Chronique
Politiques de l’imaginaire
L’imaginaire d’un peuple est façonné par une combinaison complexe d’éléments historiques, culturels et sociaux. De quelles politiques de l’imaginaire avons-nous besoin pour faire peuple ?
L’imaginaire d’un peuple se réfère à l’ensemble des représentations, mythes, croyances, des valeurs et des symboles qui façonnent la manière dont il se perçoit lui-même et détermine son rapport au monde. Le Maroc a été le carrefour de plusieurs civilisations, chacune a laissé son empreinte sur la culture et l’identité du pays.
Les influences berbères, arabes, andalouses, européennes… sont toutes présentes dans notre imaginaire, à travers la musique, la cuisine, l’artisanat, l’architecture et les traditions, créant ainsi une identité collective riche et diversifiée.
Il n’y a pas de hiérarchie à établir entre les composantes de cette identité, bien que la religion demeure encore l’élément central de la culture marocaine en jouant un rôle important dans la vie sociale et politique du pays.
Elle finit par cadrer les valeurs familiales et sociales, les règles de la communauté, les lois et les relations interpersonnelles.
Un kaléidoscope d’influences diverses
Malgré la prédominance de l’origine religieuse, l’imaginaire des Marocains demeure un kaléidoscope d’influences et d’expériences, d’origines diverses, façonnant une identité complexe en constante évolution.
Identité complexe car la société marocaine est faite de contrastes et de paradoxes, avec une combinaison de modernité et de tradition, d’individualisme et de grégarisme.
Une identité encore ballotée entre les traditions, les croyances religieuses, les valeurs familiales ancestrales et les apports de la modernité et de la création car la musique, le théâtre, le cinéma, la littérature, la danse… contribuent également à façonner la perception du monde et l’identité des Marocains.
Elle est donc forcément en évolution. L’imaginaire étant un réservoir de récits et d’images qui influencent les comportements, les institutions et la culture d’un peuple.
Il peut donc être alimenté à travers des actions publiques, des œuvres artistiques, des discours politiques, des scenarii prospectifs…, en utilisant la littérature, le cinéma, la musique, le théâtre et d’autres formes narratives qui captivent l’esprit.
Bref, fabriquer l’imaginaire des citoyens est un processus qui implique de créer des récits porteurs de sens, de s’appuyer sur l’action publique et de stimuler la créativité collective. Pour «façonner» l’imaginaire des citoyens, il faut créer des représentations et des expériences qui suscitent l’émotion, l’engagement et l’identification.
Fabrique de l’imaginaire
Qui s’intéresse à l’imaginaire des marocains ? Pas celui du passé mais celui d’aujourd’hui et de demain? Comment faisons-nous pour créer les grandes lignes d’un imaginaire collectif qui permettrait d’avoir la vision commune pour faire peuple ?
Pour d’aucuns, cette question d’imaginaire à construire pourrait paraître de la philosophie à deux sous. Sauf que nous ne savons pas encore où l’on va et comment y aller ? L’avenir se dessine d’abord dans l’esprit avec des représentations et des images, qu’il faudrait fabriquer.
Cela se fait à travers une politique culturelle qui promeut des thématiques prioritaires et unificatrices, subtiles et non de l’ordre d’une propagande qui insulte l’intelligence ou pire, d’une censure presque générale qu’elle en devient un frein à la création.
Encore une fois, comme s’il fallait le répéter tous les jours, la Culture est la solution. Allons-y donc, répétons, la répétition étant une bonne pédagogie. La Culture est la solution.
