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Lahcen Saadi : «Réconcilier la jeunesse avec l’action politique»

Le président de la Fédération nationale de la jeunesse du RNI a été en front-line lors de la 5e Université de la jeunesse du RNI, tenue récemment à Agadir. Il revient sur les enjeux et les enseignements tirés de ce meeting politique.

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Porté à la tête de la Fédération nationale de la jeunesse du RNI en 2020, cet ancien enseignant croit mordicus à la nécessité de l’implication politique des jeunes. Il démontre aux législatives 2021 qu’il a le sens des responsabilités quand il remporte haut la main la circonscription de Taroudant, avec 58.000 voix au compteur, soit le deuxième meilleur score national. Membre du bureau politique du parti de la Colombe, il se voit même confier pour cette deuxième moitié du mandat la présidence de la commission des finances à la Chambre des représentants.

Mais avant de faire sa rentrée parlementaire, l’organisation qu’il dirige a fait son entrée politique à travers la 5e Université de la jeunesse du RNI. Entretien.

Quel bilan faites-vous de l’organisation de la 5e édition de l’Université de la jeunesse du RNI ?
Cette Université a d’abord été l’un des plus grands rassemblements des jeunes, que ce soit sur le plan national ou régional. Nous avons accueilli à Agadir 3.500 participants venus de différentes régions du Royaume, et même de l’étranger, puisque nous disposons d’antennes dans plus d’une douzaine de pays.

De leur côté, quelque 500 invités nous ont fait l’honneur de prendre part à cette Université, que ce soit les dirigeants du parti ou encore les personnalités venues encadrer les workshops. L’événement a d’ailleurs connu une présence marquante de la direction de notre institution partisane, venue certes pour l’encadrement des jeunes, mais aussi pour discuter avec eux des différentes problématiques que traverse le pays.
D’ailleurs, l’allocution du président Aziz Akhannouch a constitué un moment fort de notre Université, puisqu’elle était porteuse de messages politiques très forts qui dessinent les contours de ce que seront les traits marquants de la deuxième moitié du mandat du gouvernement, ainsi que la rentrée politique qui coïncide avec un moment sensible et couvrant des sujets de grande acuité.

Sur les réseaux sociaux, certains ont été très critiques sur le mode d’organisation, notamment la session d’ouverture. Des reproches fondés à votre avis ?
Il faut dire que c’était une vraie fête du Rassemblement national des indépendants. Et son organisation a effectivement suscité des interactions diverses, dont certaines émanent des partis de l’opposition ou encore des personnes mues par des calculs politiciens et qui ne ratent aucune occasion pour régler leurs comptes avec le RNI.

Seulement voilà, la démarche de la Jeunesse du parti était empreinte de spontanéité, mais aussi va dans le sens de changer de discours envers les jeunes. Et nous estimons que ce genre d’événement nécessite un pendant artistique pour les accueillir dans la joie. D’ailleurs, tout le monde a vu l’enthousiasme qui a régné et les moments de joie partagée.
Il y avait de quoi, après le succès électoral au niveau de la circonscription de Rabat Océan ou encore celle de Fkih Ben Saleh. De la joie aussi en regardant ce que vit le pays, sous la conduite du Souverain, en matière de développement et les grands acquis et réalisations engrangés dans tous les domaines.

Et nous avons le devoir d’entretenir l’espoir et un état d’esprit positif. Nous ne voulons pas d’une jeunesse désespérée qu’on abreuve de discours négativistes. Nous voulons une jeunesse qui croit en son pays, qui croit que ce pays, malgré certaines problématiques, regorge de compétences qui sont capables de les surmonter.

Est-ce que les jeunes compétences du RNI trouvent leur place dans le parti ? Les aînés leur laissent-ils de l’espace ?
Depuis la refonte de la Fédération nationale de la jeunesse du RNI en 2017, nous nous sommes engagés à impliquer les jeunes, et ce, à travers plusieurs organisations parallèles, dans l’objectif de les mettre au-devant de la scène et de mieux les préparer à occuper des postes de responsabilité.

C’est, d’ailleurs, ce qui s’est passé à l’occasion des élections de 2021, lorsque le parti a présenté plusieurs jeunes candidats, dont six «lauréats» de la Jeunesse du RNI qui sont parlementaires. Il ne faut pas oublier toutes celles et ceux qui ont un mandat dans les communes, les conseils régionaux ou encore provinciaux.

En effet, sur les 10.000 élus du parti, 3.500 ont moins de 40 ans. Loin des faux slogans, il s’agit là d’un vrai acquis. Pour ce qui est de l’action sur le terrain, nos jeunes sont politiquement engagés et la Jeunesse accompagne cette dynamique par le biais de grands événements, comme cette université certes, mais aussi par l’organisation de forums régionaux et provinciaux, notamment ceux relatifs à la présentation du bilan mi-mandat de l’action gouvernementale.

Un tel événement vous permet-il de recruter plus de jeunes et de les intéresser à la politique ?
C’est une initiative qui tend effectivement à intégrer les jeunes dans l’action politique, mais aussi le recrutement des jeunes compétences en vue de les réconcilier avec l’engagement politique dans sa noble perception.
Dès 2017, nous étions conscients de la difficulté de notre mission. Surtout qu’il fallait changer l’image stéréotypée que les jeunes ont de l’action politique. Ils n’y voyaient aucun intérêt notamment lorsqu’elle était monopolisée par certaines franges du tissu sociétal : des notables, des professionnels des élections quand ce n’était pas des dynasties qui avaient la mainmise sur le champ partisan et pour lesquelles la politique était synonyme d’intérêts personnels.

Par ailleurs, l’image de la politique se réduirait à des promesses trompeuses, qui ne seraient pas suivies de réalisations. En même temps, nous avions les orientations de SM le Roi qui n’a eu de cesse d’appeler les jeunes à s’impliquer dans l’action politique en vue de remédier aux dysfonctionnements qui la marquait.
Notamment en rehaussant le débat politique avec comme baromètre la participation aux élections.

Quelles ont été les principales thématiques de discussion lors de cette Université ?
Outre le côté formation, cet événement a été l’occasion pour les jeunes d’exprimer leurs ambitions, leurs idées et leurs aspirations. Mais aussi, parfois, d’émettre des critiques sur des dossiers dont la résolution devrait être accélérée. Ces jeunes donnent le pouls de la société aux responsables.
Dans notre communiqué final d’ailleurs, tout en saluant les acquis, nous avons appelé à accélérer certains chantiers en vue d’honorer les engagements pris envers les citoyens, avec un intérêt tout particulier à la problématique de l’emploi.

L’événement a été aussi une opportunité pour que ces jeunes s’approprient les valeurs et les idées du parti, ainsi que les éléments de langage relatifs au discours du RNI, sa méthodologie de travail et du plaidoyer. Ces jeunes sont des ambassadeurs du parti auprès des populations.
Nous estimons que le rôle des partis politiques consiste à encadrer des citoyennes et des citoyens, alors les jeunes militants ont besoin de ces outils pour remplir au mieux leur rôle dans toutes les régions du Royaume.
Ceci dit, plusieurs sujets ont été abordés à travers les workshops, dont le bilan à mi-mandat, les réformes du système de la santé, de l’enseignement, de l’investissement, le rôle des jeunes, la question de l’identité nationale, etc..