Diplomatie
Maroc-Espagne : Bourita rejette les «accusations sans fondement» sur la migration
Nasser Bourita a affirmé, jeudi à New York, que l’absence de retour des migrants en situation irrégulière et des mineurs non accompagnés relevait exclusivement de la responsabilité de l’Espagne.
Le Maroc a une position claire sur le retour des migrants en situation irrégulière et des mineurs non accompagnés, a affirmé Nasser Bourita, jeudi à New York. S’exprimant devant la presse après un entretien avec son homologue espagnol, José Manuel Albares, en marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, le ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger a attribué à l’Espagne la responsabilité des blocages.
«Si les migrants illégaux et les mineurs ne sont pas retournés, il ne faut pas poser la question au Maroc, mais plutôt à l’Espagne», a-t-il déclaré. Selon lui, cette situation demeure liée à des «polémiques, à des obstacles et à des difficultés espagnoles».
Nasser Bourita a également critiqué les déclarations de certains acteurs politiques espagnols sur la question migratoire. Il leur a reproché de ne pas mesurer la valeur du partenariat bilatéral et de méconnaître aussi bien le Maroc d’aujourd’hui que la gestion de la migration.
«Le partenariat ne se construit pas sur des réquisitoires infondés et la rhétorique stérile», a-t-il souligné. La migration, le partenariat et le voisinage ne peuvent, selon le ministre, être gérés par la surenchère et les accusations sans fondement. Il a déploré la persistance d’un débat qu’il juge stérile, alimenté par des responsables politiques d’envergure qui continuent, selon ses propos, de verser dans la polémique et les accusations gratuites, au détriment de la valeur de cette relation.
Le ministre a, dans le même temps, réaffirmé que les rapports entre Rabat et Madrid restent et resteront fondés sur la Déclaration conjointe d’avril 2022, adoptée à l’issue des discussions entre Sa Majesté le Roi Mohammed VI et le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez.
Il a rappelé les principes de partenariat, de respect mutuel et de dialogue, ainsi que la nécessité d’éviter les faits accomplis et les actes inattendus. Ces engagements doivent permettre aux deux pays de se concentrer sur ce qui les unit et de circonscrire leurs divergences.
«Il y a beaucoup de points sur lesquels nous sommes d’accord et où on peut avancer», a assuré Nasser Bourita. Sur les sujets de désaccord, il a appelé au dialogue et à la concertation, dans un esprit de bon voisinage et de coopération.
