Pouvoirs
En Couv’. Social : Ces aides directes qui font du bien
Soutien du pouvoir d’achat, accès au logement, assurance médicale…, les filets sociaux qui placent le citoyen au cœur de la démarche se déploient de manière efficace et efficiente. Et leur première évaluation laisse ressortir une satisfaction des bénéficiaires.
En matière de soutien à la population vulnérable, un changement de paradigme s’imposait depuis plus d’une décennie : le mécanisme de compensation pour soutenir les prix des produits de base montrait déjà des signes d’essoufflement et la piste d’octroi d’aides directes aux ménages dans le besoin faisait déjà son bonhomme de chemin.
Dans plusieurs de ses discours, SM le Roi Mohammed VI a appelé à une convergence des différents programmes sociaux menés au Royaume (Tayssir, Ramed et autres programmes) pour lesquels des milliards de dirhams ont été mobilisés.
Depuis, les chantiers de mise en place d’un Registre national de la population ainsi qu’un Registre social unifié avaient été amorcés pour optimiser le ciblage des foyers à soutenir. Mais l’aboutissement de ces bases de données n’a pu effectivement être réalisé que courant 2023 : avec le démarrage des inscriptions sur le Registre social et l’établissement de scoring pour déterminer le seuil d’éligibilité des ménages.
Un processus qui a été couronné par le versement des premières aides aux bénéficiaires en décembre 2023. C’est que le gouvernement Akhannouch, depuis sa nomination, a mis les bouchées doubles pour mener à bien ce chantier royal, maillon essentiel d’une vision holistique de consolidation des fondements de l’État social.
D’ailleurs, une année avant les aides sociales directes, le gouvernement a réussi à déployer une autre réforme capitale : la généralisation de l’Assurance maladie obligatoire (AMO) et particulièrement le basculement des anciens bénéficiaires du Régime d’assistance médicale aux économiquement démunis (Ramed) vers la CNSS.
Ces deux réformes structurelles mises en œuvre méthodiquement et équitablement ont révolutionné la politique sociale du Royaume, lequel se retrouve propulsé dans le sélect club de pays aux filets sociaux fiables et efficaces. Une panoplie d’indicateurs est là pour en attester…
Des milliards pour le soutien
«En consacrant environ 2% de son PIB au financement de ce Programme d’aide sociale directe (PASD), le Maroc se positionne au deuxième rang des pays africains en matière de soutien social».
Aziz Akhannouch n’a pas manqué de relever ce constat devant les élus de la Nation à l’occasion de la présentation du bilan d’étape du déploiement de ce programme, lors d’un passage au Parlement en mai dernier. Un effort budgétaire considérable a été alloué au PASD : 25 milliards de dirhams en 2024, puis 26,5 milliards pour l’année en cours et 29 milliards prévus pour 2026.
À fin mai, environ 4 millions de foyers, regroupant près de 12 millions de Marocains, ont bénéficié du PASD qui consiste concrètement en l’octroi d’une aide financière mensuelle aux familles éligibles : le minimum est de 500 dirhams par mois et le montant peut grimper jusqu’à 1.200 dirhams, selon la composition et la situation du ménage.
Le nombre d’enfants inclus dans le spectre de cette aide directe a dépassé les 5,5 millions, tandis que plus d’un million de personnes âgées de plus de 60 ans ont reçu cette subvention mensuelle forfaitaire pour renforcer leur pouvoir d’achat et atténuer les risques associés au vieillissement.
Par ailleurs, quelque 3,2 millions de foyers bénéficiaires du PASD disposent également de services de l’Assurance maladie obligatoire (AMO) à travers les cotisations prises en charge par l’État. Les derniers chiffres de cet AMO-Tadamon font état de 11 millions de bénéficiaires qui ont désormais accès gratuitement aux soins dans les établissements hospitaliers publics ainsi qu’aux prestations du secteur privé, via la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), dans les mêmes conditions que les autres assurés.
Depuis son lancement et jusqu’à fin mars 2025, plus de 14 millions de dossiers médicaux ont été déposés dans le cadre de ce régime : parmi eux, 12 millions ont été traités, dont plus de 300.000 concernaient des maladies chroniques ou lourdes. Et le gouvernement se montre rassurant quant à la viabilité de l’AMO-Tadamon, avec une prise en charge directe des cotisations des familles éligibles pour un montant annuel de 9,5 milliards de dirhams.
Habitat, inclusion financière
Le changement d’approche va au-delà du renforcement du pouvoir d’achat des ménages en situation de précarité et de la couverture de leurs dépenses de santé. La réforme a également concerné le domaine de l’habitat: exit les exonérations fiscales concédées aux promoteurs, sous le gouvernement Akhannouch, des aides directes sont désormais accordées à la classe à revenu modeste et à la classe moyenne pour accéder à la propriété.
La ministre de l’Habitat et de la politique de la ville, Fatima-Zahra Mansouri, avait indiqué à la Chambre des représentants que le nombre de demandes d’aide directe au logement a atteint 128.528, dont 48.000 dossiers bénéficiaires. Selon ses derniers chiffres, l’enveloppe globale des aides octroyées s’élève à 3,8 milliards de dirhams (MMDH), sachant que 54% des bénéficiaires ont reçu une subvention de 70.000 dirhams, tandis que le reste a obtenu une aide de 100.000 dirhams.
Le secrétaire d’État chargé de l’Habitat, Adib Benbrahim, a même actualisé cette semaine le nombre de demandeurs qui atteignent les 167.000 personnes, tout en annonçant un dispositif pour favoriser la création d’une dynamique économique locale et renforcer l’offre de logement dans les zones rurales et montagneuses.
Les effets induits de ces différents programmes sociaux sont multiples. On peut citer à titre d’exemple l’inclusion financière: Nadia Fettah a récemment indiqué que 79% des bénéficiaires sont bancarisés, sachant que les établissements bancaires ont mis en place des offres adaptées: les frais appliqués ne dépassent pas les 5 dirhams par mois.
En plus de déployer efficacement ces différentes aides directes, le Royaume s’inscrit dans un processus d’évaluation rigoureux de ses politiques sociales. Pionnier dans cette démarche, l’Observatoire national du développement humain (ONDH) vient de rendre publique une double enquête quantitative et qualitative pour déterminer le niveau de satisfaction des bénéficiaires du PASD (voir ci-contre).
Une initiative qui permet d’observer les effets induits par la mise en œuvre de ce programme, mais aussi d’évaluer les expériences des citoyens dans leur interaction avec ce programme de soutien et de recueillir leurs avis quant à la qualité des prestations qui leur sont dispensées. Et il faut reconnaître que le niveau de confiance est assez élevé…

