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Edito

Tamghrabit en mode fair-play

Le Maroc a encore une fois perdu sur la pelouse, mais il a renforcé l’affection que portent pour lui les peuples africains. Il a de nouveau fait la démonstration d’un pays humble, respectueux à l’égard de ses partenaires autant qu’à ses adversaires.

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C’est un peu tout le Royaume qui s’est réveillé avec la gueule de bois ce mercredi 31 janvier. La soirée n’a pas été joyeuse : les Lions de l’Atlas sont sortis d’une Coupe d’Afrique des Nations (CAN) où ils partaient favoris. Une élimination qui met fin aux ambitions de voir l’équipe nationale renouer avec un sacre continental qui lui échappe depuis quasiment un demi-siècle.

Soulever ce trophée aurait été d’une grande symbolique pour affirmer et confirmer le statut de puissance régionale que le Royaume a pu asseoir ces deux dernières décennies grâce à une politique visionnaire, volontariste et ouverte sur le monde. Battre l’Afrique du Sud, qui souvent n’hésite pas à nous tacler sur notre terrain d’intégrité territoriale, aurait aussi été une belle revanche. Mais le ballon rond en a décidé autrement : le rêve de la CAN est fini pour nous, du moins pour 2024…

Rendez-vous est alors pris l’année prochaine quand le Royaume sera le pays hôte de cette compétition. Entre-temps, le football continuera de faire rêver, de déchaîner les passions, mais aussi les débats de Tanger à Lagouira. Les choix tactiques de Walid Regragui, tout comme les performances techniques de son effectif, sans parler de l’efficacité du modèle Lekjaâ ne feront jamais l’unanimité, que ce soit sur les terrasses de cafés ou en prélude des réunions officielles. Ainsi est la magie du sport roi qui a réussi à fédérer tous les Marocains et à entretenir un rêve commun, depuis l’épopée glorieuse du Mondial qatari.

La réconciliation entre les Marocains et leur équipe nationale, qui s’opère en douceur depuis bientôt une décennie, a permis surtout de révéler au monde un public exceptionnel. Le déplacement en masse de supporters à chaque manifestation est accompagné de scènes et d’actions qui témoignent des particularités chez le peuple marocain. Cette tamghrabit qui se manifeste par des gestes simples, spontanés ou encadrés, comme distribuer des tee-shirts, vivre en immersion et partager le quotidien, les danses et les traditions avec les locaux, en dit long sur cette incroyable capacité d’adaptation des Marocains, leur ouverture d’esprit et prédisposition à la découverte.

On le sait, on le ressent, on est même jalousés par le fait que le «Maroqui» est curieux parfois même un peu trop. Il dispose d’un seuil de tolérance qui n’a d’égal que son niveau de schizophrénie. Il peut être parfois conservateur, spirituel, mais il est toujours pragmatique. Et surtout, il est fier de sa culture, de sa diversité et des valeurs de son pays. Le Maroc vient également de donner une belle image de fair-play lors de cette CAN durant laquelle il a souvent été accusé d’être le pays marionnettiste des instances de la Confédération africaine, jusqu’aux salles du VAR.

Le Maroc a encore une fois perdu sur la pelouse, mais il a renforcé l’affection que portent pour lui les peuples africains. Il a de nouveau fait la démonstration d’un pays humble, respectueux à l’égard de ses partenaires autant qu’à ses adversaires. Cela ne s’invente pas : c’est dans notre ADN, c’est dans notre tamghrabit.