Partis
Ces formations politiques qui subsistent aux crochets de l’État
Il y a celles qui arrivent, plus ou moins, à s’en sortir grâce à leurs propres moyens, celles dont les finances souffrent et d’autres qui ne survivent que grâce au soutien de l’État. La Cour des comptes a dressé le topo.
C’est comme dans une salle de classe. Il y a les bons, les moins bons et les autres. Au cours de l’exercice 2022, l’État a injecté pour près de 153MDH dans les caisses des partis politiques. Soit un peu plus de 53% de l’ensemble des fonds de roulement des 19 formations qui ont bénéficié du soutien étatique. La démocratie a un prix, le pluralisme politique aussi. Bref, c’est une moyenne qui cache la répartition dans l’absolu mais aussi quelques nuances. Des fonds, on s’en doute, dont la majeure partie couvre les frais de gestion de ces formations (le personnel, les locaux, etc.), mais aussi la tenue des congrès de certaines d’entre elles (trois en tout et pour tout) pour l’exercice abordé. Sans omettre les dépenses affectées pour les missions, les recherches et les études, en vigueur depuis fin 2022.
Ainsi, si on prend le RNI, ses fonds propres ont représenté 61% de son budget pour l’année, soit l’équivalent de plus de 31MDH. Un état de santé financière largement dû à la discipline des cotisants dont le total des contributions a dépassé les 31,415 MDH. Autant en déduire que la rigueur de la gestion financière et la mobilisation des militantes et des militants donnent bien leurs fruits en évitant à la formation de la Colombe de tomber dans l’étroitesse.
Le PAM, dont les fonds propres représentent 58%, se retrouve en deuxième position en total budget. Par ailleurs, si le budget global du parti du Tracteur, pour l’exercice approché, a été d’un peu plus de 39 MDH, la part des cotisations a, elle, frôlé les 8 MDH.
Avec un peu plus de 19 MDH comme budget, le PI se positionne à la troisième marche du podium en termes de fonds. Néanmoins, il faut relever que les fonds propres du parti de la Balance ne représentent pas plus de 26% du total, selon les chiffres de la Cour des comptes. Sachant que le soutien public s’est élevé à plus de 14 MDH. Quant à la part des cotisations, elle était de pratiquement 1,5 MDH.
La situation était plutôt inquiétante pour l’état de santé financière de l’USFP. Grande formation, de par son histoire, parmi les grandes, le parti de la Rose a tourné avec un budget d’un peu plus de 8,326 MDH en 2022. Il était quasiment sous perfusion, puisque la part de l’État a été de 81% dans son fonds de roulement au cours de l’année en question. Les militants ne semblent pas avoir été «généreux», les cotisations n’ayant été que d’un peu plus de 987.000 dirhams. On ne se bouscule pas ! Du côté du PPS, ce n’est pas la joie non plus. En effet, sur les quelque 9 MDH de budget, la part des fonds propres n’a été que de 38%, le soutien public ayant dépassé les 5,5 MDH durant l’exercice en question. Mais il est néanmoins à relever que les cotisations, pratiquement 3,5 MDH, ont été au rendez-vous.
Passée la période faste de deux mandats aux manettes, les fonds propres du PJD n’ont représenté que 52% du budget général du parti de la Lampe, qui était d’un peu plus de 7,65 MDH. Côté cotisations, elles étaient d’un peu plus de 3,8 MDH. Il n’a eu, quelque part, son salut que grâce au soutien supplémentaire relatif à la case «mission, études et recherche».
Pour ce qui est de l’UC, sans le soutien public, il aurait passé à côté de l’arrêt cardiaque. En effet, sur les 4,5 MDH de fonds de roulement, la formation du Cheval n’a mobilisé que 0,2% de fonds propres. À remarquer, soit dit en passant, que pas un dirham n’était le fruit d’une cotisation.
Pour le MP, l’année a été bouclée avec un budget d’un peu plus de 3,2 MDH, dont 73% de fonds propres. Un budget qui a été dopé grâce aux cotisations qui ont frôlé 2,9 MDH, et ce, à la faveur de l’aide supplémentaire relative au soutien supplémentaire pour la promotion de la représentativité des femmes. Le parti n’ayant pu bénéficier d’aucun sou de la part de l’État. À en déduire que la formation de l’Épi aurait des «arriérés» à honorer.
Il est à noter, en outre, que, globalement, les indicateurs relatifs aux fonds propres ont été au rouge pour la plupart des partis du landerneau politique marocain. Avec un pourcentage de 22% par rapport à 2021, année électorale. La raison en est, explique la Cour des comptes, le repli constaté au niveau des cotisations. Ceci explique peut-être cela !
INSOLITES !
Il ne suffit pas de se déclarer parti politique pour pouvoir prétendre au soutien financier public. La loi sur les partis est claire et il faut remplir certaines conditions pour en bénéficier. Cela, tous les acteurs le savent, bien qu’il y en ait certains qui «jasent». Autrement, il suffit de répondre aux critères. Pour 2022, ils sont 15 à ne pas avoir reçu de subventions. Dont certains sont connus pour faire monter les surenchères juste pour se faire entendre.
Maintenant, il y a même des cas extrêmes. Particulièrement, des «hizbicules» qui ont déclaré avoir tourné avec 5.000 DH sur l’année 2022, voire une petite centaine de dirhams.
Sur ce rayon de l’insolite, on jettera un petit regard furtif du côté des formations où les adhérents ne sont pas très chauds à régler leurs cotisations. Sans parler de ceux qui ne donnent rien.