En Couv
En Couv’. Ces élus qui risquent la prison
Il serait difficile de dresser une liste exhaustive des hommes politiques, parlementaires et responsables locaux qui font l’objet de poursuites judiciaires pour mauvaise gestion. Mais une chose est sûre, depuis la levée de l’immunité parlementaire, ces procès se sont multipliés. Si aujourd’hui l’affaire de l’ex-ministre Mohamed Moubdii est sur toutes les langues, il n’est pas le seul à se retrouver dans cette situation. Des exemples…
Rachid El Fayek du RNI

À la veille des élections du 8 septembre, Rachid El Fayek était l’homme fort de Fès. Il venait de rejoindre le RNI en provenance du PAM, parti qu’il avait rejoint après avoir quitté l’Istiqlal. Président de la commune d’Oulad Tayeb et député de Fès, il régnait en maître dans cette région. Il est actuellement en détention. Il a été condamné, en décembre, à six ans de prison ferme pour détournement de fonds, dilapidation de deniers publics, falsification de documents officiels et abus.
Moh Rejdali du PJD
L’ancien député PJD a été entendu en décembre dernier par la police judiciaire dans le cadre de l’affaire liée au scandale immobilier de Témara. Le dirigeant islamiste a été convoqué au siège de la BNPJ à Casablanca en tant que président de la commune à l’époque des faits. Au stade où en est l’enquête, la justice a fait appel au politicien islamiste en tant que témoin dans cette affaire. La BNPJ cherchait à déterminer la nature de l’intervention de la commune dans ce dossier.
Abdessamad Khanani du PPS
Le député et président de la commune de Boujniba, près de Khouribga, a été condamné, en première instance, en décembre 2021, à trois ans de prison ferme. Il est accusé, entre autres, de détournement de fonds, de dilapidation de biens publics. Le verdict a été rendu par la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Casablanca. Aujourd’hui, il continue d’exercer pleinement son mandat de député parlementaire et de président de commune. Son procès est toujours en cours.
El Habib Choubani du PJD
Ancien député d’Errachidia depuis 2002, ministre entre 2012 à 2015, et puis président du Conseil régional, il a fait l’objet, fin 2020, d’une enquête menée par la brigade de la police judiciaire chargée des crimes financiers à Fès. L’ex-ministre est poursuivi pour mauvaise gestion, dilapidation des biens publics et est impliqué dans des affaires d’attribution de marchés publics. L’enquête avait mentionné des marchés publics lancés par le Conseil régional de Draâ-Tafilalet.
Saleh El Malouki du PJD
En 2020, la Cour régionale des comptes d’Agadir a déféré devant la Justice le président islamiste du Conseil de la ville à cette époque qui était également parlementaire. Il venait d’ailleurs de faire l’objet d’un rapport accablant de l’IGAT, dans lequel l’inspection générale de l’Intérieur a mentionné de graves dysfonctionnements dans la gestion de la commune et des infractions à la réglementation des marchés publics. Son audition avait été reportée alors, à cause de l’état d’urgence sanitaire. L’affaire est restée sans suite.
Hassan Derham du RNI
Le politicien et homme d’affaires, député et ex-président de la commune El Marsa, aux environs de Laâyoune, qu’il a présidée pendant trois mandats, jusqu’en 2012, sous les couleurs de l’USFP, a été rattrapé par les années de sa gestion de la commune.
Élu en 2021 sous la bannière RNI à la première Chambre, il fait l’objet d’une enquête menée par le juge d’instruction chargé des crimes financiers à la Cour d’appel de Marrakech, pour des soupçons de détournement et de dilapidation de fonds publics, faux et usage de faux et participation. Les faits remontent à la période entre 2010 et 2012.
Omar Hjira de l’Istiqlal
Le procès de l’ancien président istiqlalien de la commune d’Oujda est de ces affaires qu’on prend en exemple en évoquant l’impunité de certains élus devant la loi. Condamné le 20 mars 2019 par la Chambre des crimes financiers de la Cour d’appel de Fès à deux ans de prison ferme, pour détournement de fonds et irrégularités des marchés publics, il a décidé d’introduire un pourvoi en cassation. Le 6 juillet 2022, la décision de la Cour tombe, le jugement du député est annulé. L’affaire est de nouveau devant la Cour d’appel.
Abdenbi Bioui du PAM
Le président du Conseil régional de l’Oriental, ancien député, est toujours poursuivi dans la même affaire que le député istiqlalien. Contrairement à ce dernier, il n’a été condamné, lui, qu’à un an de prison ferme pour les mêmes chefs d’inculpation. Le jugement a été rendu en appel, mais après un pourvoi en cassation, cette juridiction a décidé de renvoyer l’affaire devant la Cour d’appel de Fès. Ayant été poursuivis, tous les deux, en liberté provisoire, ils n’ont jamais été emprisonnés.
Zine El Abidine Houass de l’Istiqlal
Lui, c’est l’«Affaire des 17 milliards de centimes». L’ex-député et ancien président de la commune de Had Soualem (Casablanca) a écopé de 7 ans de prison ferme en 2019. Il a été condamné par la Chambre criminelle chargée des crimes financiers près la Cour
d’appel de Casablanca. La Justice a ordonné également la saisie de ses biens. Il a été accusé, entre autres, de falsification de documents administratifs et dilapidation des biens publics. Une perquisition à son domicile a permis la découverte de 170 millions de dirhams cash.
Mohamed El Hafiani du PJD
Ancien député et ex-président de la commune de Sidi Slimane, le politicien islamiste a été d’abord suspendu de ses fonctions de
président par le ministère de l’Intérieur sur la base du rapport de l’Inspection générale de l’administration territoriale (IGAT).
Ensuite, il vient d’être convoqué, il y a quelques semaines, par la police judiciaire de Rabat. Il doit répondre de plusieurs irrégularités dans la gestion de la commune. On lui reproche plus particulièrement la gestion de certains marchés publics et des irrégularités dans la gestion des biens de la commune.
Ahmed Idrissi du PAM
L’ancien président de la commune de Gzenaya (Tanger) et conseiller parlementaire a été mis sous contrôle judiciaire. Il est interdit de quitter le territoire. Convoqué plusieurs fois par la Police Judiciaire, il a refusé de répondre aux convocations, ce qui a
poussé le parquet à ordonner son interpellation, mais il est poursuivi, depuis mars de l’année dernière, en liberté provisoire. Il doit répondre des accusations d’infraction aux lois de l’urbanisme entre autres irrégularités entachant sa gestion de la commune.
Mehdi Atmoun du MP
Moins d’une semaine après l’arrestation de Mohamed Moubdii, un autre dirigeant haraki, Mehdi Atmoun, conseiller à la deuxième Chambre, a comparu devant la Cour d’appel de Casablanca. Son procès reprend dans la Chambre chargée des crimes financiers. Le conseiller parlementaire a comparu pour la première fois devant cette instance en janvier pour répondre des accusations de dilapidation des deniers publics. Il est poursuivi suite à un rapport de la Cour régionale des comptes après une mission dans la commune de Khouribga dont il a été président.
Mohamed Karimine de l’Istiqlal
«Monsieur viandes rouges». Pour ceux qui ne le savent pas, le président de l’interprofessionnelle des éleveurs était également un homme politique, député et éternel président de la commune de Bouznika. Il vient d’être suspendu, tout récemment, de la charge communale. En même temps, il doit répondre d’accusation d’infraction à la réglementation des marchés publics. Il a déjà été condamné par la Cour d’appel de Casablanca à quatre ans de prison avec sursis. Le jugement a été annulé par la Cour de cassation, mais l’affaire est toujours en cours.
Mohemed Idaamar du PJD
Octobre 2022, la Chambre criminelle près la Cour d’appel de Tétouan entamait le procès de l’ancien député et maire de la ville.
Il est accusé de falsification de documents officiels. Une mission de l’IGAT, dépêchée par le ministère de l’Intérieur, a d’ailleurs relevé plusieurs irrégularités dans la gestion des affaires de la ville qu’il a dirigée pendant une dizaine d’années.
