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1974 : Automobile, changement de tendance
Il y a 50 ans, le prix de l’essence a augmenté, ceux du transport et des pièces de rechange aussi. Le consommateur optait alors pour de petites cylindrées et de plus en plus pour le diesel.
Quelle est la tendance qui va désormais orienter le marché de l’automobile au Maroc ? La situation est comparable à celle que l’on peut trouver partout en Europe, en ce sens que le Maroc ne risque certes pas de manquer de pétrole (des assurances lui ont été données par les producteurs), mais la brusque montée du prix de l’essence et la crainte de nouvelles hausses risquent évidemment de freiner les achats de voitures. Non seulement le carburant est plus cher, mais les véhicules eux-mêmes, les pièces détachées, les pneus, l’entretien s’orientent inévitablement vers des hausses qui pèseront sur les budgets limités. L’idéal évidemment serait de parvenir à la formule que l’on cite actuellement en boutade : avoir une voiture dont le rendement serait celui d’une Mercedes, le prix d’achat celui d’une Fiat 600, la consommation celle d’une Vespa. Malheureusement, la formule n’est pas encore au point.
Or, actuellement sur le marché qui nous concerne directement, les pièces CKD utilisées pour le montage et provenant généralement de France ont subi une hausse sensible. Le prix pour en assurer le transport a lui aussi sensiblement augmenté dans des proportions qui sont de l’ordre de 25 à 30%. Enfin, les pièces s’apprêtent à augmenter ou risquent de le faire dans un très proche avenir.
Il est donc inévitable que l’on arrive à une hausse sur le prix des voitures et certaines marques ont déjà mis en application une augmentation, tandis que d’autres s’apprêtent à le faire. Il est pour le moment impossible de chiffrer avec certitude ces hausses, mais on devrait être fixé dans un avenir relativement proche.
D’autre part, le Maroc, contraint de suivre la tendance internationale, a été obligé d’augmenter une nouvelle fois le prix de l’essence et il est certain que désormais de nombreux acquéreurs aux revenus modestes se tourneront vers de plus faibles cylindrées. Il est donc à prévoir que de plus en plus on assistera dans l’avenir à un déplacement de la clientèle. Les cylindrées les plus fortes deviendront des voitures de luxe qui ne seront achetées que par certaines classes d’utilisateurs. Il est hors de question d’adapter pour les modèles courants montés au Maroc des moteurs Diesel sur ces véhicules qui n’en sont pas équipés à l’origine. Il s’agirait alors d’une transformation totale beaucoup trop onéreuse pour la quantité relativement modeste de voitures nécessitée par le marché marocain. On en arrive donc, pour l’industrie automobile, au même point que pour toutes les autres industries, métallurgiques notamment : la situation est actuellement saine, affichant même une relative prospérité, mais l’avenir et même le très proche avenir sont teintés d’incertitudes.
La production des voitures de tourisme est essentiellement basée sur le montage qui est effectué par la Somaca et c’est en se basant sur des chiffres provenant des statistiques de cette société que l’on peut définir la tendance du marché. C’est en 1973 que la production a été la plus forte avec 21.264 voitures dont la ventilation s’effectue de la façon suivante :
Dans la série des FIAT, 6.120 véhicules dont la plus grande partie (2.657) est constituée par les 124, suivies des 128 (1.678). La construction des petits modèles tels que les 600 et 850 a été assez faible. L’intérêt de la clientèle s’est portée, outre les séries déjà désignées, sur les moyennes cylindrées telles que les 127. La nouvelle 132 (1800 CMC) a été bien accueillie.
Dans les séries des Simca, le chiffre est comparable avec 5.239 véhicules. La 1.100 a été la plus recherchée avec 2.489 voitures, suivie de la 1.000 puis de la 1.300 et 1301.
Dans le groupe des Renault, c’est au contraire les petites cylindrées qui ont été les plus vendues avec 4.140 4 L sur un total de 8.721 voitures de cette marque. Viennent ensuite la R 16 TL et TS (2.248 voitures) puis la R 12 normale et spéciale. La 5 TL commence à connaître une grande vogue auprès de la clientèle. L’Opel (en 1700/1900 CMC) vient avec 610 voitures, puis l’Austin 850 moins de cent. On peut rappeler que depuis sa création, la Somaca a assemblé 145.670 véhicules dont 52.000 Renault, 49.000 Fiat et 36.000 Simca. Ce sont évidemment des chiffres encourageants, mais entraînant de réels problèmes au moment des changements de production.
La Vie Économique

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