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Spécial Auto. VUL : En plein essor mais pas encore à plein régime

Boom des ventes du segment des véhicules utilitaires légers à fin avril. Une croissance de 57% depuis le début de l’année et de 77% sur le seul mois. Plusieurs facteurs sont derrière cette embellie. Explications.

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La dynamique nettement favorable du marché automobile n’est pas près de s’estomper. Le secteur a encore une fois confirmé sa bonne mine, avec une progression de 35,5% à 66.321 unités vendues de janvier à avril de cette année.

Dans ce contexte, les véhicules utilitaires légers (VUL) ont affiché de solides performances, bien meilleures que celles des voitures particulières (VP).

Alors que les premiers ont enregistré une progression de 33% à 58.001 unités, les secondes, elles, ont connu une montée en flèche avec une croissance des ventes de 57% à 8.320 unités commercialisées.

Sur le seul mois d’avril, le nombre de VUL vendus a affiché une forte progression de 77% pour se situer à 2.409 unités.

Renault en pole position
C’est Renault qui s’adjuge la première position de ce segment du marché avec 1.963 ventes, en hausse de 30,4%. Elle accapare ainsi une part de marché de 23,6%.

La marque au losange est suivie par Fiat qui a enregistré une performance remarquable avec 1.230 véhicules vendus, contre 441 à fin avril 2024, soit presque le triple du niveau de ventes en une année. En 3e lieu vient Ford, qui a réussi à écouler 1.067 VUL, soit une progression de 46,4% par rapport à la même période une année auparavant.

Il faut dire que cette catégorie a montré, depuis plusieurs mois, un regain d’activité important, après quelques années de léthargie. En effet, les ventes de ce type de véhicules obéissent à plusieurs facteurs d’ordre conjoncturel.

La sécheresse, le manque de visibilité quant aux perspectives de croissance économique, le resserrement des conditions d’octroi de crédit qui ont prévalu pendant quelques années…, ont joué en défaveur de ce segment : la demande n’y était pas vraiment au rendez-vous, puisque l’activité était pour le moins morose pour nombre d’entreprises, clients essentiels des VUL.

Si les pickups suivent le comportement de la saison agricole, les autres types de VUL accompagnent l’évolution de la commande publique (administrations, services de Sûreté, de gendarmerie…).

Besoins logistiques
La forte croissance du segment des VUL revient aussi à l’essor du commerce en ligne et des services de livraison qui ont profondément transformé les besoins logistiques des entreprises, stimulant la demande en véhicules adaptés au transport de marchandises.

Face à cette demande croissante, les constructeurs automobiles n’ont pas tardé à réagir en diversifiant leur offre. Actuellement, une large gamme de VUL est proposée, à la fois compétitive en termes de prix, adaptée aux spécificités du marché local et performante en matière de robustesse et de fiabilité.

D’ailleurs, la marque chinoise avait un type particulier de VUL, des mini –pickups, qui ont connu un attrait considérable auprès des utilisateurs. Pour leur part, les établissements de crédit accompagnent cette montée en flèche, en mettant sur le marché des solutions de financement variées, destinées aux professionnels, toutes tailles confondues.

Il est à noter que ces financements incluent non seulement le crédit classique, mais aussi des offres de leasing et de location longue durée, souvent assorties de services intégrés, tels que l’entretien, l’assurance ou le remplacement de véhicule en cas de panne.

Activité cyclique
À cela s’ajoute une donne importante. Les VUL répondent à des cycles de vie. Contrairement aux VP dont le renouvellement se fait au bout de 3 à 5 ans, les VUL, eux, ont un cycle plus long, souvent de plus de 6 ans. Ce qui conduit à un vaste mouvement de renouvellement de parc, surtout lorsqu’elles sont acquises à travers la formule LLD auprès d’entreprises spécialisées.

Cette dynamique, portée par des besoins de modernisation et d’optimisation des coûts d’exploitation, contribue significativement à la hausse actuelle des ventes de VUL. Les entreprises remplacent progressivement leurs anciens modèles par des véhicules plus récents, mieux adaptés aux exigences logistiques actuelles, plus économiques et souvent assortis de solutions de financement souples.


Un créneau toujours porteur
Malgré la forte croissance des ventes de VUL, ce segment ne représente encore qu’une part modeste du marché global de l’automobile, d’à peine 10% des ventes totales de voitures. C’est dire que le taux de pénétration demeure relativement faible par rapport au potentiel de cette branche.

Cette proportion, bien que réduite, témoigne toutefois d’un intérêt croissant de la part des professionnels et des entreprises pour ce type de véhicules. En tout cas, les signaux convergent vers des perspectives prometteuses, soutenues par des mutations dans les modes de consommation, la logistique et les attentes des professionnels.