Culture
La saison de tous les festivals
Lieux de joie collective, il pleut des festivals en pleine période estivale. Tous les goûts, tout autant que toutes les régions, sont servis. Zoom sur quelques événements phares.
N’en déplaise aux voix sorties tout droit des «temps ancestraux», que «le beau dérange», le Maroc vibre au rythme d’une palette de festivals. En effet, les publics n’ont que l’embarras du choix. Il y en a dans toutes les régions du Royaume, pour tous les goûts et tous les âges.
Ainsi, quelques jours à peine après le tomber de rideau du Festival des Musiques sacrées de Fès (qui s’est tenu du 24 mai au 1er juin sur la place mythique de Bab Makina), le tour est venu pour la ville de Casablanca de vivre au rythme de son rendez-vous jazzé : le Jazzablanca ! Signe particulier, entre autres, une ouverture somptueuse avec l’iconique groupe british de reggae UB40. Belle coïncidence au cours de cette 17e édition, le groupe de Birmingham, fondé en 1978, fête ses 45 ans. Et Casablanca a figuré, en bonne place, dans sa tournée mondiale pour la promotion de son nouvel album ‘UB45’. Venu nombreux, le public s’est délecté avec les tubes qui ont marqué, et continuent de marquer, les générations, tel I Can’t Help Falling in Love with you ou encore Red Red Wine, et la liste est longue.
Trois soirées qui ont drainé des dizaines de milliers de spectateurs qui ont pu savourer des spectacles de grande facture sans oublier Anass Oubalaid en collaboration avec Raw Ryhtm qui ont subjugué le public dans une fusion entre les sonorités amazighes et le rock. Et la clôture ne pouvait qu’être électrique avec le chanteur italien Zucchero. Même si les spectacles, qui ont affiché «sold out», étaient payants, le grand public n’a pas été en reste, notamment du côté de la Place des Nations unies, où l’on a découvert, dans une ambiance festive, de jeunes talents de la scène marocaine.
Attachez vos ceintures !
À peine les projecteurs éteints et les scènes démontées dans la métropole qu’on pense déjà au prochain rendez-vous à quelque 90 kilomètres de Casablanca. De nouveaux moments en perspective. En effet, après une absence de quatre années, le plus grand festival du Maroc, voire en Afrique, revient. C’est que du 21 au 29 juin, Mawazine Rythmes du monde, qui a «drainé» 2,8 millions de spectateurs en 2019, sera de retour pour le plus grand plaisir de tous les publics. D’ores et déjà, la couleur est lancée avec une salve de stars qui seront des nôtres.
On citera la diva marocaine Samira Saïd, les stars libanaises Najwa Karam et Carole Samaha qui se produiront respectivement sur la scène Nahda, le 27 juin, et sur la scène du Théâtre national MohammedV, le 21 juin. Le 29 juin, le public aura rendez-vous avec le producteur et DJ de renommée mondiale Marc Kinchen, mieux connu sous le nom de MK. À OLM Souissi, le public aura, vendredi 21 juin, à apprécier celle qu’on surnomme «la princesse de la pop», Kylie Minogue.
Annoncé aussi, le groupe sud-coréen ATEEZ, et les jeunes fans de plus en plus nombreux seront ravis d’assister à sa performance le 23 juin. Moment spécial pour cette édition, et c’est une première au Maroc, le Festival connaîtra la programmation de deux spectacles, au lieu d’un seul à la base, en hologramme de la diva de tous les temps, Oum Kalthoum. Et d’ores et déjà, l’on avance que les performances prévues seront à guichets fermés ! Comme pour les précédentes éditions, les publics auront à savourer les spectacles des artistes étrangers, mais aussi les rythmes marocains. Signe particulier, 90% des concerts sont gratuits.
Bien venus dans le monde de la transe ! Un quart de siècle d’existence et pas une ride. Le Festival Gnaoua d’Essaouira vous donne rendez-vous du 27 au 29 juin pour sa 25e édition. Certes, il sera question des rythmes gnaouis, mais pas que. Parce que parmi les traits distinctifs de cet événement qui, au fil des années, a pris une dimension internationale, se trouve «la fusion». Ces mariages alchimiques de rythmes entre des maâlems et des artistes de renommée venant du monde. Pour cette année, les organisateurs proposent 5 concerts sous cette étiquette, où l’on retrouvera des maâlems en compagnie avec des artistes venant d’Afrique du Sud, des États-Unis, d’Espagne, de France, du Mali et du Sénégal. C’est dire qu’on en aura plein les tympans ! Un peu plus tard, on sera au rendez-vous du plus vieux festival du Royaume, 53 éditions au compteur, SVP ! On l’aura compris, c’est du Festival national des arts populaires de Marrakech qu’il s’agit. Les intéressés devront cocher la période allant du 4 au 8 sur leur agenda.
Sous le thème générique «Rythmes et symboles éternels», les spectacles auront pour décor la Place Jamaâ El Fna, Palais El Badiî et le Théâtre Royal. Le temps de découvrir pour certains, ou de redécouvrir pour d’autres, en couleurs, en chants, en danses ou en styles d’habillement, les traditions ancestrales de toutes les régions du Royaume. Une réelle immersion dans un univers magique qui reflète l’ancrage, la richesse et l’étendue de l’Histoire du Royaume. Bien entendu, on n’oubliera pas le Festival Timitar d’Agadir, ce rendez-vous incontournable de la promotion de la cultrure et de la musique amazighes où sont aussi invités des artistes internationaux. Mais il n’y en a pas que pour les mélomanes, les cinéphiles auront encore des rendez-vous en perspective.
On va au cinéma !
En effet, sur 40 rendez-vous annoncés par le Centre cinématographique marocain pour 2024, 8 millions de dirhams de soutien à la clé, il reste encore 17 festivals sur la liste. Ainsi, après le Festival international du documentaire d’Agadir (Fidadoc), du 7 au 12 juin, qui a eu pour thématique le football féminin. Mais aussi le Festival international Cinéma et Migration en novembre. Le même mois, Oujda reçoit le Festival maghrébin du film d’Oujda, alors que Rabat célébrera le cinéma d’auteur, et ce, après la tenue du Festival international du film de femmes de Salé prévu en octobre, etc. Mais l’affiche par excellence reste, bien entendu, le Festival international du film de Marrakech. Ce grand rendez-vous, devenu incontournable, est annoncé pour novembre. À cela, il faudra aussi ajouter tous ces moussems qui se tiennent durant la période estivale dans toutes les régions du Royaume.
Et encore…
Il était une fois un temps où on comptait les festivals sur les doigts d’une main. Mais, depuis quelques années, rien que pour les manifestations d’envergure, on en a pour plus d’une soixantaine. Entre musique et cinéma. Et il y en a pratiquement dans toutes les villes. Rien que pour le 7e Art, on décompte pas moins d’une quarantaine de rendez-vous. Avec ce plus que même des villes moyennes, voire petites, en proposent à leurs habitants.
Pour exemple ? Boulmane a ses Journées cinématographiques, Mechraâ Belkssiri a son Festival du cinéma de la femme et de l’enfant, Assa Zag son Festival du cinéma du Sahara, Besnlimane sa Rencontre régionale du court métrage éducatif, Chefchaouen son rendez-vous consacré aux films de l’environnement, Ouzoud Azilal son cinéma de la montagne, Imouzzar-Kandar son Festival du cinéma des peuples. Toujours est-il que sur la liste du CCM, pas de trace pour un soupçon de festival dans… Ouarzazate ! Le Hollywood du désert où la toute dernière salle obscure a baissé les rideaux depuis des décennies !
