Pouvoirs
De l’Indépendance à l’Unité, le sens des mots
À la veille de la célébration du cinquantenaire de la Marche Verte et du 70e anniversaire de l’Indépendance, et suite à l’adoption de la résolution du Conseil de sécurité 2797/2025 sur le Sahara marocain, le 31 octobre, le Souverain a décrété cette journée «Fête de l’Unité». Tout un symbole.
Le la Fête de l’Indépendance à la Fête de l’Unité, en passant par la commémoration de la Marche Verte, ces trois moments historiques jalonnent la grande marche d’un Royaume uni autour de ses valeurs, cimenté par l’institution monarchique et qui avance à pas sûrs sur le chemin du développement.
Certes, l’on peut parler d’une kyrielle de symboles de ces trois dates de référence dans le narratif national du Maroc dont elles sont l’incarnation, mais au-delà elles sont aussi et surtout l’expression d’une identité collective inscrite dans le marbre et façonnée par les innombrables luttes que le Royaume a livrées pour d’abord recouvrer son indépendance sous la houlette de feu S.M. Mohammed V, puis pour parachever son intégrité territoriale sous le leadership de feu S.M Hassan II à la faveur de l’épopée de la Marche Verte et, enfin, pour faire aboutir ce long processus, marqué d’éclatantes victoires diplomatiques, sous la conduite de S.M. Mohammed VI.
Un processus couronné par l’adoption de la résolution du CS consacrant la prééminence de l’Initiative d’autonomie comme unique base de toute solution et la souveraineté marocaine comme cadre légal.
Or, s’il est une constante historique dans cette marche de la nation marocaine, elle est l’incarnation de cette unité indéfectible entre la Monarchie et le peuple marocain. Une unité qui a fait ses preuves devant toutes les adversités auxquelles le Royaume a dû faire face.
Et les célébrations, à travers des marqueurs historiques, sont, dans ce sens, le condensé d’une mémoire collective, conjuguée à une cohésion nationale à toute épreuve, corollaires de transmission des valeurs communes. D’autant plus, diront les historiens, que ces moments renforcent le sentiment d’appartenance de la même manière qu’ils transcendent les différences de tous genres.
Références historiques
Dans cette matrice, l’on rappellera la manière dont les Marocains avaient accueilli le retour triomphal de feu SM Mohammed V de l’exil. C’était le 16 novembre 1955. Une date à jamais gravée dans la mémoire de tout un peuple qui plus est a marqué «un tournant décisif dans l’Histoire du Maroc».
Deux jours plus tard, l’artisan de l’Indépendance, avec à ses côtés SAR le Prince Héritier feu SM Hassan II, déclarait : «Nous nous réjouissons de pouvoir annoncer la fin du régime de tutelle et du protectorat et l’avènement d’une ère de liberté et d’indépendance», annonçant par la même occasion que le peuple marocain passe de la bataille du «petit jihad» à celle du «grand jihad». Une page a ainsi été tournée et une autre a été ouverte.
Celle de la construction et de l’édification du Maroc moderne. Un Maroc résolument tourné vers l’avenir. Ainsi, dès 1956, le Royaume amorce une transformation politique et administrative majeure, allant dans le sens de rompre avec l’héritage du protectorat. Trois ans plus tard, l’on assistera à la mise en place d’un système administratif moderne dont les axes sont la décentralisation, la déconcentration et la régionalisation.
Cette même année verra l’instauration de 800 collectivités territoriales de base, ainsi qu’un système électif pluraliste pour les Conseils communaux et le suffrage universel.
Sur le plan économique, le Maroc a adopté une vision basée sur des plans de développement pour amorcer une dynamique vertueuse de son économie. Ces plans avaient notamment pour objectif l’industrialisation du pays.
Un accent particulier a été mis dans ce sens sur l’impératif de fructifier l’activité du secteur minier, le développement du secteur agricole, en vue d’assurer la souveraineté alimentaire, et la formation des cadres pour mieux gérer, avec la matière grise marocaine, les affaires du Maroc.
Ceci sans occulter la promotion des différentes infrastructures du pays. Et l’un des exemples phares que les historiens retiennent est celui de «Tarik Al-Wahda» (la Route de l’unité), construite, entre juillet et septembre 1957, par 11.000 jeunes venus de toutes les régions du Royaume suite à l’appel à la mobilisation de feu SM Mohammed V.
Cette route, pour rappel, a été destinée à relier le nord au sud du Royaume. Et pour donner tout son sens à cette mobilisation, feu SM Hassan II, alors Prince Héritier, était à la tête des volontaires. L’ardeur de tout un peuple est à l’œuvre.
La même ferveur populaire marquera aussi les esprits lorsque feu S.M. Hassan II lancera, le 16 octobre 1975, son appel à la Marche Verte. Là encore, l’élan unitaire a été de mise et le peuple marocain répondra d’une seule voix en adhérant à la démarche du défunt Souverain.
L’Histoire retiendra ces mots de feu S.M. Hassan II, dans un discours adressé à la nation le 5 novembre 1975 : «A peine avions-Nous annoncé Notre décision d’entreprendre cette Marche bénie que tu t’es porté d’un même élan pour répondre à Notre appel. Du reste, cette noblesse a toujours été ton apanage».
Le jour d’après, ce sont pas moins de 350.000 volontaires – et ils auraient pu être davantage nombreux, Coran et drapeaux pour uniques armes –, qui franchiront les frontières imaginaires entre le nord et les provinces du sud du Royaume. Là encore, ce fut une nouvelle démonstration de ce qu’est l’élan unitaire qui a de tout temps été un trait de caractère du Royaume.
Cinquante ans plus tard, à quelques jours de la célébration d’un demi-siècle de la Marche Verte, on aura droit à une nouvelle manifestation de ce qu’est ce sens de l’Unité.
Le 31 octobre, SM Mohammed VI prononce un nouveau discours historique suite à l’adoption par le Conseil de sécurité de l’ONU de la résolution 2797. Reliant le présent à l’Histoire, S.M. le Roi souligne: «C’est un véritable motif de fierté que ce changement historique intervienne à la période où sont commémorés respectivement les cinquantième et soixante-dixième anniversaires de la Marche Verte et de l’Indépendance du Maroc». La trame est ainsi tissée.
