Edito
Résilience, reconstruction et démagogie
Il est malheureux de constater que des experts internationaux croient dans le potentiel du Royaume bien plus que certains de nos compatriotes qui préfèrent dénigrer leur pays.
Si la nuit du 8 septembre reste gravée à jamais dans la mémoire de tous les Marocains, la date du 17 novembre est aussi à retenir. Ce jour-là, dix semaines jour pour jour après le séisme, dans un douar perdu de Taroudant (Tizi Ntest), le premier permis de (re)construire a été délivré. Aussitôt, les travaux ont d’ailleurs démarré pour rebâtir en plus solide un des milliers de logements totalement effondrés. Cette nouvelle maison qui sortira de terre peut symboliser le renouveau pour ces zones du Haut Atlas, mais aussi l’efficacité et la célérité de la réponse des pouvoirs publics pour venir en aide aux sinistrés.
La Commission interministérielle chargée du déploiement du programme d’urgence de réhabilitation et d’aide à la reconstruction des logements détruits par le séisme en est à sa septième réunion sous la présidence du Chef du gouvernement. Plus de 25.000 ménages bénéficient déjà d’une aide financière directe (2.500 dirhams) et empocheront jusqu’à 140.000 dirhams pour reconstruire leur logement. Il s’agit d’un transfert monétaire considérable pour des centaines de douars qui bénéficient d’une mise à niveau des infrastructures de base : liaisons routières, centres sanitaires, établissements scolaires…
La réponse humanitaire apportée au séisme est aujourd’hui louée par les organismes internationaux. Dans son dernier rapport de suivi de la situation économique au Maroc, la Banque mondiale relève la résilience externe du pays qui «a réussi à répondre de manière efficace aux chocs récents. Le séisme d’Al Haouz du 8 septembre est le dernier d’une série de chocs ayant frappé le Maroc depuis la pandémie de Covid-19». Les experts de l’institution listent une série d’indicateurs illustrant cette résilience extérieure du Maroc : «Une demande extérieure robuste (et croissante), la vigueur des flux d’IDE, de plus en plus orientés vers le secteur manufacturier, l’émergence de diverses niches industrielles modernes étroitement liées aux chaînes de valeur mondiales…».
Les autorités ont fait preuve d’une forte capacité à faire face à ces perturbations, constate ce rapport dont l’intitulé est limpide : «De la résilience à la prospérité partagée». Il est donc malheureux de constater que des experts internationaux croient dans le potentiel du Royaume bien plus que certains de nos compatriotes qui préfèrent dénigrer leur pays plutôt que de contribuer à son développement et son rayonnement. Avec des œillères qui limitent leur horizon les empêchant de voir tout ce qui a été réalisé ou en cours de construction, ils restent focalisés exclusivement sur ce qui ne tourne pas rond et n’hésitant pas parfois à faire dans l’exagération ou dans la désinformation. Les membres de l’Exécutif en font les frais chaque jour.
Cette semaine, par exemple, le ministre délégué chargé du Budget s’est retrouvé dans un imbroglio médiatique à cause de déclarations qu’il n’aurait jamais faites. Fouzi Lekjaâs aurait associé les contraintes budgétaires (structurelles par ailleurs) à la grève des enseignants qui veulent gagner plus tout de suite et, si possible, sans même avoir à travailler. Le responsable gouvernemental a beau démentir avoir apporté une telle justification, le mal est fait. Certains ont pris le raccourci de se demander comment peut-on trouver de l’argent pour financer une Coupe du monde et ne pas en avoir pour augmenter les salaires des enseignants. Plus que de la démagogie, c’est de la mauvaise foi…
