SUIVEZ-NOUS

Chronique

Pour arrêter d’en pâtir, essayons l’empathie

Empathie, un mot qui a fait son apparition depuis un peu de temps, un peu partout et de plus en plus. Qu’est-ce qui fait qu’un tel mot devient à la mode, presque subitement ? Un simple constat, un nécessaire besoin, une ardente envie ou un inavouable fantasme ?

Publié le


Mis à jour le

Commençons par les définitions. L’empathie est la capacité de ressentir les émotions et les sentiments des autres. Elle peut être émotionnelle ou affective quand la personne ressent les sentiments de l’autre. Elle est cognitive quand il s’agit de la capacité à comprendre les pensées et les intentions de l’autre. Elle est appelée empathie mature quand elle combine les deux types.

L’empathie, kézako ?
L’empathie n’est pas nécessairement bienveillance, car elle n’agit qu’en miroir des sentiments de l’autre, sans la volonté d’aider la personne, contrairement à la compassion. À ne pas confondre, non plus, avec l’altruisme qui est la capacité de donner aux autres sans aucune attente de retour ou d’échange. L’empathie demeure une compréhension émotionnelle ou cognitive tout en conservant une distance affective et intellectuelle.

De l’autre côté, le manque d’empathie peut être qualifié de trouble psychologique. Celui d’une incapacité de ressentir, de percevoir et de comprendre les émotions des autres. Les personnes présentant ce type de trouble réagissent de manière impulsive, parfois sans se soucier des conséquences de leurs actes. Impassibles, impavides, inodores, incolores… La liste peut être longue.

Résumons. L’empathie n’est ni sympathie, ni compassion, ni altruisme, ni bienveillance… Elle est le degré zéro de tout ça, puisque l’empathie, tout en ressentant et comprenant les sentiments et les intentions de l’autre, et tout en étant capable de se mettre à sa place et de ressentir ses besoins, il n’y adhère pas forcément.

L’empathie oui, mais pourquoi ?
Alors, à quoi bon cette empathie, me diriez-vous ? Elle pourrait être un commencement pour faire société. Elle pourrait nous aider à diminuer la pollution sonore des klaxons en ville, en ayant des conducteurs qui respectent les règles, qui restent sur leur couloir de circulation ou mettent leur clignotant, prenant soin d’informer les autres de leur intention, en plus de respecter le Code de la route. Que quelques-uns d’entre eux n’accélèrent pas, tout en klaxonnant, quand la voiture de devant veut changer de voie.

L’empathie nous serait utile aussi pour que les personnes qui jettent l’emballage de leur Merindina ou Tango par terre pensent à ceux qui ramassent après eux. Utile pour que les toilettes des cafés et restaurants soient laissées dans un état propre pour celui ou celle qui va les utiliser après eux. Aux hommes qui utilisent les toilettes des dames en en mettant partout sans égard aux suivantes.

L’empathie est, donc, de salubrité publique. Nous pourrions même rêver d’une politique publique de l’empathie. L’urgence n’est pas que politique, les Marocains ont besoin de se sentir en sécurité, y compris psychologique. Si ce n’est d’abord psychologique. Nous aurions des citoyens sereins, heureux, prenant soin des autres et de l’espace public. Tolérants en conduisant, moins impulsifs dans les administrations, plus aimables dans les cafés et restaurants, n’échangeant pas les regards d’éventuels belligérants, dans les espaces publics, sans aucune raison. Ça fait rêver, hein !

Le parti des empathies
Alors, militons pour la naissance d’un Parti psychanalytique du peuple (PPP ou 3P) ! Parce que si cette empathie a force de loi, ce ne serait que mieux encore. Sinon, nous continuerons à perdre notre temps dans la mauvaise humeur, la violence verbale ou juste du regard.

S’il faut la loi pour que les gens changent, optons pour cette solution. Ça donnerait une autre réponse à la question des revues de psychologie :
• Qu’est-ce qui vous empêche d’être vous-même ?
• Le Code civil.
La Culture est la solution.