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Archives LVE 1996. L’offre «Lydec» se précise
Il y a 30 ans, l’offre de la Lyonnaise des Eaux pour la gestion en concession de l’assainissement liquide de Casablanca a été remise sur le tapis. À la faveur des inondations qui ont ravagé plusieurs quartiers de la cité.
Le ministre d’État à l’Intérieur vient de démontrer qu’il est prompt à la détente. De passage à Casablanca où il s’est rendu compte de visu des dégâts causés par les récentes pluies diluviennes, plusieurs habitations se sont effondrées dans divers quartiers de Casablanca.
Basri a provoqué une réunion avec les responsables de la Lyonnaise des Eaux, multinationale française spécialisée dans la gestion de l’assainissement, de l’eau et de l’électricité.
Au cours de cette réunion à laquelle a pris part Slimani, président de la Commune urbaine, l’offre de la Lyonnaise pour la gestion en concession a été remise sur le tapis.
L’affaire n’est ni banale ni routinière. Elle prépare, en effet, le retour en force de la Lyonnaise des Eaux au Maroc et, partant, met un terme à un monopole rampant de la Régie autonome de distribution (RAD).
C’est dans ce cadre que l’entreprise française avait soumis aux autorités marocaines, en juillet 1995, les grandes lignes de son offre pour la gestion concédée de trois secteurs clés: assainissement, eau et électricité. Bien des milieux ont fait la fine bouche. Tant au niveau de la Commune urbaine qu’au sein de la Régie.
Côté élus, on met en évidence la mauvaise presse de la multinationale du fait de ses démêlés passés avec la justice française. Des irréductibles se refusent à «cautionner le come-back» de la Lyonnaise des Eaux à Casablanca.
Et côté Régie, au-delà des fortes résistances syndicales, on signale que ce que veut faire la Lyonnaise des Eaux, dans le cadre d’une concession de 30 ans, la RAD est aussi capable de le faire. Pour peu que les moyens qui lui font défaut, notamment à cause des mauvais payeurs, soient disponibles.
Bref, tout un débat où se mêlent des intérêts corporatistes et des appétits politico-politiciens. Reste à savoir si le «super ministre» réussira à outrepasser ces diverses résistances et accélérer le processus de la gestion déléguée.
En tout cas, les intempéries qui ont causé d’importants dégâts à Casablanca ont amené le ministre d’État à l’Intérieur à mettre «les pieds dans le plat» en se réunissant avec les directeurs, général et régional, de la Lyonnaise, à Casablanca.
Et Slimani, qui n’a plus tenu de séances de travail avec les représentants locaux de l’entreprise française, depuis octobre dernier, doit regretter de ne pas avoir tranché… D’autant que la Communauté urbaine se devait d’apporter un avis, favorable ou non, au projet de la multinationale.
Si Slimani se garde d’apporter un quelconque commentaire sur les tractations en cours, les responsables de la Lyonnaise soutiennent, eux, qu’il «est vraiment temps d’agir».
Particulièrement sur le plan de l’assainissement liquide de la métropole casablancaise. On aurait pu éviter le pire si les travaux de rénovation et d’extension des réseaux de conduite, à Casablanca, ont été faits. Cela revêt un caractère d’urgence d’autant que 60% des rejets liquides échappent aujourd’hui au seul collecteur d’El Hank.
La multinationale prévoyait d’injecter, pour le seul chapitre d’assainissement, 14 milliards de dirhams, dont une première tranche de 10 ans totalisant 9 milliards de dirhams.
Dans le projet qui a été soumis au ministère de l’Intérieur, et dont une copie a été adressée à la Communauté urbaine, la Lyonnaise prévoit d’étoffer les réseaux de canalisation de plusieurs quartiers à problèmes, dont Ain Diab, Ain Chock, Derb Sultan, etc. Comme elle suggère une nouvelle gestion des réseaux des divers quartiers périphériques en extension (…).
D’ailleurs, pour éviter que les déchets liquides aillent à l’Océan, la Lyonnaise prévoit des stations de traitement préliminaire, primaire et secondaire au niveau de Sidi El Bernoussi, soit une réplique de la station d’El Hank et de Sidi Abderrahman.
Les coûts cumulés pour ces opérations s’élèvent à 6,125 milliards de dirhams sur une période allant de 1995 à 2024. Le projet comporte aussi la mise sur pied d’une station d’épuration à Mohammedia.
L’offre de la Lyonnaise est alléchante en ce sens que le financement global de la reprise en concession de la distribution de l’eau, de l’électricité et de l’assainissement est important: 25 milliards de dirhams qui n’engagent en rien l’État marocain.
En effet, la multinationale compte injecter directement 7 milliards de dirhams, sans garantie souveraine du Royaume, le reste étant constitué du coût des travaux générés par les nouveaux raccordements au réseau, à la charge des usagers ou des aménageurs, ou par des investissements de renouvellement (…) A.E.M.

