Edito
Emplois : Études, démarches et cohérence
il n’y a pas de création d’emplois durables sans de bonnes bases encadrant le marché du travail. L’instauration d’un climat de confiance entre travailleurs et patrons repose sur l’éclaircissement des droits et obligations des uns et des autres.
C’est une démarche constructive qui mérite d’être saluée. Chaînon solide de la coalition gouvernementale, le Parti de l’Istiqlal apporte sa contribution à la réflexion autour de la problématique de l’emploi: axe prioritaire du gouvernement surtout en cette deuxième phase de mandat, comme déjà annoncé lors des rassemblements des chefs de la majorité.
Les économistes istiqlaliens ont ainsi listé une vingtaine de recommandations «à caractère transversal, territorial et sectoriel, pour réduire le chômage à court terme et créer massivement des emplois à moyen terme». Le taux de chômage, il faut le reconnaître, a atteint un niveau affolant, car biaisé par la destruction de journées de travail non rémunérées dans des terrains agricoles asséchés par le stress hydrique. Il est utile de rappeler que les chiffres de chômage sont à relativiser par la moyenne de création d’emplois payés, hors secteur agricole.
Nonobstant, il reste tant à faire en matière de création d’emplois afin d’atteindre les objectifs du programme gouvernemental. La réflexion menée par l’Alliance des économistes istiqlaliens (AEI) est ainsi la bienvenue : elle n’a rien à envier à ces études commandées auprès de cabinets étrangers rémunérées au prix fort. Elle est même meilleure que ce genre de commandes pour le simple fait qu’elle émane de personnalités au contact quotidien de la réalité du terrain. C’est d’ailleurs un secret de polichinelle que les économistes de l’Istiqlal comme ceux des autres partis ou même de l’intelligentsia «indépendante» constituent le réservoir des consultants sous-traitants de ces cabinets d’études qui mettent leur griffe internationale avec une valeur ajoutée marginale.
Les idées apportées par les partisans de Nizar Baraka peuvent être novatrices sur certains points (création de fonds régionaux de solidarité), ressassées sur d’autres (formation accélérée, fiscalité), audacieuses pour certaines (flexibilité du travail)…, elles méritent d’émaner d’une force de proposition reconnue, et s’inscrire dans le cadre de cet effort d’accélérer la cadence de création d’emplois.
Il n’empêche que les ténors politiques du parti doivent aussi être cohérents et s’inscrire dans le même modèle de démarche constructive. L’Union générale des travailleurs marocains (UGTM), syndicat affilié au parti, devrait elle aussi se mettre au diapason et pousser vers la promulgation du premier texte réglementaire encadrant le droit à la grève dans l’histoire du Maroc indépendant. La centrale devrait aussi accompagner l’Exécutif dans les réformes du système de retraites et du Code du travail, inscrits dans l’agenda social du gouvernement pour les prochaines années. Car il n’y a pas de création d’emplois durables sans de bonnes bases encadrant le marché du travail. L’instauration d’un climat de confiance entre travailleurs et patrons repose sur l’éclaircissement des droits et obligations des uns et des autres.
