Chronique
Ne jamais baisser les bras dans la course à l’IA
Autant dire que la guerre des requêtes sur internet est déclarée. Un conflit dans lequel la firme de Sundar Pichai vient de remporter une bataille de choix.
Dans l’univers de la tech, on ne s’avoue jamais vaincu. Les perdants d’hier peuvent rapidement devenir les gagnants d’aujourd’hui, voire les conquérants de demain.
Vu la vitesse à laquelle évoluent les transformations digitales et au regard de l’enchaînement des mutations numériques, personne n’est à l’abri d’un succès fulgurant ou d’un échec retentissant.
Au cours de ces deux dernières années, la maison-mère de Facebook et d’Instagram n’a pas fait grand bruit sur le terrain de l’IA générative.
Mais bien que distancée, elle refuse, la mort dans l’âme, de baisser les armes. Meta se fait fort de continuer à mener la bataille pour rattraper son retard.
En guise de réconfort, le groupe de Menlo Park vient d’annoncer le lancement d’un assistant d’intelligence artificielle générative sous forme d’application.
Un nouvel outil qui se distingue de ses options déjà offertes sur ses réseaux sociaux. Un retentissement qui résonne comme une attaque frontale contre ChatGPT ou Gemini.
Même si Meta AI arrive assez tard sur un marché déjà bondé, ses milliards d’utilisateurs mensuels ont de quoi faire trembler les plus costauds de ses rivaux. Le dernier-né de la firme de Mark Zuckerberg s’appuie sur la quatrième version de son grand modèle de langage développé en open source.
Llama lui permet d’analyser plus en profondeur les images et les vidéos. Sur le plan interactif, l’utilisateur peut effectuer des requêtes écrites ou orales, avec un délai de réponse quasiment nul lorsqu’il s’agit de parler au chatbot, même avant qu’il n’ait fini sa phrase.
Par ailleurs, il est même possible de demander à l’interface de se souvenir de certaines informations, pour ne pas avoir à les répéter lors d’une conversation ultérieure.
Pendant ce temps, la concurrence est loin de s’endormir sur ses lauriers. Pour garder son coup d’avance, OpenAI se diversifie et propose même de se souvenir de vos produits de consommation courante préférés, pour mieux vous servir.
Quitte à courir le risque de dérouter certains de ses utilisateurs.
En effet, il est désormais possible de faire du shopping directement sur ChatGPT, même si pour l’heure l’agent conversationnel renvoie encore sur la page d’un site tiers.
Sur simple demande, orale ou écrite, ChatGPT se transforme en une boutique informatique et vous propose des idées d’achats qui se limitent pour l’instant aux rayons électronique, mode & beauté et maison.
Le service disponible dans un premier temps aux États-Unis va progressivement s’étendre en moins de temps qu’il n’en faut pour recevoir sa commande.
Avec cette option, OpenAI ne cache aucunement son intention de faire de l’ombre à Google. En guise de réplique, la maison-mère Alphabet a intégré son agent conversationnel Gemini à son moteur de recherche.
Autant dire que la guerre des requêtes sur internet est déclarée. Un conflit dans lequel la firme de Sundar Pichai vient de remporter une bataille de choix.
Son orientation stratégique lui a permis, en effet, d’afficher le meilleur bénéfice de son histoire sur le premier trimestre de l’année, soit près de 35 milliards de dollars.
En misant sur le «cloud», Google a visé juste en se dotant des capacités nécessaires pour utiliser l’IA générative. Mais dans le far west technologique, il ne faut pas crier victoire trop tôt.
Bien des firmes, parmi celles qui s’affirment déjà ou qui ne sont pas encore sorties du bois, espèrent bien demain devenir leaders sur ce marché et couper l’herbe sous le pied de toutes ces sociétés qui ne jurent désormais que par l’IA.
