SUIVEZ-NOUS

Archives

1994 : Projet d’une 3e chaîne TV publique

Il y a 30 ans, le paysage audiovisuel marocain était sur le point de connaître une mutation majeure avec l’annonce, pas tout à fait officielle certes, de la création d’une nouvelle chaîne de TV. Elle serait, disait-on, publique, culturelle et régionale…

Publié le

Bientôt une troisième chaîne au Maroc ? Dans sa dernière édition, La Vie économique se faisait l’écho de l’apparition d’une société d’économie mixte, constituée du Service autonome de publicité, de la RTM et d’investisseurs privés proches des milieux publicitaires.

Objectif : lancer une chaîne de télévision à vocation culturelle qui diffuserait en clair. Une éventualité confirmée indirectement, vendredi 15 novembre à Rabat, lors de la Journée de l’information, par Driss Basri, ministre d’État à l’Intérieur et l’information.

Après investigations auprès des milieux apparemment concernés par cette nouvelle aventure médiatique, il apparaît que la rumeur a été beaucoup plus vite que le projet lui-même, qui, selon des sources proches du ministère de l’Information, en serait actuellement au stade des études préliminaires.
En effet, on fait savoir tout d’abord qu’il s’agirait plutôt d’une chaîne publique, à capitaux exclusivement étatiques donc.
La vente des studios d’Ain Chock, à ce jour encore occupés par la TVM, n’est donc pas confirmée, ce qui ne signifie pas pour autant qu’ils ne seront effectivement pas destinés à abriter la future chaîne.

Par ailleurs, il est donné pour acquis que la chaîne sera culturelle certes, mais aussi (voire surtout ?) régionale, c’est-à-dire tournée essentiellement vers une couverture des différentes entités régionales qui composent le pays.

Ainsi, pourront participer au financement de cette entreprise médiatique nouvelle, les collectivités locales, les établissements publics intéressés, voire peut-être les ministres opérant dans le champ de la décentralisation et de la régionalisation.

En outre, comme on a pu le faire remarquer à la Vie économique, la vocation culturelle de ladite chaîne interdit pratiquement que des opérateurs privés s’y adjoignent, puisque la recherche du profit s’accommode mal, dit-on, d’une vocation aussi peu « rentable »…

Ainsi, à quelques modifications près, il semble que le vieux projet de chaîne de télévision régionale, relayée par faisceaux hertziens, soit remis au goût du jour.

Cette initiative qui, il y a quelques années, avait particulièrement occupé l’esprit des pouvoirs publics avait ensuite été abandonnée au profit de la mise sur pied de la chaîne cryptée à péage, 2M.

Aujourd’hui, alors que la chaîne casablancaise poursuit le chemin difficile d’une chaîne généraliste assimilée par les plus exigeants à un «super club vidéo» et objectivement gênée par les paraboles qui prolifèrent et les pirates qui se multiplient, et que la vénérable TVM se caractérise par une rigidité faite d’un conformisme sclérosant, l’apparition d’un troisième «larron», même public, est perçue comme salutaire.

Ceci pourra sans doute aiguillonner l’une et l’autre en instaurant plus de concurrence. En effet, l’ouverture du paysage audiovisuel national s’impose plus que jamais, car le téléspectateur, qui ne trouve pas toujours son compte malgré la multiplication de l’offre parabolique, est avide de programmes et d’émissions qui l’interpellent dans son vécu et son quotidien.

Souhaitons donc que cette préoccupation soit celle aujourd’hui des promoteurs d’un projet audiovisuel qui ne devrait pas tomber dans les travers de ses consœurs.
FAHD YATA

CamScanner 19-11-2024 09.05