Edito
Cadence d’investissements et création d’emplois
Le Souverain a mis la barre très haut : l’objectif étant d’atteindre 550 milliards de dirhams d’investissements privés à l’horizon 2026, avec à la clé quelque 500.000 emplois.
Ces derniers jours, Mohcine Jazouli a pris son bâton de pèlerin pour sillonner les régions du Maroc, mais aussi des forums internationaux pour parler de réalisations et d’opportunités d’investissements dans le Royaume. C’est que le ministre délégué chargé de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques, cherche à traduire la Charte de l’investissement adoptée il y a près d’un an et demi en projets concrets, créateurs de valeur ajoutée et d’emplois.
Dans l’Oriental, par exemple, le responsable gouvernemental a annoncé que l’objectif est de doubler le volume de l’investissement privé et de créer 50.000 emplois dans toutes les provinces et préfectures de cette région. Quelques jours plus tard, à l’occasion de la Commission nationale des investissements, il a approuvé 42 projets pour un montant global de 7,4 milliards de dirhams. Ces projets sont tous portés par des entreprises privées et devraient permettre la création de plus de 16.200 emplois, dont 5.900 directs et 10.300 indirects.
En Espagne, le ministre est allé à la rencontre des hommes d’affaires catalans et basques de manière à séduire davantage des investisseurs ibériques. Il n’a pas manqué de mettre en avant les atouts du Royaume qui en font une porte d’entrée idoine pour explorer de nouveaux marchés. C’est qu’avec plus de 50 accords de libre-échange, le pays donne accès à un marché de consommation de 2,5 milliards de personnes. Sans parler de son infrastructure et de sa main-d’œuvre qualifiée qui le positionnent comme un acteur dynamique sur la scène économique.
Le Maroc a effectivement besoin d’investissements. Le Souverain a mis la barre très haut : l’objectif étant d’atteindre 550 milliards de dirhams d’investissements privés à l’horizon 2026, avec à la clé quelque 500.000 emplois. Et jusque-là, les temps de passage sont assez honorables. Depuis octobre 2021, date du discours où le Roi Mohammed VI a donné ses orientations, pas moins de 166 projets ont été approuvés pour un montant de 218 milliards de dirhams. De plus, ils sont portés dans une proportion de 77% par des entreprises marocaines et ont concerné 16 secteurs et branches d’activité.
Sauf que tous ces projets ne devraient permettre la création que de 110.500 emplois. On en est donc à peine à la création d’environ 0,5 poste de travail pour chaque million de dirhams investis, alors que l’objectif prévoit quasiment le double quant à ce ratio. Le Royaume a donc tout intérêt à accélérer encore plus la cadence pour espérer atteindre cet objectif en termes d’emplois, mais aussi de susciter des investissements qui créent plus d’emplois.
De plus, l’acte d’investissement est l’illustration la plus engageante de la confiance dans le pays. Mais quand on voit le volume du cash en circulation, on peut établir que beaucoup d’argent dort au Maroc dans des bas de laine. Imaginez un peu si les 400 milliards de dirhams de cash en circulation dans le pays sont investis, avec toutes les retombées en matière de création d’opportunités de travail…
