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Edito

Venu, bâti, parti !

Chez les patrons de partis, il y aura désormais la jurisprudence Akhannouch. L’homme qui, au summum de sa réussite, a décidé de ne pas succomber aux sirènes de la tentation.

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Il l’a fait ! Et il est résolu ! Aziz Akhannouch a pris la nomenklatura politique à contre-pied en annonçant son départ après deux mandats à la présidence du Rassemblement national des indépendants (RNI).

Le président a respecté au pied de la lettre les statuts de la formation politique dont il était lui-même un des «pen-holders» quand il a pris la tête du parti en 2016

(voir p. 12) et qui fixe ce plafond de mandats. Une exemplarité en matière de démocratie interne à clouer au pilori des zaïms qui collent à leurs fauteuils décrépis de Premier socialiste ou de Camarade secrétaire. Ou encore à faire avaler la barbe du populiste qui a fait son come-back en tant que mufti virtuel…

Chez les patrons de partis, il y aura désormais la jurisprudence Akhannouch. L’homme qui, au summum de sa réussite, a décidé de ne pas succomber aux sirènes de la tentation. Celle de prolonger, de considérer le parti comme sa propriété, alors que le terrain était déjà balisé pour lui.

Une extension de son mandat en cours ou l’établissement d’un troisième mandat étaient plus que demandé aussi bien par la base que par la direction de la formation politique. Le scénario semblait même être écrit d’avance…

Mais Aziz Akhannouch a provoqué un séisme politique juste en privilégiant la sagesse démocratique, estimant que le parti qu’il a mis sur orbite est capable de trouver sa sphère gravitationnelle. Surtout que le 4e président du RNI a démontré que tant de choses peuvent être accomplies en deux mandats.

Sa rigueur, sa méthodologie, sa capacité d’entraînement ont inculqué une nouvelle culture de performance au sein de l’écurie politique, devenant un cas d’école dans un champ partisan jusque-là peu fertile. Il suffit de rappeler que le parti a récolté lors des législatives de 2021 autant de voix que le cumul des quatre législatives précédentes pour juger de la machine électorale qu’est devenu le RNI…

L’ingénieur du Plan Maroc Vert a réussi à semer au sein de cette formation les graines de la confiance, du dévouement, de la responsabilité et de la méritocratie. Des valeurs que ceux qui ont suivi la carrière de Ssi Aziz lui reconnaissent sans sourciller…

Mais il y a toujours les autres qui voient tout en noir. Ceux-là qui auraient tout compris et qui «analysent» l’annonce d’Akhannouch de se retirer de la présidence du parti comme une manœuvre politicienne.

Ils continuent de cultiver cette méfiance envers l’action politique au moment même où un geste d’une «classe» mémorable vient démontrer que la démocratie n’est pas une chimère ni une approche sur mesure.

Une pensée complotiste qui disparaîtra forcément si notre classe politique daigne s’inspirer du parcours politique d’Akhannouch. Le parcours d’un haut commis de l’État qui a trop d’estime pour le sens de la responsabilité.