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Edito

Lundi noir, électrochoc pour le voisinage

56 projets ont été autorisés, totalisant des dizaines de milliards de dirhams d’investissements dans des fermes solaires, éoliennes à même de positionner le Royaume en tant qu’acteur incontournable de la stabilité électrique en Méditerranée.

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Un fusible qui saute et plus de courant électrique ! Si vous avez vécu la scène chez vous, ne serait-ce qu’une fois dans la vie, vous pouvez alors imaginer ce que cela peut produire à l’échelle d’un pays. «En cinq secondes, 15 gigawatts d’électricité étaient soudainement perdus !», ainsi décrivait le Premier ministre espagnol cette mégapanne survenue lundi 28 avril.

Conséquences: plus de trafic de métro, de train ou d’avion, plus de feux de signalisation sur les routes, plus d’ordinateurs dans les entreprises, plus de réseau ou d’internet… bref, «bienvenido» à l’ère des ténèbres.

La gestion de cette crise chez les voisins a été assez exemplaire dans la mesure où l’électricité a été rétablie progressivement dans moins de 24 heures. Et cela a été rendu possible grâce au soutien apporté par le Maroc comme par la France pour alimenter leur voisin en courant.

Pedro Sanchez a même remercié publiquement les deux pays reliés à la péninsule ibérique par des lignes d’interconnexion. À travers les sept câbles, s’étendant de la station Fardioua au Maroc à la station terminale de Tarifa côté Espagne, l’ONEE a pu acheminer dans la soirée du lundi noir près de 520 MW, partageant avec son voisin près de 40% de sa capacité disponible en ce moment. En cette nuit où l’Espagne manquait cruellement de jus, l’apport est précieux.

Il va sans dire que le Maroc et l’Espagne se sont toujours prêté main-forte, sans sourciller, quand des catastrophes surviennent : l’organisation des secours lors des terribles inondations de Valence ou encore le sinistre séisme d’Al-Haouz en sont les démonstrations les plus récentes.

Et bien évidemment, la coopération culturelle, économique, sécuritaire, judiciaire a toujours été de mise entre les deux Royaumes, qui savent surmonter leurs divergences et les périodes de tension pour œuvrer ensemble au profit d’un développement mutuel bénéfique.

Cet électrochoc vécu par l’Espagne réconforte les projets communs entre les deux pays dans le domaine énergétique. Cette ligne d’interconnexion est d’ailleurs appelée à tripler dans le sillage des multiples projets lancés par le Maroc pour renforcer sa sécurité énergétique: pas moins de 56 projets ont été autorisés par le gouvernement ces quatre dernières années, totalisant des dizaines de milliards de dirhams d’investissements dans des fermes solaires, éoliennes, et des projets hydrauliques à même de positionner le Royaume en tant qu’acteur incontournable de la stabilité électrique en Méditerranée.

Un projet d’interconnexion vient récemment d’être signé avec le Portugal, une autre ligne est à l’étude avec la France, outre la mise en place des deux lignes additionnelles avec l’Espagne. Même avec la Mauritanie, l’interconnexion électrique est en voie de réalisation, tandis que nos lignes avec l’Algérie sont mises en veilleuse depuis la rupture du contrat du Gazoduc Maroc-Europe.

Une des nombreuses décisions unilatérales prises par l’Algérie, qui croit pouvoir ainsi déstabiliser le Royaume, alors qu’en réalité le voisin ne fait que se priver d’une assurance électrique. Devrait-il passer un jour par un black-out généralisé pour en prendre conscience ? Peut-être bien, car, comme on fait chez nous, quand ça ne marche plus, on éteint tout… avant de rallumer.