Influences
Hajar Yagkoubi. La Maroco-Néerlandaise qui porte la voix des jeunes
L’ancienne représentante des jeunes Néerlandais auprès des Nations unies est sur tous les combats. Lors de son passage au Forum MEDays 2023, elle a fait sensation.
Elle s’appelle Hajar Yagkoubi. Née aux Pays-Bas, la jeune de 23 ans, dont les parents sont originaires de Nador, demeure fière de ses origines marocaines qu’elle évoque à tout bout de champ. Elle est le genre à savoir capter son audience quand elle prend la parole en public. Une aisance doublée d’une capacité assez spéciale d’articuler ses idées, voire ses plaidoyers. Et elle en a donné la démonstration lors de sa participation à la plénière sur «Le rôle des femmes dans le leadership et la gouvernance», à l’occasion de la dernière édition du Forum MEDays. Au point où elle a ravi la vedette aux autres intervenantes qui ont partagé l’estrade avec elle. La preuve par une interminable séance photos où des jeunes et moins jeunes se sont pressés pour éterniser leur rencontre avec la star de la session. Le tout devant le regard ému de son père avec qui elle a tenu à se prendre en photo immortalisant ce moment.
Parcours d’une «déterminée»
Or, quand on l’approche, on apprend une partie des raisons et des motivations. La jeune femme passe pour une conférencière qui en a vu et vécu durant sa vie. Dont un brillant passage aux Nations unies, deux années durant. Hajar n’avait pas plus de 18 ans lorsque le destin l’a conduite à New York, précisément, au bord de l’East River dans l’arrondissement de Manhattan, au siège des Nations unies.
En effet, suite à un long processus d’élection initié par le ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas, Hajar, dont la détermination se lit dans son regard, a été élue, au bout d’une campagne publique, pour représenter, pour un mandat de deux ans, les jeunes Néerlandais dans les travées onusiennes. Rien que ça ! Quand elle en parle, elle se fait un devoir de toujours rappeler ses origines marocaines. Une double nationalité qu’elle considère, elle qui défend la «diversité» et combat la xénophobie, comme une source d’«enrichissement». Tout comme l’est son expérience onusienne. Une expérience, il faut le dire, qui n’avait rien d’une promenade de santé.
Les combats d’une passionnée
Deux bonnes années qu’elle a passées à parcourir les salles de classe, les lieux des grands événements, mais aussi durant lesquelles elle a appris à mieux connaître les rouages et les couloirs de la grande bâtisse en verre où sont prises les grandes décisions. Vingt-quatre mois qui lui ont permis de s’entretenir avec des milliers de jeunes dans les quatre coins du globe, mais également avec les grands décideurs, que ce soit de la sphère politique ou de la planète économique. Et à chaque fois, l’étudiante, qui décrochera son diplôme en Commerce international dans quelques semaines, saisissait l’opportunité pour porter la parole de la jeunesse dans ces différents milieux. D’ailleurs, parmi les dossiers qu’elle défend figure la question de la participation des jeunes qu’elle estime sous-représentés dans les processus décisionnels.
Mais s’il devait y avoir des moments spéciaux dans son parcours onusien, c’est bel et bien lorsque Hajar Yagkoubi a pris part, en 2020, aux travaux de la 75e Assemblée générale des Nations unies, particulièrement au cours de la semaine de haut niveau. Un moment privilégié où elle avait porté la voix des jeunes Néerlandais certes, mais pas seulement. D’autant plus, nous confie-t-elle, que les jeunes du monde entier, à de différents degrés certes, font face aux mêmes problématiques. Notamment en ce qui concerne les sujets qui, depuis toute jeune, lui tiennent particulièrement à cœur: les objectifs du développement durable, les droits de l’Homme, la sécurité sous toutes ses facettes, la polarisation (dans le sens politique du terme) et, bien entendu, la crise climatique avec ses corollaires de pénurie en eau et de sécheresse.
Et ce n’était pas uniquement à l’occasion de l’Assemblée générale de l’ONU, mais aussi lorsqu’elle a pris la parole au sein du Comité de la consolidation de la paix en tant que premier délégué de la jeunesse, du Forum politique de haut niveau et le Sommet de l’Action climatique. Des moments privilégiés où elle avait pris la parole pour transmettre les préoccupations des jeunes et leurs attentes aux «Decision Makers» et «Takers». Des allocutions qui, quand on les écoute, ont tous les attributs de plaidoyers pour l’inclusion des jeunes dans les sphères de la prise de décisions. Le même combat, d’ailleurs, que la conférencière principale de Next Generation mène auprès des patrons des grandes multinationales qu’elle rencontre dans le cadre du réseau «Network 2100», dont elle est cofondatrice. Avec pour mot d’ordre du combat : l’inclusion des jeunes dans les conseils d’administration.
C’est dans la même veine qu’elle milite pour que les entreprises, toutes tailles confondues, inscrivent dans leur agenda les questions environnementales.
Raison pour laquelle, nous dit-elle, «les jeunes se doivent de faire entendre leur voix à l’unisson pour pouvoir peser dans l’équation pour un monde meilleur». «Ce n’est que collectivement qu’on sera à même de faire face aux différents défis auxquels nous sommes exposés. Et il ne faut pas attendre que cela arrive. Il faut y aller !», réclame la consultante en matière de la participation des jeunes.
