Diplomatie
Économie, une nouvelle approche pour faire des affaires
Unique porte d’entrée sécurisée depuis la Méditerranée, le Maroc peut compter sur un foisonnement d’entreprises et un tissu logistique déployés pour bétonner sa présence en Afrique subsaharienne. Une réalité qui ne risque pas de changer.
Ce qui fait la force du Maroc en Afrique, c’est que ses relations économiques avec les pays du continent sont fondées sur le principe du respect mutuel et sur la prédominance de l’approche gagnant-gagnant. L’une des caractéristiques principales de sa politique africaine, c’est la progressivité dans sa démarche. Dans un premier temps, le Royaume s’est engagé dans ce que certains analystes qualifient d’une «somme de coopérations bilatérales». Ensuite, il est passé, ces dernières années, à l’étape suivante, celle de la conclusion d’une série d’accords de partenariats stratégiques, pour finir avec la mise en place de mégaprojets économiques et d’infrastructures à même de créer ou renforcer l’intégration interrégionale. Selon le Wilson Center, «le Maroc montre aussi la voie vers une plus grande intégration en Afrique, à travers une politique régionale productive et humaniste». Le Maroc, estiment les analystes de ce think tank américain, «a reconnu le besoin d’une diversification des marchés et s’est positionné pour bénéficier de la croissance économique et démographique attendue en Afrique subsaharienne dans les années à venir, et ce, en développant les investissements et les opérations commerciales dans la région». Mais au-delà de la dynamique des investissements, et c’est sans doute le point fort du Royaume, la stratégie africaine du Maroc comprend aussi la formation au développement, l’éducation et le développement des infrastructures. Une politique que l’OCP, à travers sa filiale africaine, a réussi à concrétiser sur le terrain. Implanté par le biais d’une succursale dans une douzaine de pays africains et présent dans quatre autres, le groupe traduit sur le terrain la vision marocaine du partenariat intra-africain. Tout cela en s’appuyant sur des ressources humaines locales qui contribuent directement à la mise au point de produits localement adaptés. La démarche est porteuse au point que la Russie, l’un des grands producteurs d’engrais, a tenté de la dupliquer au Cameroun.
Accompagnement juridique
Évidemment, aux côtés du groupe public, plusieurs autres entreprises dans des domaines aussi variés que nombreux, publiques et privées, se sont installées dans différents pays de l’Afrique. Le constat est là, au-delà de la présence commerciale de certaines entreprises, des banques, des télécoms, entre autres, la majorité des projets de partenariat entrepris par le Maroc avec les pays africains prennent forment et se concrétisent de manière effective dans les délais prévus. La Côte d’Ivoire est citée dans ce cadre comme exemple, puisque sur les 120 projets engagés dans ce pays depuis 2014, plus de la moitié ont déjà vu le jour. Y compris certains projets que devaient initialement réaliser des entreprises françaises, mais qui ont finalement été confiés aux entreprises marocaines.
Cela dit, pour accompagner ces entreprises et sécuriser, juridiquement, ses investissements et ses échanges commerciaux, le Royaume a conclu une multitude d’accords et de conventions avec la plupart des pays du continent. En ce sens, depuis l’an 2000, le Maroc a ratifié, dans différents domaines de coopération, plus de 1.000 accords avec les pays africains. Il est inutile de préciser que parmi ces accords figure une multitude de conventions portant sur la protection des investissements. Bref, le Royaume apporte ainsi son expertise en partageant son savoir-faire avec ses pairs africains afin de concrétiser les ambitions d’un nouveau modèle de coopération Sud-Sud mutuellement bénéfique. Une approche impliquant des formules public/privé et une coopération triangulaire avec les partenaires du Nord. Une approche, la réalité sur le terrain en témoigne, qui ne saurait souffrir des changements politiques que pourraient connaître certains pays.
Hormis les inconvénients de fermeture de l’espace aérien et des frontières terrestres qui occasionnent quelques désagréments, notamment pour les exportateurs, les changements brusques en Afrique n’ont en rien altéré, en tout cas jusqu’à aujourd’hui, les relations de partenariat entre les pays concernés et le Royaume. Il faut souligner que les accords signés par des États sont dûment enregistrés auprès des organismes onusiens dédiés. De même qu’à de rares exceptions près, l’Algérie, la Libye, l’Éthiopie, les deux Soudan et quelques autres États de la région, tous les pays de l’Afrique sont membres de l’Organisation mondiale du commerce. Une garantie de plus, s’il en est besoin, de la sécurité juridique des accords signés, y compris par les acteurs privés. Et par-dessus tout, dès sa création, le Maroc est l’un des premiers pays à faire partie de la ZLECAf, dont la date de l’opérationnalisation remonte à janvier 2021. Faut-il rappeler que l’accord de création de la zone de libre-échange continentale prévoit, entre autres, la libéralisation progressive du commerce des marchandises et des services, la coopération en matière d’investissement, de droits de propriété intellectuelle et de politique de concurrence.
Le Maroc, un hub économique
En attendant l’entrée en activité, dans les prochaines années, du port de Dakhla-Atlantique, Tanger-Med et bientôt Nador-West font déjà du Maroc la principale porte d’entrée en Afrique subsaharienne et même au-delà.
C’est une position que seule l’Égypte est en mesure de convoiter. Mais certainement pas dans la conjoncture actuelle, en raison de cette zone d’instabilité qui s’étend depuis le Soudan jusqu’aux frontières marocaines. Le point fort du Royaume, c’est donc ses infrastructures logistiques, surtout avec l’ouverture et l’achèvement de la voie express Tiznit-Dakhla. Le Maroc s’appuie également, depuis déjà des années, sur un réseau d’entreprises, notamment dans les banques et l’assurance, mais aussi les télécommunications, entre autres, qui favorisent l’investissement et l’installation des acteurs économiques dans divers domaines, et donc une présence économique très forte. Et ce, non seulement pour les entreprises marocaines, mais également pour celles qui auront choisi le Maroc comme hub pour leur expansion dans le continent.
