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Influences

Télévision : Ces stars qui ont brillé ce Ramadan

Le petit écran déploie ses fictions dans un tourbillon cathodique. Entre intrigues savoureuses et plateaux survoltés, les chaînes rivalisent de séries et téléfilms. Un ring télévisuel où maîtrise et maladresse s’entrechoquent sous le regard impitoyable d’un public qui zappe vite.

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Le petit écran marocain balance, pendant Ramadan, son cortège de fictions – un rituel cathodique où le ftour se déguste autant que les intrigues. Sous les néons criards des plateaux, ça grouille, ça gesticule, ça braille parfois, et l’écran crache ses stars surbookées et ses novices affamés de gloire.

Abdellah Didane, caméléon vorace, squatte plusieurs rôles comme on envahit un souk – trop fort, trop partout, au bord de l’indigestion. Dounia Boutazout, tornade en djellaba, cabotine jusqu’à s’arracher la voix. Les anciens plantent leurs timbres rocailleux comme des rocs dans ce bordel, pendant que des mômes, comme Nihal Essalama Choukri, tapent avec une rage encore fraîche.

Parmi les espoirs (ou pas), beaucoup de trentenaires aguerries : certaines, diplômées de l’Institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle (ISADAC), ont sué sur les planches, d’autres, venues de la beauté ou de la mode, ont bifurqué vers l’écran. Parcours éclatés, mais une seule obsession : jouer.

Côté cachets, ça varie, selon un pro du milieu: Les confirmés empochent entre 120.000 et 200.000 dirhams – ça grimpe pour les têtes d’affiche – tandis que les débutants jonglent entre 40.000 et 50.000 dirhams, jusqu’à 80.000 ou même 100.000 dirhams, selon la série et le nombre de scènes». Ramadan, c’est un ring : ça brille ou ça s’effondre, sous l’œil narquois d’un public qui zappe sans merci. Bienvenue dans la foire aux talents, où le génie flirte avec le too much.

Le petit écran en mode «trop, c’est trop»

Abdellah Didane : Le caméléon

Quand le jour s’éteint, Abdellah Didane squatte l’écran. Né en 1968 à Rabat, fils d’un soldat, il a grandi à Bab Chaâfa, à Salé, coin râpeux où le théâtre, «père des arts», l’a sauvé des tempêtes. De «Fonoun» à la télé, en passant par le cinéma, il a tracé. Ramadan 2025, il est partout : grippe-sou plumeur de nièces ; mari volage à claques ; baron de la dope ; tyran fou de sa femme… Trop, c’est trop ? Peut-être pour le spectateur, qui frôle l’overdose. Trop de Didane tue le Didane ? Possible, mais ce caméléon sidère par sa capacité à se réinventer. Chaque rôle est une peau neuve, taillée dans l’intensité brute qu’il a peaufinée sur les planches, évitant le déjà-vu avec une maîtrise héritée de ses mentors. Son défaut ? Cette omniprésence brouille les pistes – on finit par se demander où s’arrête l’acteur et où commencent ses masques. Son génie ? Il reste crédible, même quand on le croise à tous les coins de rue cathodique, porté par une énergie qui doit autant à son passé tumultueux qu’à son instinct de survivant…

Dounia Boutazout : L’ouragan en surchauffe

Quand le ftour sonne, Dounia Boutazout déferle sur l’écran. Née dans les eighties à Casablanca, cette tornade formée à l’ISADAC a pris la scène d’assaut dès 2006 avec «Rouge + Bleu = Violet». De la troupe Tensift à la télé avec «Chanily TV», elle a bâti son règne, reine de l’impro aux côtés d’Hassan El Fad. Ramadan 2025, elle cogne (très) fort dans la peau de Rkia, matriarche d’un gang de voleurs de bétail, cachant les secrets d’une fortune, mais c’est la tornade qui ne sait plus où souffler. Elle déferle sur l’écran : une veuve forte et indépendante ; une voisine intrusive et une épouse dépassée. Mais voilà, son jeu sent le réchauffé. Les mêmes cris stridents, les gesticulations de théâtre de rue, cette démarche chaloupée comme un chameau ivre : qu’elle porte un tailleur chic ou une djellaba râpée, on jurerait une bédouine paumée dans un souk. Elle cabotine à mort, et ça use. Pourtant, cette énergie brute, presque sauvage, continue de séduire les mordus du melo populaire. Reste à dompter ce volcan qui menace de tout carboniser, y compris son aura. Dounia, c’est du brut de décoffrage : ça passe ou ça casse, mais ça ne laisse pas indifférent.

Ayoub Abounnasr : La flamme qui crève l’écran

Ayoub Abounnacer, né en 1992 à Casablanca, s’est forgé un nom là où les spotlights tapent dur. Le théâtre ? Une trouvaille d’abord hasardeuse – colonies de vacances, maisons de jeunesse – avant de devenir son terrain de jeu à l’ISADAC dès 2014. Master en poche en 2023, il aborde l’art en scientifique. Écran et ciné, il les arpente sans trembler. Pour ce mois de diète, il monte en grade : un jeune ambitieux prêt à tout pour régner sur une ferme en ruine, son regard acéré et son énergie brute percent l’écran ; corsaire romantique qui mêle sauvagerie et fêlures dans une fresque qui cogne ; fils en rupture, déchiré entre racines et révolte, porté par une intensité qui claque. Frais, presque arrogant de naturel, il a cette flamme qui happe. Reste à limer les aspérités, à doser ses élans. Une étoile qui vise plus haut.