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1934 : Importations en baisse, mais…
Il y a 90 ans, le monde était en crise, le Maroc importait moins et exportait un peu plus, en volume et en valeur. Le pouvoir d’achat avait baissé, mais la production avait augmenté.
En 1933, le chiffre de nos importations a été en francs 1.582.416.000, en tonnes 1.006.706, tandis qu’il avait été l’année précédente de 1.785.058.000 francs et 1.125.140 tonnes, il a donc, en 1933, baissé de 202.642.000 francs et de 118,374 tonnes. En 1933, le chiffre de nos exportations a été en francs 600.231.000 et en tonnes 1.724.805, tandis qu’il avait été l’année précédente de 684.965.000 francs et de 1.646.414 tonnes. Il a donc baissé en francs de 84.734.000 en tonnes et il a augmenté de 78,391 tonnes.
Ainsi, le Maroc, en 1933, a diminué ses achats à l’extérieur, soit que son pouvoir d’achat ait baissé, soit que sa production ait augmenté. En même temps que cette baisse réelle, ses achats subissaient une baisse apparente avec le même prix. Il acquerrait une plus grande quantité de marchandises. L’augmentation de son tonnage exporté nous prouve qu’il n’est pas atteint dans sa richesse profonde qui est la production, mais que la crise mondiale le gêne assez sérieusement : c’est à cause de la chute des prix sur le marché français et sur les marchés étrangers que pour une quantité supérieure de produits vendus il a reçu un prix inférieur à l’année précédente.
Ces chiffres nous indiquent, d’autre part, que les marchandises que le Maroc achète sont beaucoup plus chères que celles qu’il vend. Il est vrai, comme nous l’avons fait remarquer plusieurs fois, que les prix d’achat et de vente indiqués sont assez approximatifs.
Jetons un coup d’œil sur les postes principaux aux importations et aux exportations.
Aux importations, les matières animales ont diminué en valeurs et ont augmenté en quantités, nous nous sommes donc pour un même prix beaucoup mieux nourri qu’en 1932. On peut dire la même chose des fabrications : il nous faut bénir, à ce point de vue égoïste, la crise industrielle et les dumpings. Les matières végétales et minérales ont diminué à la fois, bien que dans des proportions différentes, en quantités et valeurs. Aux exportations, il nous faut noter l’augmentation sensible en quantités et valeurs des matières animales. En ce qui concerne cette catégorie, notre balance est du reste favorable : le Maroc fait venir de l’étranger des produits de l’élevage, beurres, fromages, etc., qu’il achète à bas prix. Il exporte sur la France des animaux qu’il vend relativement cher. On peut faire le même raisonnement – comme plus haut du reste – en ce qui concerne les fabrications.
Malheureusement, les matières végétales ont augmenté en quantité et diminué en valeurs, les matières minérales ont diminué à la fois en quantités et en valeurs (…) Les quantités de laits, beurres, fromages et poissons conservés augmentent, ce qui s’explique par la baisse des prix de ces marchandises qui les rend accessibles à un plus grand nombre de consommateurs.
Passons sur la diminution très normale des importations de blé, farines, semoules et semoulettes. Les importations de pommes de terre diminuent légèrement, celles du sucre raffiné diminuent, tandis que celles du sucre brut augmentent, ce qui montre l’activité de la fabrication locale, celle-ci a encore devant elle un marché de 1 million de quintaux, chiffre approximatif des importations. Les importations du café diminuent légèrement, celles du thé augmentent. Après une lutte pathétique que nous suivons depuis plusieurs années sur les statistiques entre les huiles de soya originaires des colonies étrangères et les huiles d’arachide originaires de France et des colonies françaises, nous assistons à la victoire de celles-ci. Diminution des importations de bois et surtout des vins concurrencés par la production locale.
Aux exportations, les quantités sont beaucoup moins intéressantes que les valeurs. Ne nous occupons que de ces dernières. Chute des exportations en valeur des bœufs, chevaux, cire, augmentation des exportations de moutons, des exportations de boyaux, porcs, laine en suint, œufs, peaux, poissons marinés. Aux matières végétales en diminution, toujours en valeur, des blés, orge, avoine, semoules de blé, fèves, lentilles, pois chiches, alpistes, amandes, graines de lin, coriandre, fenugrec, cumin, crin végétal… Nos exportations de phosphates, calculées en francs, continuent à diminuer, tandis qu’elles ont légèrement repris en quantité, nos exportations de minerais de fer, cuivre, zinc sont à 0, celles de plomb à presque 0, celles de manganèse ont baissé de près de moitié, celles de graphite sont insignifiantes. Le petit Casablancais

CamScanner 15-02-2024 13.44
