SUIVEZ-NOUS

Auto

Automobile : un marché en pleine reconfiguration

Alors que le segment des VUL se démarque, les marques asiatiques commencent à attirer du monde. Les voitures particulières, elles, tentent quelques points de hausse.

Publié le


Mis à jour le

Le marché automobile maintient son redressement entamé depuis quelques mois. Soutenues par une demande qui ne fléchit pas et par l’entrée sur le marché des marques asiatiques, les ventes se sont inscrites en hausse de 2,8% sur les huit premiers mois de cette année. Ce sont 108.552 voitures qui ont été écoulées à fin août.

Dans ce secteur, les véhicules utilitaires légers (VUL) se démarquent particulièrement. Les ventes ont affiché une croissance de 17,6%, avec 11.388 unités vendues. Ce segment s’est inscrit dans une dynamique particulière, en dépit d’une conjoncture difficile marquée notamment par la sécheresse. Renault et Ford continuent de s’adjuger les plus grandes parts de marché, la première ayant écoulé 2.815 unités et la seconde 1.552, soit des parts de marché respectives de 24,7% et 13,6%.

Les VP maintiennent le cap
La branche des voitures particulières, elle, se maintient tant bien que mal. Elle n’a réussi à augmenter ses ventes que de 1,24% sur huit mois, pour atteindre 97.164 unités. Même si elle est en hausse, cette branche n’a pas encore réussi à reprendre la dynamique d’il y a quelques années, bien que les nuages qui ont plané sur le secteur se sont dissipés, à l’instar des contraintes relatives aux semi-conducteurs qui avaient perturbé les chaînes d’approvisionnement et l’inflation qui avait grevé le pouvoir d’achat…, pour ne citer que ces exemples. Toutefois, sur le seul mois d’août, les ventes des VP se sont améliorées de 7,7% avec 10.415 voitures immatriculées.

En tout cas, le trio de tête conserve sa place, avec Dacia qui continue de dominer le segment des VP avec plus de 25.000 nouvelles immatriculations, suivi de Renault avec 15.036 puis Hyundai avec 7.789 voitures commercialisées. Dans l’ordre, les parts de marché de ces marques se situent à 25,7%, 15,5% et 8%.

La configuration reste toujours la même alors, quoi qu’on note depuis quelques mois qu’à côté des marques historiques, les asiatiques commencent à s’imposer progressivement. Dans le segment des VP, comme des VUL, les ventes augmentent. Il s’agit notamment du chinois Changan qui a vendu 222 véhicules particuliers, de la marque indienne Tata qui a écoulé 209 VUL et de la chinoise Dong Feng qui a commercialisé 55 VUL.

Un énorme potentiel à saisir
Cependant, en dépit de cette diversification aussi bien des marques que des modèles, le marché est toujours loin de reprendre son trend d’il y a quelques années. Rappelons les records enregistrés en 2018, où le marché avait frôlé la barre des 178.000 véhicules neufs vendus. Mais le potentiel est bien présent, il faudra juste l’exploiter. Si l’on ne prend que le taux d’équipement en voitures au Maroc, l’on tourne autour de 70 véhicules pour 1.000 habitants, selon l’AIVAM. Ce qui est bien loin du taux de motorisation en Europe, qui est supérieur de 10 fois, environ.

Selon les experts, le marché du neuf marocain dispose de la capacité et du potentiel suffisants pour atteindre le cap de 200.000 voitures vendues annuellement. Il peut même le dépasser pour le porter à 250.000 unités. Encore faut-il que les solutions de financement soient adaptées et que le crédit soit accessible à toute une frange de la population qui finit par se rabattre sur le marché de l’occasion. En effet, les transactions ou mutations de véhicules d’occasion représentent plus de trois fois la taille du marché du véhicule neuf. Il reste un marché très porteur animé par la multitude de garagistes, de sites spécialisés, des réseaux sociaux, des intermédiaires… Il faut dire que ce marché est tellement dynamique que les concessionnaires de marques ont presque tous développé des filiales réser-vées aux seules voitures d’occasion. Comme une grande anarchie règne sur ce segment automobile informel, induisant plusieurs risques à prendre, ce circuit organisé propose des véhicules bien contrôlés avec des conditions en termes d’âge et de kilométrage, et même avec des garanties qui varient entre six mois et une année.

Les voitures vertes toujours pas adoptées
Le marché automobile marocain commence à connaître de légers chamboulements avec une timide orientation vers les marques asiatiques, mais aussi une légère adoption des voitures dites vertes : hybrides rechargeables ou totalement électriques. La part des ventes est certes encore embryonnaire, ne dépassant pas 1%, mais le potentiel reste énorme.

C’est normal, puisqu’il s’agit d’un segment toujours en cours de démarrage, même si la majorité des importateurs se sont lancés dans ce segment.
N’empêche qu’au-delà de l’orientation cultuelle des Marocains vers le diesel, de la difficulté de changer les mentalités et les habitudes, des efforts restent à fournir en termes de disponibilité des bornes de recharge, ou encore en matière d’incitations étatiques à adopter les énergies vertes dans le quotidien des automobilistes.

 


Euro 6, c’est pour bientôt
L’application de la norme antipollution Euro 6 est pour bientôt. En effet, l’obligation de conformité à cette norme prendra effet le 1er janvier 2027, suite à un projet de décret conjoint du ministère du Transport et de celui de la Transition énergétique. Initialement prévue en janvier 2025, cette mesure a été reportée de deux ans, en raison des tensions géopolitiques, des difficultés d’approvisionnement ainsi que des coûts induits par la norme, entre 5% et 12% en fonction de la marque, et qui pourraient ainsi freiner les transactions et donner un coup de mou au marché.