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Habillement pour l’Aïd: Une si chère tradition…

Faire plaisir aux enfants mais sans dépenser un gros budget. C’est le dilemme des familles à la veille de l’Aïd El-Fitr. Une moyenne de 700 dirhams fera l’affaire dans les enseignes étrangères, notamment turques, ou bien à Derb Omar. Dans les boutiques huppées, le budget peut atteindre 3.000 dirhams et les ventes de cette fête ne sont que ponctuelles…

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La veille de Aïd El-Fitr, les magasins d’habillement pour enfants procèdent à la mise en boutique des vêtements pour l’occasion. Si certains commerçants se frottent les mains et attendent l’arrivée des clients, d’autres, en revanche, sont sans grand enthousiasme. «Cette année, l’activité risque d’être en baisse, compte tenu de la pression que subit, depuis le début de l’année, le pouvoir d’achat des familles du fait de la hausse des prix. Cela va se traduire inéluctablement par une réduction du budget habillement», avance le gérant d’une enseigne de la place. Plus confiant, un autre commerçant estime que les «familles feront un effort pour leurs enfants à l’occasion de cette fête».
Confiants et sceptiques, les commerçants se préparent pour les quatre derniers jours du mois de Ramadan. Période qui connaîtra certainement une grande affluence des parents qui auront déjà, souligne une vendeuse, «perçu leurs salaires».

Pour l’heure, dans les boutiques du Maârif et des centres commerciaux de Casablanca, l’activité tourne encore au ralenti. Et pour activer la machine, les magasins ouvriront, dès cette semaine, après le Ftour. Et certaines enseignes proposent toujours des articles soldés. Notamment les marques turques LC Waikiki et DeFacto qui affichent une démarque de 70%. C’est le cas également du français Kiabi qui a prolongé ses soldes de la rentrée. D’autres enseignes n’ont pas joué cette carte et ont même mis en boutique les nouvelles collections d’été. Cela est-il judicieux, s’interrogent quelques commerçants : «Il fait froid et il fera peut-être le même temps le jour de l’Aïd, on craint que les familles se détournent des nouveaux articles !». Une crainte qu’on ne partage pas dans une boutique huppée où les clients, dit-on, «achètent régulièrement et viennent découvrir et acquérir les nouveaux articles sans tenir compte de la fête». Mais on souligne, quand même, que des achats ponctuels ont lieu durant cette période même si le chiffre d’affaires réalisé n’est pas très significatif.

Le chiffre d’affaires augmente de 10 à 15%…
Si durant ces dernières années, et en particulier la période du Covid-19, les familles ayant fait beaucoup d’achats de vêtements, le chiffre d’affaires a augmenté de 25%, les diverses enseignes sont moins optimistes cette année.
On s’attend à une croissance variant entre 10 à 15% au meilleur des cas. Quel budget faut-il pour habiller un enfant pour l’Aïd ? Cela varie en fonction du pouvoir d’achat et aussi du lieu de vente. Ainsi, à Derb Omar où l’on compte de nombreuses boutiques pour enfants, le budget ne dépassera pas les 700 dirhams par enfant. Dans ce quartier commerçant de Casablanca, un pantalon pour garçon est vendu entre 150 et 200 DH. Les chemises et pulls coûtent entre 120 et 180 DH. Pour habiller leurs petites filles, les familles doivent prévoir une enveloppe de 800 dirhams, chaussures comprises.

Il est à noter que chez les enseignes turques ou chez le français Kiabi, spécialiste de la mode à petits prix, le budget peut être inférieur ou parfois identique à celui prévu pour Derb Omar. Chez ces marques étrangères qui vendent également les chaussures, une tenue complète pour garçon coûtera 500 dirhams et pour les filles, il faudra compter 150 dirhams de plus. Ce qui fait grincer les dents des commerçants de Derb Omar : «On n’arrive plus à tenir le coup face à cette concurrence turque, et sans compter les articles chinois vendus dans les kissariates, qui pratiquent des prix inférieurs aux nôtres. Nous nous approvisionnons auprès de textiliens locaux et nous n’arrivons pas à appliquer des prix plus bas que ce que l’on fait !». Ces commerçants agacés disent subir une autre concurrence, celle des échoppes qui s’approvisionnent auprès des exportateurs en articles de fin de série ou encore des restes d’export. Dans ce circuit, pantalons, robes, chemisiers ou encore pulls sont commercialisés entre 80 et 150 dirhams !

Par ailleurs, durant ces dernières années, l’habit traditionnel s’impose également comme concurrent sérieux. Et la tendance est confirmée par les commerçants du quartier des Habous. Ici, à quelques jours de la fête, les affaires marchent bien. «Nous avons une demande importante de djellabas, kmiss, jabadours et babouches, aussi bien pour les filles que pour les garçons», s’enorgueillit un commerçant qui explique qu’auparavant les ventes concernaient davantage les articles pour adultes, alors qu’aujourd’hui la tendance s’est inversée. Et pour cause, poursuit-il, «l’habit traditionnel est mieux adapté à cette fête religieuse. Aussi, aujourd’hui, pour célébrer Laylat Al-Qadr et la fête, les écoles exigent une tenue traditionnelle. Les parents optent alors pour un seul achat !».

On notera quand même que les familles doivent y mettre le prix, puisque celui-ci varie en fonction des tissus et de la couture. Ainsi, pour une tenue faite main, le prix d’une djellaba en soussdi ou en soie pour enfant, par exemple, peut varier entre 500 et 800 dirhams. Ajouter à cela une paire de babouches qui coûtera entre 200 et 300 dirhams. Le budget dépasse alors légèrement celui dépensé pour un pantalon ou chemise pour garçon.
À la veille de l’Aïd, dans l’un ou l’autre circuit d’habillement pour enfants, l’activité ne fait que démarrer. Les commerçants attendent l’affluence des clients qui sont nombreux à attendre le dernier jour de Ramadan pour faire leurs emplettes…