Edito
CAN 2025, le jour d’après
On le savait d’avance, la CAN n’est qu’un test grandeur nature pour un événement encore plus porteur : le Mondial 2030. Et force d’admettre que le crash-test a été réussi sur plusieurs aspects.
Gueule de bois généralisée au Maroc, au matin de ce lundi 19 janvier. Les mines sont défaites, le moral est en dessous des crampons et sur toutes les langues revient (en toute langue) la nuit apocalyptique de la veille : celle de cette fameuse finale de la Coupe d’Afrique 2025.
Sur la pelouse d’abord, le séquentiel de la défaite à domicile de la sélection nationale a été éprouvant : but refusé, penalty accordé, contestation démesurée, panenka ratée, occasions déjouées, goal encaissé… Un ascenseur émotionnel haletant, déconseillé aux porteurs de pacemakers.
Ajoutez à cela le ridicule qui rappelle les tournois de quartier de notre jeunesse: un joyeux bordel entre bancs de touche, vestiaires et gradins, où l’arbitre est agressé près de l’écran VAR, le coach retire son équipe du terrain, des joueurs qui veulent saboter le point de penalty et, surtout…, des spectateurs qui sautent dans la fosse essayant d’investir l’aire de jeu, quitte à s’en prendre aux stadiers ou à se heurter aux forces de l’ordre.
Une finale chaotique, un comportement déplorable, loin de couronner une compétition de référence, qui a gagné en record et en prestige à la faveur de son organisation au Maroc.
«Cette CAN est meilleure que certaines éditions de l’Euro», «elle est digne d’une Coupe du monde»…, les témoignages élogieux des stars de la galaxie football à l’égard de notre pays sont sincères et authentiques.
C’est que le Maroc a livré une CAN à la hauteur des standards internationaux avec des infrastructures modernes, un accueil chaleureux et une organisation quasi parfaite. L’affluence a aussi atteint des records et les revenus pour la CAF sont d’un niveau inédit, en plus d’un rayonnement médiatique d’ampleur.
Cette CAN 2025 restera à bien des égards historique, même si elle aurait mérité de mieux se terminer. La profusion de sensations, sentiments et même couacs laissés derrière elle devraient néanmoins servir de tremplin pour se projeter plus loin.
On le savait d’avance, la CAN n’est qu’un test grandeur nature pour un événement encore plus porteur : le Mondial 2030. Et force d’admettre que le crash-test a été réussi sur plusieurs aspects. Mais il a aussi révélé certaines insuffisances pour ne citer que la gestion de la billetterie, l’attribution des fan-zones et la gestion des flux de spectateurs.
C’est un audit de sa machine à organiser – déjà bien huilée et crédible – que le Royaume a d’abord gagné à travers cette compétition qui lui a permis en plus de s’offrir une vitrine planétaire.
Quant à la finale perdue, elle restera forcément au travers de la gorge des fans des Lions de l’Atlas, jusqu’à ce qu’ils aient l’occasion de prendre leur revanche.
Les occasions ne vont pas manquer d’ici 2030 et le public qui a été magistral ne perd pas confiance et ressent que l’on est plus que jamais proche du sacre. Rendez-vous, inchallah, pour une grande finale au futur grand stade Hassan II…
