Edito
Pour oublier définitivement l’année 2022
L’année 2022 est à oublier ! Les comptes provisoires publiés cette semaine par le Haut-Commissariat au plan viennent rappeler à l’économie du Royaume les épreuves subies. Tous les voyants sont quasiment au rouge, comme le laissaient prévoir les premières tendances
L’agriculture et la pêche ont vu leur valeur ajoutée dégringoler, inhibant la croissance du Produit intérieur brut qui ressort à un petit 1,3%.
La légère performance du secteur industriel et la stabilité du rythme des métiers de services n’ont pas suffi pour assurer une cadence de croissance honorable. La détérioration des principaux ratios économiques tout comme l’aggravation du besoin de financement et la baisse de la consommation finale des ménages viennent noircir davantage le tableau des comptes publics de Maroc SA.
Mais il y a toujours un indicateur auquel on peut se raccrocher pour éviter de perdre confiance. Il s’agit du PIB par habitant qui s’installe à 36.274 dirhams, signant une progression de 3,3%. Évidemment, il n’y a pas de raccourci à prendre pour crier à l’amélioration des revenus des Marocains ou de leur niveau de vie. Quand bien même, le Revenu national disponible par habitant réalise lui aussi un bond de 4,3% pour s’établir à 39.163 dirhams…
Le niveau d’inflation en 2022 a été tel qu’il a rendu ces légères performances quasi insignifiantes. Les 8,2% de hausse de l’Indice du coût de la vie ont pesé lourd sur le panier de la ménagère. Et encore, cette surenchère a été en premier lieu sur les produits importés (énergie et intrants) alors que ses répercussions sur les produits du terroir ont eu lieu avec un décalage de plusieurs mois. C’est ce qui explique l’envolée des prix des produits alimentaires qui a fait l’objet de tant de récupération politique.
Le Maroc est en crise, c’est une réalité que nul ne peut nier. Sa résilience face à ces chocs demeure néanmoins une autre réalité qu’il ne faut pas négliger. L’impact d’une succession de crises aurait été plus catastrophique si des mesures d’urgence n’avaient pas été rapidement engagées pour soutenir le pouvoir d’achat et relancer l’économie.
Et cette gestion des urgences n’a pas empêché l’Exécutif de poursuivre son programme, notamment dans ses composantes sociales budgétivores que sont l’éducation, la santé et la protection sociale.
Au niveau de l’emploi, malgré les dégâts de la maigre récolte agricole, les programmes gouvernementaux ont pu nous éviter le chômage de masse. Mieux encore, la nouvelle charte de l’investissement pose les jalons d’une nouvelle dynamique entrepreneuriale avec ses effets escomptés sur le marché du travail.
«Annus horribilis», 2022 a été un virage qui a été négocié sans caler définitivement le moteur de la croissance. Malgré tout, cette période a été mise à profit pour poser les bases d’une nouvelle dynamique enclenchée dans différents domaines.
Les temps de passage pour 2023 s’annoncent déjà plus prometteurs même s’il ne faut pas s’attendre à une accélération de la croissance dès cette année. Le chemin vers la consolidation d’un véritable Etat social, avec la prospérité du citoyen qu’elle implique, est encore long… Nous n’en sommes d’ailleurs qu’à ses débuts.
