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Edito

Routes & Transports : Tractations sur asphalte

Les négociations s’annoncent âpres entre le ministère de tutelle et les transporteurs, qui ne manqueront pas évidemment de peser de tout leur poids (lourd) dans les discussions.

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Syndicat des transporteurs ! Partout dans le monde, une telle organisation fait trembler les décideurs, tant la capacité de nuisance de ce maillon fondamental de la chaîne logistique est dissuasive.

Le Maroc ne fait bien évidemment pas exception. Plusieurs fois, les transporteurs ont pu imposer leur point de vue, comme en 2016, quand ils ont bloqué l’activité au port de Casablanca sur fond de désaccord sur les modalités de contrôle par scanner.

Cette fois-ci encore, le scénario se répète avec un nouveau bras de fer avec le wali de Casablanca. Mohamed Mhidia a dû revenir sur sa décision d’interdire la circulation des poids lourds dans l’autoroute urbaine, quelques jours seulement après son application. Les panneaux d’interdiction plantés en un week-end ont été recouverts ou démontés en une nuit.

Objectif : créer des conditions plus favorables au dialogue avec les transporteurs qui mènent une grève ouverte dont les implications sur l’activité économique seront désastreuses. Pour les convaincre, le wali doit proposer des alternatives.

Nouveau plan de circulation tenant compte des horaires, retour à l’homologation des véhicules à poids moyens de 3,5 tonnes, délai de renouvellement de la flotte…, tant de paramètres sont à prendre en compte. Les tractations risquent d’être houleuses…

Hasard de calendrier, ce bras de fer sur asphalte bidaoui est déclenché au moment même où se tenait à Marrakech la Conférence ministérielle mondiale sur la sécurité routière, en présence du chef de gouvernement, Aziz Akhannouch, ainsi que de plusieurs ministres et décideurs marocains et étrangers.

La thématique «S’engager pour la vie» qui a servi de fil rouge pour les travaux de cette 4e édition n’est pas fortuite : elle devait aboutir à l’élaboration d’une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies dédiée à la sécurité routière.

Une feuille de route visant à réduire de 50% le nombre de décès dus aux accidents de la route d’ici 2030. Ce conclave réconforte sur la détermination du Royaume à mettre fin à une «guerre des routes» dont le coût est estimé à près de 1,7% du PIB, selon les chiffres de la Narsa.

Celle-ci estime à quelque 20 milliards de dirhams les conséquences humaines, sociales et économiques de ces drames routiers qui n’arrivent pas qu’aux autres…

Un des principaux leviers pour atténuer ce désastre n’est autre que cette nouvelle réforme du Code de la route, désormais lancée dans le circuit législatif.

Le nouveau projet de loi, aujourd’hui au stade de la consultation publique, aura la main lourde sur les infractions routières, dont certaines deviennent des délits.

L’arsenal juridique relatif au secteur du transport routier sera renforcé de manière à lutter contre la surcharge des véhicules, à imposer le chronotachygraphe (enregistreur de vitesse) tout en impliquant la responsabilité des employeurs.

Là aussi les négociations s’annoncent âpres entre le ministère de tutelle et les transporteurs, qui ne manqueront pas évidemment de peser de tout leur poids (lourd) dans les discussions.

Il reste juste à espérer que le sens du dialogue constructif l’emportera que ce soit dans les salles de réunion de la wilaya de Casablanca ou dans les salles de réunion du département de tutelle…