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Chronique

Quand l’IA fait son cinéma

Après la littérature et la musique, l’IA générative fait tout un scénariodans l’audiovisuel au sens large, de la télé et du cinéma en particulier.

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Elle a déjà marqué de son empreinte le monde de la littérature non sans quelques ratures. Elle est en train d’imposer son propre tempo dans le secteur de la production musicale, malgré quelques fausses notes.

Désormais, l’IA générative fait tout un scénario dans l’audiovisuel au sens large, de la télé et du cinéma en particulier.
De la création de quelques secondes d’images à la production de longs-métrages, c’est un pas de géant qui vient d’être opéré par les mastodontes de l’intelligence artificielle en l’espace de quelques mois.

Il faut dire que les premières expériences avaient de quoi prêter à confusion avant d’être tournées en dérision. Des mains à six doigts en passant par les visages déformés sans oublier les mouvements complètement désarticulés, tout cela semble aujourd’hui relever d’un passé, certes encore proche, mais définitivement révolu.

Dans le domaine de la génération de vidéos via l’IA, la révolution est irrémédiablement en marche. Entre la Dream Machine de Luma Labs, Sora d’OpenAI, le Gen-4 de Runway AI et Veo 3 de Google, tous rivalisent d’ingéniosité pour proposer des solutions plus vraies que nature.

Et aussi surprenant que cela puisse paraître, le référentiel en la matière est une séquence qui a tellement fait le buzz, que son auteur s’en amuse encore aujourd’hui en détournant dans le réel les premiers extraits virtuels.

Un modèle économique en voie d’être boulversé
Il y a 2 ans, l’acteur américain Will Smith a demandé à une plateforme de créer une vidéo dans laquelle il mange des spaghettis.

En 2023, le comédien apparaissait flou, ses yeux étaient beaucoup trop écartés l’un de l’autre, son front exagérément prononcé, ses gestes saccadés et les spaghettis n’allaient pas jusqu’à sa bouche.

Mais la version publiée il y a quelques semaines par un utilisateur de la plateforme Veo 3 de Google ne présente plus la moindre anomalie apparente.

Les avancées sont telles que des studios comme Lionsgate et des chaînes de télévision comme celles du réseau AMC Networks sont en train de se convertir à ces nouveaux usages.

Les partenariats conclus avec Runway vont permettre par exemple de faire du neuf avec du vieux, notamment en exploitant les films en catalogue pour en tirer de nouvelles versions ou des longs-métrages originaux, sans avoir besoin de tourner la moindre image.

Et même pendant les tournages, les réalisateurs pourront s’en donner à cœur joie. Par le biais de la GenAI, ils pourront créer leur storyboard, visualiser le rendu de certaines scènes complexes, ajouter des effets spéciaux, intégrer des acteurs qui n’ont pas pu se rendre sur le plateau ou tout simplement procéder à des corrections pendant le montage. De quoi bouleverser le modèle économique de l’industrie du 7e art.

En octobre dernier, le film d’animation «Where the Robots Grow» faisait couler beaucoup d’encre, non pas en raison de la qualité de son scénario, mais parce qu’il avait été totalement produit avec de l’intelligence artificielle. Une technologie qui a garanti au producteur un coût défiant toute concurrence.

Le prix à la minute a été au minimum divisé par deux. Quelques mois plus tard, en mars dernier, c’est la start-up Staircase Studio qui défrayait la chronique en annonçant son intention de produire 7 à 8 films par an grâce à l’IA pour moins de 500.000 dollars l’unité.

De là à savoir si la qualité sera au rendez-vous, c’est une question que seuls les spectateurs pourront trancher. Quoi qu’il en soit, vous ne verrez plus jamais un film au cinéma ou à la télé sans vous demander s’il y a ou pas de l’IA.