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EvoSport, l’architecte d’un nouveau modèle sportif au Maroc

Adossée à un écosystème académique et tournée vers l’innovation, la filliale de l’UM6P déploie aujourd’hui un modèle intégré, alliant formation des talents, professionnalisation des métiers du sport et partenariats internationaux.

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Le sport marocain est en train de changer de dimension et certains acteurs avancent clairement plus vite que les autres. En à peine deux ans, EvoSport s’est hissée au rang de pièce maîtresse d’un écosystème en pleine transformation, avec une ambition assumée : structurer, professionnaliser et moderniser toute la chaîne de valeur du sport.

Aux commandes, Ismail Lyoubi impulse une vision qui dépasse largement le cadre du terrain. Ici, la performance ne se joue pas seulement sur 90 minutes, mais dans la capacité à bâtir un système complet, durable et parfaitement orchestré.

À l’origine, EvoSport est née d’une mission claire : accompagner la Fédération royale marocaine de football (FRMF) dans le déploiement d’un programme national de formation.

«C’était le bon moment pour structurer en profondeur la formation du football national», explique le directeur général. Une première étape fondatrice, qui a rapidement révélé un potentiel d’expansion bien plus large. «Nous avons compris que nous pouvions accompagner toute la chaîne de valeur du sport au Maroc», poursuit-il.

Cette montée en puissance s’appuie notamment sur un adossement stratégique à l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), qui permet à EvoSport d’élargir son champ d’action. Formation académique, innovation, sport tech : l’ambition dépasse désormais le seul cadre de la formation des jeunes footballeurs.

«Nous sommes convaincus que la performance sportive ne peut exister sans un écosystème solide», insiste Lyoubi.

Sur le terrain, cette vision se traduit par un dispositif opérationnel d’envergure. EvoSport pilote aujourd’hui 15 centres de formation, répartis entre clubs professionnels et structures fédérales, avec un objectif de 17 centres d’ici la fin de l’année.

Au total, plus de 2.000 jeunes joueurs sont intégrés dans ce programme, encadrés par plus de 640 collaborateurs. Un déploiement massif, inédit à cette échelle.

 

«C’est la première structure au monde à gérer un réseau aussi large de centres de formation», souligne le DG.
Le modèle repose sur une répartition claire des rôles : la direction technique nationale supervise les contenus pédagogiques, tandis qu’EvoSport assure l’ensemble des fonctions support : logistique, ressources humaines, finances ou encore organisation du sport-études. Cette architecture permet de garantir à la fois cohérence technique et efficacité opérationnelle.

Après deux saisons, les premiers résultats commencent à émerger, même si le dirigeant reste prudent. «Un programme de formation s’inscrit dans le temps long», rappelle-t-il.

Parmi les signaux encourageants, 47 jeunes joueurs ont déjà signé leur premier contrat professionnel.
Un indicateur positif, mais qui ne constitue pas, selon lui, le principal critère de succès. «Notre priorité est de construire des bases solides pour les années à venir», affirme-t-il.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Du programme fédéral à une vision globale du sport
Au-delà du nombre de contrats signés, EvoSport accorde une importance particulière à la progression globale des jeunes: évolution technique, tactique, physique, mais aussi mentale et comportementale.

Le suivi digitalisé des performances permet d’analyser finement ces dimensions.
L’éducation constitue également un pilier central du modèle, dans une logique sport-études. Parallèlement, un suivi rigoureux des encadrants eux-mêmes est assuré, afin de garantir leur adaptation aux exigences du projet.

«Il ne s’agit pas seulement de détecter une élite, mais de faire progresser l’ensemble de la base», précise Lyoubi. Une approche rendue possible par l’intégration d’outils digitaux de suivi de performance.

Autre pilier du modèle : la montée en compétence des encadrants. EvoSport a engagé un important travail de structuration des équipes, avec des exigences élevées en matière de qualification et de posture professionnelle.

«Nous avons instauré une culture d’exigence qui nécessite une adaptation. Certains ont suivi, d’autres non», reconnaît le dirigeant. Chaque centre dispose ainsi d’un encadrement complet, incluant entraîneurs spécialisés, préparateurs physiques, analystes vidéo et staff médical.

Une trentaine de formateurs en préparation avec La Liga
Au-delà du football, EvoSport amorce également une diversification stratégique. En partenariat avec la NBA, l’entreprise a lancé un programme de développement du basketball au Maroc, combinant formation et compétition à travers les NBA Schools et la Junior League.

L’objectif : massifier la pratique tout en détectant de futurs talents. «Nous avons commencé par la base, avec plus de 2.000 jeunes, en parfaite parité entre filles et garçons», souligne la même source.

À moyen terme, EvoSport ambitionne de devenir une référence régionale, capable d’exporter son modèle à l’échelle africaine. Une trajectoire qui s’inscrit également dans la perspective de la Coupe du monde 2030. «Nous voulons contribuer à cette dynamique nationale et participer à l’héritage que cet événement laissera», affirme le DG.

Dans cette optique, les partenariats internationaux jouent un rôle clé. Loin d’une logique de visibilité, ils visent avant tout le transfert de compétences.

Un programme de formation d’une trentaine de formateurs est ainsi en préparation avec La Liga, incluant des immersions dans des clubs espagnols. «L’objectif est d’accélérer l’apprentissage et de ramener les meilleures pratiques au Maroc», explique Lyoubi.

En moins de deux ans, EvoSport est ainsi passée d’un opérateur de programme à un véritable architecte du développement sportif. Une évolution qui reflète, en creux, les nouvelles ambitions du Maroc dans ce secteur stratégique : structurer, professionnaliser et, à terme, rayonner bien au-delà de ses frontières.