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En Couv’. Ce que le Maroc a gagné, des victoires au-delà du sport

Vue d’ailleurs, la 35e Coupe d’Afrique des nations dépasse le cadre d’une simple compétition continentale. C’est le symbole d’un pays en pleine croissance : soft power, infrastructures modernes et surtout tremplin vers 2030. Le Maroc vient de s’offrir une vitrine planétaire.

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Même si la défaite en finale, face au Sénégal, laisse un goût amer, il n’en reste pas moins que la CAN 2025 restera, à bien des égards, historique !

Non seulement le Maroc a montré ses capacités organisationnelles – disons-le hors normes dans le contexte africain –, cette édition a aussi contribué largement à la consolidation de l’image de marque du Royaume en tant que leader africain, tourné vers le continent. Les témoignages le confirment.

Au sommet du football mondial, le président de la FIFA, Gianni Infantino, a félicité lundi dernier le Maroc pour avoir été «l’hôte exceptionnel» de la Coupe d’Afrique des nations 2025, qu’il a qualifiée de «tournoi fantastique». Dans le continent, la Commission de l’UA a exprimé sa profonde gratitude au Maroc pour l’organisation «exemplaire» de l’édition 2025 de la CAN.

Comme l’a fait l’Italie en 1990, et contrairement à ce qui s’est passé au Brésil en 2014, le Maroc a su dissocier l’organisation de la manifestation sportive de la prestation de l’équipe nationale.

C’est ce qui lui a permis d’ailleurs de gérer avec maestria les quelques débordements qui ont entaché certains moments de cet événement, comme d’ailleurs l’ensemble de l’organisation.

Les expériences internationales montrent, en effet, que les pays qui réussissent à gérer ce genre de moments difficiles sont ceux qui parviennent à faire cette séparation entre les deux volets et qui ont, du coup, atteint un haut niveau de maturité en termes d’organisation des événements sportifs et autres.

Ce qui a valu au Royaume une reconnaissance internationale de la qualité et du niveau de l’organisation. Laquelle organisation est ainsi unanimement considérée comme exemplaire.

Comme l’a souligné le message royal adressé à l’équipe nationale, ce qui a été réalisé lors de cette CAN est une preuve de «l’importance de notre vision stratégique d’investir dans le capital humain et de moderniser les infrastructures du Royaume, qui ont démontré leur résilience et leur niveau mondial de préparation en prévision de l’accueil de la Coupe du monde 2030».

La qualité de l’organisation et la chaleur de l’accueil sont «un message d’espoir et de confiance du Maroc envers son continent, confirmant que le talent africain est capable d’exceller et d’innover dans tous les domaines», affirme S.M. le Roi dans ce message.

On l’a vu, quelques mois avant la compétition, la plupart des stades étaient encore en chantier. De même pour certaines infrastructures, alors que le transport urbain dans plusieurs villes n’était pas encore au point. Le Maroc a su se montrer prêt dans les délais, faisant montre d’une crédibilité organisationnelle irréprochable.

Ainsi, il a, encore une fois, montré sa capacité d’organiser des méga-événements dans des délais courts, voire intenables pour la plupart des pays africains. Il offre ainsi l’image d’un pays stable, aux infrastructures de qualité, avec un savoir-faire logistique indéniable.

Capital image en hausse
De même, le Maroc, en accueillant toute l’Afrique dans les conditions dont tout le monde est témoin (pas moins de 3.800 médias ont couvert l’événement, en plus d’un nombre impressionnant d’influenceurs et de créateurs de contenu), affirme son rôle d’avant-garde sur le continent, tant sur le plan sportif, politique, qu’économique.

Ce qui est de nature à promouvoir le Royaume en tant que destination touristique (les matchs ayant été retransmis dans une trentaine de pays européens, en Amérique du Nord et en Asie, y compris, pour la première fois, la Chine et le Japon) et renforcer également ses liens diplomatiques avec d’autres pays du continent.

Ce faisant, le Maroc consolide également sa position au sein de la CAF et de la FIFA. Ce qui lui donne plus de poids pour peser sur les décisions footballistiques continentales, voire mondiales.

Plus encore, à travers cet événement, le Maroc promeut son modèle de développement, mêlant modernité et traditions, ainsi que ses investissements aussi bien dans les infrastructures que dans le capital humain.

Le constat est là, comme il a d’ailleurs été relevé par certains observateurs : le Maroc n’a pas seulement organisé une compétition exceptionnelle, il a aussi dû faire face à une vague d’hostilité, de mauvaise foi et de propagande et de fake news, venant de certains supporters, médias et acteurs du football africain.

L’on a également assisté à une activité très remarquée sur les réseaux sociaux, et ce, note-t-on, dans le seul but de «semer la haine» et provoquer des comportements violents comme ceux auxquels nous avons assisté à la fin du match de la finale.

Modèle sécuritaire
Le fait que ces écarts ont vite été contenus, parce que les forces de sécurité s’y attendaient, est un signe que ces dernières ont parfaitement intégré cette composante dans le «package sécuritaire». Sur le plan sécuritaire justement, l’édition marocaine de la CAN ne se limite point au seul jeu sur la pelouse.

C’est un cas d’étude à l’échelle internationale. C’est du moins ainsi qu’a été interprétée la visite des membres du FBI au Maroc dont le but est d’évaluer la sécurité, les technologies et les infrastructures.

Un déplacement de l’organisme fédéral américain qui montre à quel point le football africain est désormais pris au sérieux et l’expérience marocaine en matière d’organisation est devenue un cas d’école.

On assistera d’ailleurs, quelques jours après cette visite, à une autre tout aussi remarquée cette fois de l’équipe britannique de sécurité sportive. Une mission qui s’inscrit dans le cadre d’un échange d’expertises autour des dispositifs de sécurisation des grands événements sportifs.

Sur place, «les responsables britanniques ont pris connaissance du schéma de sécurité et de maintien de l’ordre et les échanges ont porté sur l’architecture globale du dispositif, depuis la gestion des accès jusqu’à la dispersion des spectateurs à l’issue de la rencontre», est-il souligné.

Une des manifestations du génie marocain, c’est d’avoir donné intelligemment à cette CAN 2025 une dimension politique, les communiqués du ministère du Sport de l’Afrique du Sud et des Affaires étrangères du Sénégal ainsi que celui de la Fédération égyptienne, entre autres, en sont une manifestation tout comme la dimension symbolique de la prestation du fameux supporter de la RDC.

Cela, tout en veillant à ce qu’il n’y ait aucune forme d’«ingérence politique» dans la compétition. À l’intérieur des stades, dans leurs environs, dans les bus, les trains, les aéroports, l’affichage public…, aucun message qui se réfère, d’aucune manière que ce soit, à la politique.

La Fédération royale marocaine de football a travaillé, en toute indépendance, avec la CAF pour l’organisation, de bout en bout, et la réussite de cet événement.

Toujours est-il, les péripéties de cette compétition se poursuivent, non plus sur la pelouse, mais cette fois sur le terrain de la réglementation, devant les instances de la CAF et de la FIFA, qui feront jurisprudence et assainiront sans doute davantage la pratique de ce sport à l’échelle continentale. Un autre point de plus pour le Royaume.


Cyberguerre
Il y a aussi ce côté sinistre avec lequel le Maroc a appris à faire. Cela s’est particulièrement accentué à la veille du match de la finale. L’on a assisté d’abord à la «réapparition» du fameux groupe «Jabaroot» qui se revendique aujourd’hui ouvertement d’Algérie avec cette incursion dans les fiches de la FRMF et accessoirement du ministère de la Justice.

Ensuite, et cela des experts en la matière l’ont mis en avant et n’ont pas hésité à le qualifier d’«opération de déstabilisation», l’on a assisté, en effet, à une montée de tensions sur les réseaux sociaux entre les communautés marocaine et sénégalaise.

«C’est une guerre hybride menée par des trolls», avance-t-on. Des propos malveillants, attribués dans un nombre considérable de cas à des «Marocains», proviendraient, en réalité, de faux comptes, des bots ou profils anonymes.