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Edito

En attendant la grande fête du Mondial

Il n’y a aucun doute, le Maroc va réussir cette superbe célébration africano-ibérique à l’occasion du centenaire de la Coupe du monde de football, Et ça va nous faire du bien : 90% de ce que le Maroc aura à investir et à construire, il en a déjà besoin, il aurait peut-être dû en disposer déjà.

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L’once du métal jaune crève des plafonds ces dernières semaines. Et il se trouve que les 6 kg d’or les mieux valorisés sur la surface de la Terre arrivent au Maroc dans moins de cinq ans. Comprenez: la Coupe du monde de football convoitée à notre ère bien plus que le masque funéraire de Toutankhamon ou le sceptre de Charles V.

Pour des Marocains, nés avant l’avènement des terrains de proximité, gardant des cicatrices des tacles sur bitume ou des haies d’honneur (et de la matraque) des «mroud» à l’entrée des stades, il s’agit évidemment de l’événement de leur «life». Une manifestation digne du mariage de sa fille, de sa sœur, voire du deuxième mariage de sa mère s’il faut aller jusque-là.

Et comme dans tous les mariages marocains, l’impossible n’est plus marocain. Comme par miracle, on trouve les moyens de refaire le salon, de repeindre les murs, de mobiliser l’espace et le voisinage, de se payer un traiteur, un service d’accueil, d’ordre, de sécurité… Rien n’est trop cher pour réussir la fête, surtout lorsqu’il s’agit d’épater des voisins qui se trouvent être notre famille d’alliance dans cette mégafête planétaire. On parle évidemment de l’Espagne et du Portugal qui, eux non plus, ne lésinent pas sur les moyens pour être au rendez-vous.

Il n’y a aucun doute, le Maroc va réussir cette superbe célébration africano-ibérique à l’occasion du centenaire de la Coupe du monde de football, qui reste incontestablement l’événement le plus fédérateur de la planète. Et ça va nous faire du bien : 90% de ce que le Maroc aura à investir et à construire, il en a déjà besoin, il aurait peut-être dû en disposer déjà.

Des toilettes publiques, des fan zones, des bus fréquentables, des espaces publics où les dames ne se font pas harceler, des autoroutes sans nids de poule, des TGV, un réseau RER… et bien évidemment des stades : ces temples de football qui accueilleront un public venu de 48 pays différents.

Dans ce sens, le Stade Moulay Abdellah, ouvert le 5 septembre à l’occasion du match Maroc-Niger, est une belle promesse de réussite. L’enceinte est sublime avec des loges, des zones hospitality et des gradins à ras de pelouse : un décor qui détonne avec le fossé antichar et la piste d’athlétisme qui faisaient rempart entre les spectateurs et les joueurs dans les stades. Cela n’a pas été sans conséquences : les images d’envahissement de la pelouse à la fin de la rencontre sont déplorables. Mais bien plus grave a été la gestion du flux de sortie du terrain. Des accès ont été bloqués pour une raison que le bon sens ne saurait justifier. Une foule d’environ 50.000 personnes s’est retrouvée ainsi piégée sur l’une des deux passerelles, non dimensionnées pour un tel trafic. Une catastrophe aurait pu se produire au moindre mouvement de panique…

C’est dire que la première soirée de répétition de la grande fête du Mondial a souffert de ratages. Heureusement qu’il en reste plusieurs à mener. Pourvu que ça s’améliore.