Edito
Lundi noir, la Bourse en «Trump»
Les fondamentaux du marché restent assez solides. Les perspectives de croissance, dopées par les différents projets liés à la Coupe du monde, promettent de beaux jours à plusieurs secteurs de la cote qui affichent déjà des marges confortables.
L’année boursière a démarré en trombe, mais il a fallu le «choc Trump» pour corriger… Corriger sévère ! La Bourse de Casablanca a vécu une des pires séances de son histoire, lundi 7 avril, comme beaucoup d’autres places financières européennes et asiatiques. Elle n’a pas été épargnée par la secousse mondiale provoquée par la décision du président américain d’instaurer de nouvelles barrières douanières.
Ainsi, en une seule séance, près de 50 milliards de dirhams de capitalisation se sont évaporés de la corbeille bidaouie, dont l’indice a dévissé de 5,64%, effaçant une bonne partie des gains cumulés. Effectivement, la Bourse de Casablanca a démarré en mode taureau depuis le début de l’année, enchaînant des performances positives inédites.
La valorisation élevée de certaines valeurs, cumulées au réflexe du marché sensible au spectre d’une récession mondiale, a produit cet effet domino. Il s’est traduit par une succession d’ordres de vente de plusieurs gestionnaires qui ont préféré disposer de liquidité, de manière à protéger leur performance avant de se repositionner en douceur.
Et pour cause, les fondamentaux du marché restent assez solides.
Les perspectives de croissance, dopées par les différents projets liés à la Coupe du monde, promettent de beaux jours à plusieurs secteurs de la cote qui affichent déjà des marges confortables. De son côté, la maîtrise de l’inflation laisse une marge accommodante en matière de politique monétaire.
La récente levée de 2 milliards d’euros sur le marché international ou encore le renouvellement par le FMI d’une ligne de crédit modulable de 4,5 milliards de dollars reflètent la perception du Royaume comme «bon placement» chez les bailleurs de fonds mondiaux. Même les effets de cette guerre commerciale mondiale peuvent être favorables au Maroc dans la perspective de la baisse du dollar et d’une détente sur les taux d’emprunts extérieurs.
En produisant un véritable électrochoc pour corriger le marché, ce lundi noir n’est pas le début d’un krach boursier que certains analystes prédisaient. D’ailleurs, la Bourse s’est relativement redressée dès la séance suivante. La tendance pourrait cependant rester baissière, quelque temps, sachant que le manque de profondeur du marché casablancais laisse une marge confortable aux «market-makers» de se repositionner à leur rythme.
Ces derniers continuent de voir affluer des liquidités sur le placement en actions. À titre d’exemple, les souscriptions nettes aux OPCVM actions ont frôlé le milliard de dirhams, selon les dernières statistiques de l’Autorité des marchés.
La confiance dans les perspectives prometteuses est encore là. Il ne faut surtout pas la réduire à néant au premier coup dur. Car des corrections, la Bourse de Casablanca va forcément encore subir dans le futur…