la charte d’éthique». Dans le fond comme dans la forme, Fatim-Zahra El Mansouri reprend, en définitive, la matrice discursive développée, mercredi 11 septembre, lors d’une conférence de presse, par l’autre membre de la direction collégiale du parti, Mohamed Mehdi Bensaid en l’occurrence. Ce dernier avait d’ailleurs tenu à relever que la décision en question n’avait «aucun lien avec les deniers publics», mais qu’il s’agissait d’un «différend à caractère commercial».

La réaction d’Aboulghali
Or, c’est sur cette base qu’Aboulghali récuse la décision du bureau politique. D’ailleurs, dans son «communiqué N.3», émis vendredi 20 septembre, il indique qu’il n’allait pas se présenter devant la commission d’éthique en raison du fait qu’il ne reconnaît pas la légitimité de la décision portant sur le gel de son adhésion. Dans ce même communiqué, Aboulghali indique que le bureau politique aurait «rétropédalé» quant au gel de ses fonctions dans la direction collégiale, mais tout en maintenant son «débarquement» du bureau politique. Il n’en a rien été, puisque les propos de Fatim-Zahra El Mansouri laissaient entendre que la décision est «irréversible», apprend-on auprès du parti. Ceci dit, indique-t-on, dans l’entourage d’Aboulghali, le «dossier n’est pas près d’être clos». D’autant plus que, à la lecture de son récent communiqué, l’on a l’impression qu’il se dirigerait vers l’installation du «débat» dans une perspective juridique. Notamment, lorsqu’il remet en cause «la légalité» de la décision du bureau politique qu’il estime «infondée». Autant en déduire que le feuilleton pourrait bien connaître des rebondissements dans les jours à venir.

Mais ce n’est pas pour autant que cela «ébranle» les dirigeants du parti du Tracteur qui font front uni contre Aboulghali. Certains vont même jusqu’à avancer que le «dorénavant ex-membre du triumvirat» «ne peut se prévaloir d’aucun soutien au sein des instances du parti et qu’il s’agit d’une page tournée».

Ceci dit, bien malin serait celui qui s’aventurerait à entrevoir le dénouement d’un feuilleton dont on n’a pas encore atteint le climax !


Le laboratoire…
À suivre les péripéties de ce nouveau feuilleton sur la scène partisane, on sera enclin à confirmer que le PAM constitue bel et bien un laboratoire. Déjà qu’il en avait surpris plus d’un lorsque la décision a été prise d’opter pour une direction collégiale. Les lectures avaient fusé qu’il s’agissait de «gérer les ambitions» des uns et des autres, tout en évitant un «éventuel» éclatement en cours de route ou encore des «chocs de courants» qui risqueraient de coûter cher au parti. «Absolument pas !», avance-t-on au sein de la formation. Il était question de «faire de la politique autrement» et que «le temps du zaïm unique est révolu». Sauf que dans le cas présent, le gel des activités d’un membre de la direction, qui tient son mandat à titre collectif du congrès, par le bureau politique, fait débat sur la conformité de cette mesure aux statuts du parti.