Edito
La grande muette fait sa grande mue
Désormais, il est temps de capitaliser sur l’ensemble des acquis, d’aller de l’avant en assurant à nos soldats un entraînement d’élite et à nos officiers une formation d’excellence.
Garde à vous ! Nos Forces Armées Royales (FAR) viennent de souffler leur 68e bougie. Et comme chaque année, un Ordre du jour leur a été adressé par le Chef suprême et Chef d’État-Major général, le Roi Mohammed VI. La particularité de celui de 2024, c’est qu’il amorce une véritable révolution de la formation militaire.
De hautes instructions royales ont été ainsi données pour une évaluation globale des curricula de formation et des programmes d’entraînement militaire destinés à l’ensemble des troupes, de tout rang et de tout niveau confondus
(voir p.6). Le but étant «d’insuffler une nouvelle dynamique aux systèmes et supports d’enseignement et de les adapter aux nouvelles mutations, tout en adoptant une pensée renouvelée et des méthodes innovantes dans les domaines scientifiques, technologiques et de l’intelligence artificielle», comme le souligne le Souverain.
C’est que le Royaume est conscient de la recrudescence des menaces de conflits armés dans différents coins du globe. Aucune contrée n’est à l’abri et cela n’arrive pas qu’aux autres ! Il n’y a qu’à voir les spasmes gériatriques des «seniors de la guerre» du pays voisin pour évaluer le risque de la première salve irresponsable. Celle-ci a d’ailleurs été tentée par procuration contre le Royaume, au lendemain de la sécurisation du passage frontalier d’El Guerguarat (novembre 2020). Les milices du Polisario avaient alors déclaré publiquement la rupture du cessez-le-feu : une fanfaronnade amplifiée par l’agence officielle algérienne qui enchaînait les communiqués de guerre numérotés jusqu’à en perdre le compte. Pourtant, leurs pétards mouillés n’arrivent aucunement à déstabiliser la ligne de défense de notre armée ni à perturber la quiétude de nos citoyens… tandis que les FAR ont su répondre avec fermeté, quand cela s’imposait et en total respect de la législation internationale, aux hostilités manifestées sur la zone tampon du Sahara marocain.
La ferveur, la compétence et le dévouement des femmes et hommes qui composent nos Forces Armées Royales ne sont plus à prouver. Il n’y a qu’à recenser les sacrifices de nos soldats dans les missions onusiennes de maintien de la paix, se remémorer le dévouement des médecins militaires marocains dans des missions humanitaires. Le peuple marocain a d’ailleurs pu voir de près l’efficacité et l’engagement de l’armée marocaine dans ce genre de missions lors de sinistres épisodes, tels le séisme d’Al Haouz ou encore le scénario catastrophe du Covid-19.
Depuis leur création en 1956, nos vaillantes Forces Armées Royales ont toujours répondu présent à l’appel du drapeau, pour défendre l’intégrité territoriale et les frontières nationales. Elles ont également toujours bénéficié de moyens pour se moderniser, se renforcer et se doter de l’arsenal nécessaire, dans les proportions budgétaires disponibles. Aujourd’hui au-delà de l’attirail de défense, il est question d’enrichir la formation de l’élément humain. Un paradigme déjà enclenché depuis quelques années avec la multiplication d’exercices militaires pour ne citer que l’exemple de l’African Lion qui démarre dans les prochains jours. Désormais, il est temps de capitaliser sur l’ensemble des acquis, d’aller de l’avant en assurant à nos soldats un entraînement d’élite et à nos officiers une formation d’excellence. C’est ainsi que les gestionnaires et galonnés des FAR devraient interpréter cet Ordre du Chef des Armées. Repos !
