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Edito

Tambours de guerre numérique…

Dans la course à la digitalisation et dans leur précipitation à vouloir combler un retard, certains dirigeants ont peut-être privilégié le développement à la sécurité.

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Le Maroc numérique a de nouveau tremblé cette semaine. Des données cadastrales ont été divulguées sur le web, laissant croire à une nouvelle cyberattaque contre une administration du Royaume.

Après la CNSS, qui ne s’est toujours pas relevée du piratage ayant conduit à un étalage public des salaires bruts de quasiment tous les affiliés à la Caisse sociale, l’on croyait que la base de données de l’Agence nationale de la conservation foncière a également été compromise.

Finalement, il s’est avéré que la fuite d’actes de propriété, de contrats de vente et de données bancaires provient des ordinateurs de notaires. Plus de peur que de mal ? Pas vraiment…

Le mal est fait : des données ont fuité. Certes, elles portent essentiellement sur la data publique, puisque les registres de la Conservation foncière sont ouverts aux citoyens.

Il n’empêche qu’il s’agit d’une nouvelle attaque qui confirme que le Maroc est dans le collimateur de hackers professionnels, sans doute mobilisés par des parties hostiles lancées dans une cybercroisade contre notre pays. Elle révèle aussi une nouvelle vulnérabilité, notamment celle des ordinateurs «personnels» reliés à des bases de données publiques.

On l’a vu par le passé : un diplomate avec des données sensibles sur son laptop avait ouvert la brèche d’une des premières fuites de données au Royaume : les fameux Morocco Leaks mis en ligne par le tristement célèbre Chris Coleman.

Aujourd’hui encore, combien d’avocats traînent avec des dossiers confidentiels de leurs clients dans un laptop truffé de spywares ? Combien de médecins, d’ingénieurs, de hauts fonctionnaires trimballent dans leur attaché-case un cheval de Troie ? Demain, seront-ils à leur tour ciblés méthodiquement à l’instar des notaires ? À ne pas exclure…

Nul doute qu’il est impossible de sécuriser tous les ordinateurs du Royaume, mais la sensibilisation reste peut-être insuffisante quant à l’envers de ce décor mirifique du monde connecté.

Accentuer les efforts dans ce sens est sans doute un vaccin contre ces virus cachés dans des plateformes de téléchargement, des jeux mobiles, voire dans des spams de phishing aux leurres grossiers…

Plus important encore, rendre étanches les bases de données publiques (de plus en plus nombreuses et interconnectées) est une obligation des institutions marocaines.

Dans la course à la digitalisation et dans leur précipitation à vouloir combler un retard, certains dirigeants ont peut-être privilégié le développement à la sécurité. Peut-être qu’ils avaient été mal accompagnés dans ce processus de digitalisation ou même pressés par une obligation de résultats ?

Mobiliser toutes les compétences en matière de cybersécurité, en former des contingents, investir dans une souveraineté numérique devient urgent. Les tambours de guerre numérique résonnent de plus en plus fort…