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Edito

Marchés publics : Commande, préférence et transparence

Si les grands groupes nationaux ont la capacité aujourd’hui de rivaliser avec des mastodontes internationaux, il est de leur responsabilité d’attirer dans leur sillage des PME qui ne cherchent que l’opportunité de montrer leurs compétences.

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Un président de région qui signe à tour de bras des conventions en dizaines de milliards de dirhams, un patron d’établissement public qui ratifie des accords pour des investissements ou des commandes stratosphériques, un ministre qui amorce des plans stratégiques monstrueux…, les milliards de la commande publique pleuvent depuis quelque temps.

Et cela se ressent sur plusieurs secteurs d’activité, mais aussi au niveau des grands groupes qui ont su être au rendez-vous pour tirer profit de cette manne des investissements publics.

La commande publique est le moteur actuel de la croissance, c’est un secret de Polichinelle, une évidence keynésienne. Et fort heureusement, la législation relative aux marchés publics a connu maintes réformes, avant qu’il n’y ait eu ce rush d’investissements.

Mieux encore, elle est en perpétuelle révision pour suivre les évolutions et s’aligner sur les standards internationaux, comme le souligne à chaque occasion le ministre délégué chargé du Budget. La dernière révision de cette législation a permis de rehausser la transparence et l’égalité des chances dans l’attribution des marchés publics.

Publication du programme prévisionnel des marchés à conclure sur trois ans, annonce du prix estimatif de la commande dans l’avis d’appel à la concurrence, élaboration d’un règlement de consultation définissant les critères d’évaluation des offres des soumissionnaires, justification de l’exclusion des concurrents non retenus, encadrement des recours et du contrôle de l’exécution des marchés dans les délais impartis…, les avancées sont nombreuses.

La dernière en date est d’ailleurs la création de «l’Observatoire marocain des commandes publiques». Placée sous la tutelle de l’Autorité gouvernementale en charge des finances, cette structure devrait permettre de collecter, traiter, analyser, publier et mettre à jour les données relatives aux commandes publiques.

L’Observatoire est également destiné à promouvoir la consultation et l’échange d’informations entre les parties prenantes, à mettre en place des indicateurs de suivi de la performance des commandes publiques, ainsi que produire les informations comptables, financières et économiques y afférentes.

Cependant, cette structure n’a pas encore produit le moindre rapport, plus d’un an après sa constitution. Le travail est sans doute en cours pour instaurer une publication régulière d’indicateurs et de données associées aux commandes publiques.

Il s’agit non seulement d’un impératif pour la transparence, mais aussi d’un précieux outil pour orienter la commande publique, de sorte à en faire profiter un maximum d’entreprises.

Car si les grands groupes nationaux ont la capacité aujourd’hui de rivaliser avec des mastodontes internationaux, il est de leur responsabilité d’attirer dans leur sillage des PME qui ne cherchent que l’opportunité de montrer leurs compétences.