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Archives LVE 1984. Chaffoteaux et Maury promeut le gaz

Il y a 40 ans, pour l’économie de l’électricité, la Compagnie marocaine Chaffoteaux et Maury proposait l’utilisation de chauffe-eau et de chauffe-bains au gaz. L’énergie solaire viendrait après.

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«Économisons l’énergie !», nous conseillent les plus hautes autorités du Royaume. Or, parmi les énergies utilisées dans les matériels en pièces détachées au Maroc et l’une des plus coûteuses est bien l’électricité. Peut-on réaliser des économies sur la consommation d’électricité ? Oui, nous ont répondu les responsables de la compagnie Chaffoteaux et Maury, en substituant à l’électricité le gaz, butane ou propane, notamment dans l’utilisation des chauffe-eau et des chauffe-bains.

En effet, un chauffe-eau ou un chauffe-bain à gaz ne fonctionne que lorsqu’on l’utilise. Il fournit de l’eau chaude instantanément et d’une façon illimitée, alors que les mêmes engins, s’ils sont électriques, fonctionnent vingt-quatre heures sur vingt-quatre, avec toute la dépense – et tout le gaspillage d’énergie – que cela implique.

La Compagnie marocaine Chaffoteaux et Maury a été fondée en 1981, à l’initiative de la Société nationale d’investissements (SNI). C’est une filiale de la société française Chaffoteaux et Maury, sa vocation première est la fabrication et l’essayage de chauffe-eau et de chauffe-bains. La Société marocaine importe ces matériels en pièces détachées et les monte dans son usine installée au quartier industriel de la Cité Mabrouka à Casablanca, non loin de la route de Rabat.

La CMCM propose, pour la clientèle du Maroc, quatre gammes d’appareils : un de 5 litres et un de 10 litres pour installation sur un évier, un de 13 litres et un de 16 litres pour salle d’eau (lavabo, baignoire, bidet, etc.).

Les économies réalisées par l’utilisation de ces engins seraient encore plus importantes si les droits de douane qui frappent ces matériels à l’importation n’étaient pas aussi élevés (60% de base), ce qui, compte tenu des autres taxes et frais divers, arrive à plus de 90% du prix de revient, c’est beaucoup…

D’autant plus que des promesses avaient été faites, naguère, dans le sens d’une révision de ce classement à la nomenclature. Il semble que, pour l’instant, aucune décision ne soit encore intervenue. Quoi qu’il en soit, la Compagnie marocaine Chaffoteaux et Maury ne s’en tient pas à ses activités actuelles : elle a des projets et a déjà prévu un investissement de deux millions pour s’équiper de manière à fabriquer jusqu’à 40% de ces appareils, c’est là une forme appréciable de l’intégration.

Ainsi, toute la tôlerie notamment pourra être fabriquée dans l’usine de Casablanca ; et la CMCM qui, à présent, emploie une vingtaine d’ouvriers – dont certains spécialisés – en emploiera alors une trentaine, contribuant ainsi à la lutte du gouvernement contre le sous-emploi. Autre projet de la Compagnie marocaine Chaffoteaux et Maury : l’utilisation de l’énergie solaire. Cette nouveauté – du moins en ce qui concerne le Maroc mais pas dans toutes les provinces – est à l’évidence, en dépit des réticences dont le bon sens doit venir à bout, la solution de l’avenir pour notre pays où l’ensoleillement annuel est en moyenne de 320 jours. Grâce à cette forme d’énergie, ô combien renouvelable, on peut chauffer un appartement, un local, un hôpital, une école… On peut fournir ces constructions en eau chaude pour les usages domestiques ou sanitaires.

Il faut reconnaître que dans le contexte actuel qui prévaut au Maroc, le public n’est pas encore sensibilisé à l’utilisation de l’énergie solaire. Nombre de bureaux d’études et de cabinets d’architectes répugnent encore à programmer, dans leurs projets, l’utilisation des panneaux solaires. Il est vrai que cette technique n’est pas encore entrée dans nos habitudes, mais des expériences ont été tentées, notamment dans nos provinces sahariennes, et les résultats ont été plus que concluants : on cite, à cet effet, le cas d’un hôpital, au Sahara, qui est équipé uniquement à l’énergie solaire pour son chauffage et son ravitaillement en eau chaude.

Ce pourrait être l’un des rôles des ERAC, CCI, que de suggérer à leurs bureaux d’études l’utilisation de l’énergie solaire pour de nombreuses réalisations.

Bien sûr, on doit reconnaître également que l’importation de panneaux solaires coûte, dans les conditions actuelles, assez cher. Là encore, la nomenclature douanière classe impitoyablement ces matériels dans une catégorie frappée de droits de douane de 60%, ce qui, comme pour les chauffe-eau et les chauffe-bains, se monte finalement à plus de 90% du prix de revient. Il y aurait donc, là aussi, une législation à revoir et des mesures à assouplir, cela dans l’intérêt du pays.

 

La Vie Économique

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