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Ouafa Hajji : «La loi-cadre s’impose comme un référentiel légal pour la parité»

Pour le Collectif «Parité Maintenant», l’atteinte de la parité et l’égalité passe par l’élaboration d’une vision globale qui capitalise sur les acquis cumulés au profit des femmes. Le cadre normatif est d’une grande importance pour la réalisation de cet objectif.

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La coordinatrice de ce Collectif explique la mobilisation de ce mouvement, né en 2020, pour l’adoption de la loi-cadre visant l’égalité entre les hommes et les femmes dans toutes ses dimensions, notamment l’égalité professionnelle, la lutte contre toutes les formes de vulnérabilité spécifique aux femmes, la protection des femmes contre la violence, l’amélioration de l’image de la femme dans les médias et la parité politique.

Le Collectif «Mounassafa Daba» reprend son action de plaidoyer pour l’égalité en soumettant la proposition de loi-cadre au Chef de l’Exécutif. Pourquoi une loi-cadre est-elle nécessaire ?
Le Maroc, comme les autres pays du monde, est passé par une période difficile, notamment la pandémie du Covid-19 dont les répercussions sociales ont été très lourdes. Durant ces deux dernières années, le Collectif «Parité Maintenant» a travaillé sur la question de la parité et de l’égalité et nous avons soumis notre pétition en 2020 et elle a été acceptée en décembre dernier par le Parlement. Ce qui est un bon point pour notre action de plaidoyer dont l’élaboration d’une loi-cadre s’impose dans la mesure où il faut un cadre légal, un cadre référentiel à mettre en place pour accompagner la revendication de l’égalité et la parité. Cette proposition s’inscrit dans le cadre de l’engagement du pays à «bannir et combattre toute discrimination à l’encontre de quiconque, en raison du sexe…» stipulé dans la Constitution de 2011.

Votre démarche a commencé après les élections de 2016. Quelles ont été les diverses étapes depuis ?
Le collectif «Parité Maintenant» est une initiative civile formée en 2020 par un certain nombre d’organisations de défense des droits des femmes et des droits humains, de leaders de partis et de syndicats, d’associations de la société civile, d’universitaires, de femmes et d’hommes des médias, d’artistes et d’intellectuels défendant les droits des femmes.
C’est le résultat d’un travail qui a été lancé en 2017 et qui fixe parmi ses objectifs la réalisation d’une parité globale à travers l’adoption d’une loi-cadre sur la parité à l’horizon 2030. Un «livre blanc» a été préparé, en 2018, pour la parité dans la sphère politique et institutionnelle. Il été élaboré suite à une étude des textes législatifs relatifs à la représentation des femmes dans les organes de décision et les institutions aux niveaux national et local. Nous ne sommes pas contentés de lister ces textes mais nous avons également soumis des propositions d’amendements pour la parité entre les hommes et les femmes.
Une campagne a été lancée en 2019 pour sensibiliser le grand public et la société civile et souligner que cette égalité ne concerne pas uniquement le politique mais aussi les autres domaines social, culturel et économique.

La pétition a été soumise en 2020 et acceptée en 2021. C’est un bon signe pour votre plaidoyer ?
Lancée en 2020, la pétition est signée par 75 personnalités nationales. Deux mois après, le nombre des signataires a dépassé 20.000. Le Collectif «Parité Maintenant» a remis la pétition au président de la Chambre des représentants en décembre 2020 et elle a été acceptée en juin de l’année suivante.
Il s’agit de la deuxième pétition acceptée depuis 2011. Oui, c’est un bon signe, cependant nous n’avons toujours pas de réaction du gouvernement à qui nous avons adressé la pétition en janvier 2023. L’absence de réponse n’est pas une réaction négative, ce qui est en soi un bon point, toutefois cela n’est pas positif. Peut-être que la question de la femme n’est pas une priorité de l’actuel gouvernement !

Êtes-vous découragée?
Nous poursuivons notre plaidoyer, car les mécanismes nécessaires doivent être mis en place pour réaliser les dispositions de l’article 19 de la Constitution de 2011. Nous allons donner du temps au temps et poursuivre notre plaidoyer. Par ailleurs, il y a du travail à faire pour mettre en place des mesures d’accompagnement, notamment au niveau de l’enseignement en introduisant la culture de l’égalité dans les écoles, au niveau des médias qui doivent introduire des émissions pour sensibiliser l’opinion publique, etc.